05.05.2008

Mai 68 à Dreux (1)

On n'échappe pas comme ça à la révolution. Dans le concert des commémorations toutes convenues du 40e anniversaire de Mai 68, je me suis replongé dans les journaux de l'époque, histoire de voir comment Dreux avait réagi aux mouvements de grèves et de contestations.

En ce début Mai, il fait beau, les muguets sont en fleurs et l'on s'apprête à fêter le printemps. La quinzaine commerciale, l'un des grands rendez-vous populaire, prend ses quartiers en centre ville du 4 au 18 mai. D'agitations, on attend surtout à une ébullition festive et une fièvre contagieuse de consommation. C'est le temps de la traditionnelle foire à la voiture d'occasion, des spectacles de variétés avec cette année Lucette Raillat, Maria Candido, Patrick Raynal et Jack Gauthier. Pendant que le groupe théâtral du Cercle laïque prépare son spectacle au pied du Beffroi, les majorettes de Senonches effectuent leurs dernières répétitions.

Mais depuis 1964, l'évènement de cette quinzaine est l'élection de la reine des druides, un concours de beauté ouvert à toutes les jeunes drouaises.  Le 4 mai, dans une salle des fêtes archi-comble, Evelyne Métrich est honorée d'un titre qui lui assurera une renommée locale aussi retentissante qu'éphémère.

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Evelyne Métrich (au centre) entouré de ses dauphines, Eliane Laucher (à gauche) et Catherine Chesneau (à droite) - Photo : l'Action républicaine.

Quelques jours avant que la foire ne batte son plein,  Maurice Ravanne, alors animateur du groupe des jeunes du Cercle laïque, exprime dans les colonnes de l'Action républicaine sa vision de la jeunesse. "Parmi tous les adultes que je côtoie, et qui sont un tant soit peu conscients du monde dans lequel ils vivent, j'en connais peu qui soient satisfaits des chemins par où notre univers cherche ses solutions, et de la lenteur avec laquelle il les trouve. Il s'en trouve peu pour ne pas dénoncer l'obscurantisme ou l'égoïsme de nos concitoyens. Ce sont là des maux contre lesquels, sans totalitarisme, on ne peut rien dans l'immédiat. Mais demain? (...) Il est important de donner aux hommes et aux femmes de demain les plus grandes chances d'être meilleurs, et ces chances passent inévitablement par les mouvements de jeunes. Certes il s'agit là d'un travail de fourmi, et la face du monde ne sera pas bouleversée si vingt ou trente jeunes drouais ont appris leurs responsabilités autour d'un magnétophone ou d'un tour à poterie, mais un seul cristal de neige, s'il bouge, peut devenir avalanche, et en 1968, c'est notre terre tout entière qui bouge et qui se précipite à pas accélérés vers un meilleur ou vers un pire entre lesquels les humains de demain devront choisir".

1968, époque charnière pour la jeunesse?

Maurice Ravanne allait quant à lui, être l'un des leaders du mouvement contestataire local.

(A suivre