10.06.2008

Proximum, pour les nuls

On ne parle que de ça depuis un mois avec la mise en place des nouveaux comités de quartiers. Proximum, l'une des fiertés de Gérard Hamel, le fer de lance de sa politique sociale. Mais qu'y-a-t-il derrière ce concept qui tend à "coller à la réalité du terrain"?

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Proximum (néologisme - sans doute sorti du chapeau d'un directeur de marketing - contraction des termes "proximité" et "maximum"). Latin : Au plus proche.
Dispositif d'écoute et d'alerte sociale, destiné à améliorer le cadre de vie des drouais.

La proximité, ça veut dire quoi? Etre proche des gens, c'est savoir déceler leurs attentes, les besoins et cela suppose d'être réactif en cas d'urgence. Dans le cas drouais, la notion de proximité se définie également par une représentation du pouvoir local décentralisé, amenée au pied des immeubles, voire à la porte de l'habitant.

Mode d'emploi. Depuis un mois donc, des comités se constituent dans les 7 quartiers de la ville. Ils sont composés d'élus, de coordonnateurs, de membres cooptés résidant dans le quartier - généralement sympathisants de la majorité politique - et qui ont pour mission de recueillir les doléances des habitants, d'y donner suite et de faire remonter les informations au sommet de la pyramide hiérarchique.

Et concrètement ça donne quoi? Jusqu'à présent l'action des comités s'est portée sur des travaux d'aménagements publics (voirie, aires de jeux, parcs...). Des commentaires forcément élogieux de la part des élus en charge d'animer les différents secteurs. Des bilans éloquents avec moult réalisations urbanistiques. Des chiffres qui attestent la nécéssité d'un tel dispositif. Bref, Proximum, selon le discours officiel, ça marche.

Ca marche alors? On note quelques ratés tout de même. Les doléances sont-elles suivies d'effets? Les problèmes sont-ils résolus? Difficile concrètement de mesurer le taux de satisfaction des personnes. Et de détailler les actions individuelles qui découleraient de ces réclamations. Jusqu'à présent, les seuls résultats qui semblent avoir marqué les esprits concernent les scrutins électoraux. Quand l'année dernière, Ségolène Royale a atteint 91% sur les Oriels, ce fut le branle-bas de combat dans la maison Hamel. L'équipe du secteur fut aussitôt remplacée et tout le dispositif chamboulé par le jeu des vases communicants. Hasard ou coincidence? A l'époque, le maire de Dreux minimisait la relation de cause à effet. "Même si les résultats de la présidentielle nous ont interpellés, le remaniement n'est pas la conséquence directe des résultats". N'empêche, même si l'offensive anti-sarko reste à distinguer de l'action de Gérard Hamel, le camouflet a été percu comme un échec de la politique sociale sur le quartier.

Autre aspect sensible du dispositif : Dreux se retrouve "Balkanisé" en sept zones, 7 circonscriptions découpées selon un équilibre stratégique (les quartiers "à problèmes" rattachés à des zones plus "tranquilles") et historique. Ce morcellement fait tiquer les défenseurs d'une ville unie et rassemblée qui jugent préjudiciable la distinction sociale faite à travers l'appartenance à un quartier, à cette frontière "psychologique" dont certains peuvent se sentir exclus.

Je peux mettre mon grain de sable? Proximum n'est pas une idée nouvelle, c'est un concept amélioré, mieux vendu, au positionnement politique bien cadré. Dommage que ce dispositif n'agisse pas davantage en contre-poids, en garde-fou, mais là, on lorgne sans doute un peu trop sur la démocratie participative... Du coup, ces comités de quartier prennent des allures d'officines du pouvoir local. Des membres, des élus à l'écoute, disponibles, prêts à remplir leur role de vigie sociale, à trouver des solutions aux problèmes les plus inextricables. Bien.  Mais, ils agissent aussi pour maîtriser l'espace urbain, assurer la représentation de la mairie. Soyons réaliste : on ne peut pas répondre au cas par cas, au risque d'entretenir le favoritisme. Ne soyons pas dupe non plus : il existe bel et bien une manoeuvre politique derrière ce dispositif, même si celui-ci remplit une mission originale.

Quel avenir pour Proximum? Gérard Hamel a changé la tonalité de son discours et l'oriente désormais vers l'individu. Sentiment renforcé depuis que le maire de Dreux, en visite dans les différents quartiers pour l'intronisation des nouveaux comités a évoqué à plusieurs reprises les termes de "veille sociale", "tendre la main à ceux qui souffrent", "politique de solidarité". En gros fini les travaux de voierie, maintenant on passe à l'humain.

Autant dire qu'il va y avoir du boulot. Et pas seulement parce que nous sommes drouais. Nous sommes touchés, comme les Vernolitains, les Gueugnonnais ou les Castelroussins aux difficultés conjoncturelles du moment. La démarche de Gérard Hamel est très altruiste ; mais il ne doit pas pour autant oublier l'intérêt collectif, ne pas favoriser l'individualisme au détriment de la communauté.