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31 janvier 2010

Fin d'action

L'Action républicaine a cessé de vivre. A l'agonie depuis plusieurs années, le bi-hebdomadaire devenu hebdomadaire n'a pas survécu à la crise que connaît la presse dans son ensemble. Quelques fidèles lecteurs s'en émeuvent, à la fois pour des raisons pécuniaires - le journal était un condensé de l'actualité drouaise pour un euro quinze par semaine - et sentimentales.

Mais chacun s'accorde à dire que ce journal, fondé par Maurice Viollette, avait perdu de son aura, glissant même vers une indigence stylistique et des choix éditoriaux peu pertinents. Le dernier plan social qui avait ébranlé le journal au début des années 2000 avait des airs de chant du cygne, le couple de salariés restant se cantonnant à mener la barque tant bien que mal. Mais rien ne pouvait enrayer cette disparition annoncée.

Dreux se singularisait pourtant avec ses trois journaux. La place était étroite mais visiblement viable, en tout cas jusqu'à une certaine époque. Malgré la crise, la presse tenait bon, à coup de fusions, de recapitalisation, de plans d'économie. Sous perfusion donc. Le problème, tout le monde le connaît : l'érosion des recettes publicitaires et la baisse des ventes. Mais la profession a surtout négligé l'avènement des nouvelles technologies de l'information.

L'Action républicaine n'avait même pas de site web ! Maurice Viollette de son vivant aurait certainement exploité cet outil pour y faire passer ses opinions comme il le faisait si brillamment dans son journal. Son ton partisan donnait lieu à des débats virils entre directeurs de presse et politiciens. Le mélange des deux genres perdura d'ailleurs avec la nomination d'Henri Morny dans les années 50 qui cumula les fonctions de rédacteur en chef et de conseiller municipal. A l'époque, l'essentiel des contenus du bi-hebdomadaire était consacré aux informations pratiques (notes régulières sur les prix des denrées alimentaires relevées sur le marché, vie des gens...) et bien entendu tout ce qui touchait à l'héritage de Viollette (le Cercle Laïque a toujours eu une place de choix dans les colonnes du journal). Mais la verve polémique avait disparu.

Et puis début soixante-dix, de nouvelles équipes vont se succéder avec des journalistes affûtés et talentueux. Simple pigiste, Patrick Hesters aujourd'hui rédacteur en chef sur France 3, n'a pas laissé une trace mémorable dans les archives du journal. En revanche, Thierry Noël, Annie Guibert ou Jean Victorieux l'ont à jamais rendu respectable en conduisant de très bonnes enquêtes de proximité. Malgré cela, l'Action était brocardé de « repiqueur » par ses confrères. De par sa périodicité, on l'accusait injustement de reprendre certaines infos de l'Echo et de la Rep pour en faire un condensé d'actualités.

Un canard devenu boiteux

Au milieu des années 80, l'Action républicaine adoptait le format tabloïd, multipliant ses pages mais réduisant ses contenus au détriment d'abondantes illustrations photo. C'est le début de la com' où chaque association bénéficie avantageusement d'un petit encart qui à sa soirée dansante, qui à son loto, qui à son assemblée générale... où chaque sortie du Maire est suivie d'un compte rendu. C'est aussi la disparition progressive de l'atelier de pré-presse.

Début 2000, les effectifs largement réduits, l'Action apparaît en couleur. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Car derrière, le résultat est falot. Le journal devient une parodie de feuille de chou, sans consistance, sans style, bourré d'imperfections et de fautes d'orthographe. La fin est d'ores et déjà annoncée pour être effective le 28 janvier 2010.

Grand témoin de l'histoire locale, l'Action laisse un formidable héritage derrière lui. Celui d'un homme - Maurice Viollette - aux éditoriaux flamboyants. Mais aussi un regard sur une ville qui se voulait tranquille et qui s'est retrouvée malgré elle chahutée par les évènements et les mutations de la société.

 

30 juin 2008

Post de complaisance

Eric Allouche, dans un commentaire déposé hier, subodorait le scoop... "Lisez la presse demain", annonçait-il. Le bougre était bien renseigné. Car dans son édition du jour, l'Echo Républicain catapulte en tête de page  un entretien par email que j'avais donné à Ahmed Taghza.

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Pour la petite histoire, je n'ai pas livré tous mes secrets. J'en garde un peu pour les prochains articles...

07 décembre 2007

Les deux vilains canards

63a9c8fc62e51989ecafb4bac259c64b.jpgScoop : les "bobos" ont mauvaise presse à l'Odyssée. Question de goût? D'économie budgétaire ? D'opinion politique? En tous cas, depuis plusieurs mois, deux journaux emblématiques de la pensée gauchiste ont tout bonnement disparu des tablettes de la médiathèque drouaise. Exit Libération et le Nouvel Observateur. Sur le sujet, manifestement sensible, les bibliothécaires oscillent entre incrédulité et laconisme. Certains évoquent un simple oubli de renouvellement d'abonnement. Une autre reconnaît que Libération était trop cher. Fin des explications.

Bon, on dira aux grincheux de mon espèce d'aller se faire voir à Montreuil, qu'il existe d'autres quotidiens d'informations sur les présentoirs, qu'on les trouve aussi en vente chez plusieurs commerçants du coin. Soit. Mais on peut toujours se demander, à travers la collection de périodiques proposée, si le principe de pluralisme est respecté. Si les acquisitions sont établies en fonction des sensibilités politiques et culturelles de l'agglomération. Là, je m'interroge. Comment expliquer, par exemple, la forte représentation de magazines de santé, de décoration ou d'informatique (6 titres pour chaque catégorie). Une telle diversité ne pourrait-elle pas s'appliquer aux newsmags (3 titres)?

Mais revenons-en à nos deux vilains petits canards. Qu'ils déplaisent à certains, qu'ils ne soient plus lus (j'invite toutefois les sceptiques à consulter les chiffres de l'OJD où l'Obs figure en 2e position des news-magazines les plus diffusés en France; Libé occupant pour sa part, le 6e rang des quotidiens nationaux), qu'on ne soit pas en phase avec leur politique éditoriale, chacun est en droit d'en débattre. Mais il importe, pour le bon équilibre des courants de pensées représentés, qu'ils soient disponibles dans un lieu de lecture publique. Aussi parisianistes dans leur expression puissent-ils être.

En attendant un hypothétique retour sur les tablettes de ces deux piliers de l'information, nous avons toujours la possibilité de feuilleter De fil en aiguille et Karaté Bushido. A défaut de pluralisme, l'éclectisme, lui, demeure.