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18 janvier 2007

A qui profite le tri sélectif?

Dans le bras de fer qui oppose la CAdD à certains commerçants du centre-ville au sujet du ramassage des déchets ménagers, le président, Gérard Hamel, est venu apaiser les esprits en jouant les pompiers de service. Rassurant et ouvert, il déclare qu' "on ne peut pas revoir ce qui est fait pour le tri sélectif. Mais il ne faut pas négliger les cas particuliers. L'enlèvement des déchets des commerçants est considéré globalement aussi bien au niveau de la taxe que du service. Je crois que le système de conventions signé entre la collectivité et le commerçant serait plus pertinent. Avec certains commerçants comme les bouchers et les fleuristes, on est très loin des besoins des particuliers".

Loin des turpitudes drouaises, Benoît Duteurtre, dans Chemins de fer,  pose un regard vitriolé sur la gestion du recyclage des déchets par les pouvoirs publics. D'après lui,  le discours écologique masque un plan d'économie auquel nous participons activement pour le "respect de l'environnement". On peut justifier la mise en place d'une politique de tri sélectif à condition que les collectivités assument pleinement leur mission de service public. Extraits :

" Les containers de tri sélectif contribuent à faire le bien. Ici, le Nouveau Monde impose ses usages en rassemblant les ordures sous le nom de "propreté", en utilisant la population comme un personnel corvéable à merci, en contraignant chaque citoyen à accomplir lui-même le travail d'éboueur, et en présentant cette contrainte comme un progrès. Dans un monde où le sacrifice de chacun doit contribuer au bien de l'économie, l'Espace propreté se désigne à la fois comme un instrument en faveur de l'environnement, un mode de financement de la recherche médicale, un moyen pour l'administration municipale de réduire ses charges. [...]

En quoi ce genre d'installations améliore-t-elle l'existence des citoyens? [...] Désormais, chacun doit procéder à ce tri lui-même. Pour justifier cet effort individuel, on agite l'argument du "bien public". En vertu d'une sorte de boy-scoutisme, la charge de travail supplémentaire consacrée par chaque citoyen à son  temps-ordure est entièrement bénévole - en phase avec une société dans laquelle il faut travailler davantage et gagner moins... Tout cela pour le seul bénéfice de l'Entreprise de ramassage d'ordures dont le camion passe une fois par mois vider les containers. Sous prétexte d'alléger les charges municipales, ladite entreprise fonctionne avec un minimum de personnel, à partir du travail effectué gratuitement par les citoyens. Quant au gain pour l'environnement, il ne tient compte ni de la dégradation du paysage, ni des émanations de pourriture qui s'exhalent.[...]

Une bonne partie des ordures récupérées dans les containers sélectifs est fréquemment remélangée après récupération. Beaucoup d'entreprises n'ont pas l'organisation nécessaire pour assurer le recyclage, et les déchets sont finalement détruits. Dans ces conditions, l'effort des citoyens qui trient leurs ordures ne constitue qu'une opération d'asservissement, un geste factice recouvrant une brutale réalité économique : la réduction du personnel de l'entrepris de ramassage, la réduction du personnel municipal, l'abandon par les communes des services réellement utiles, au profit de quantité d'investissements pompeux : aménagements de parkings, élargissement et bitumage des chemins, installations de réverbères et d'autres espaces de propreté. Ainsi vont la modernisation et le progrès social au secours d'un système économique dont la santé - toujours près de rechuter - exige de chacun une contribution accrue, un travail plus intense, une solitude plus résignée dans l'accomplissement des mille et une tâches quotidiennes qui justifiaient autrefois l'existence de mille et un métiers".


 

                                                     
                                                    
                                                           
                                                    

15 janvier 2007

Tri sélectif : Valentino Gambuto met les pieds dedans

En bon bûcheron de la politique, Valentino Gambuto fait feu de tout bois et ce malgré le redoux. Emboitant le pas des commerçants drouais mécontents des nouvelles dispositions concernant le tri sélectif, le chef de fil des socialistes s'est une nouvelle fois fendu d'une grosse colère dans les colonnes de l'Echo Republicain (10 janvier).

"Les commerçants du centre ville sont mécontents et ils ont raison. Ils ne sont pas les seuls à être gênés par les changements opérés dans le ramassage des ordures ménagères. Les habitants aussi commencent à souffrir depuis qu'il n'y a plus qu'un seul ramassage au lieu de deux"

Le leader de l'opposition locale précise toutefois sa position sur les questions environnementales, en soutenant les mesures entreprises par la CAdD. Mais fin stratège, il tâcle son ennemi préféré.

" Si le passage au tri sélectif représente un surcoût pour la CAdD, c'est à la mairie [de Dreux] de prendre en charge cette part et non aux commerçants ou aux riverains qui demandent un deuxième passage. Elle paye bien ce service à la CAdD autour du marché couvert, les jours de marché, pour les non-sédentaires, elle peut bien le faire pour les sedentaires et les riverains".

Gambuto, maire de Dreux, c'est la promesse de rues sans un grain de poussière.

10 janvier 2007

Les ordures au régime

Avec les fêtes, Marcel Taupin avait accumulé les excès. Trois kilos de surcharge pondérale sur la balance, un découvert de 51 euros 97 sur le compte bancaire et une inflation de sa facture EDF pour cause d'illuminations de Noël un peu trop insistantes. Il lui fallait prendre des mesures drastiques et de bonnes résolutions. Pour comencer, il allait mettre un peu d'ordre dans son appartement, victime d'un relâchement des taches ménagères et des frasques de joyeux drilles de passage. Les déchets ménagers - Clairette de Die, emballage de coffret parfum Axe, boîtes de pâté de foie - sédimentaient sur son lino. Allez hop, tout ça à la poubelle. Mais pas n'importe comment.

Il savait que la fréquence de la collecte des déchets avait été modifiée. La Communauté d'agglomération du drouais avait pris cette résolution fin novembre en s'attelant au tri sélectif et en rationalisant les tournées des camions bennes. Pour les habitants du centre ville, ces rendez vous étaient fixés au lundi soir pour les ordures ménagères et le jeudi pour les cartons. Un petit bouleversement pas vraiment en odeur de sainteté dans les commerces de bouche ou chez les restaurateurs. Car une seule visite des éboueurs par semaine pour vider les poubelles de viandes avariées, de croutons de pain ou de poissons décomposés, ça renâcle.

Arguant l'incompatibilité de stocker des denrées périmées et leurs contraintes en matière d'hygiène, certains d'entre eux font depuis de la résistance et laissent leurs poubelles sur la voie publique. Alain Fillon, Monsieur environnement de la CAdd,  monte au créneau, martèle solennellement  que "la sauvegarde de la planète, ce n'est pas qu'une idée générale. Elle commence aussi sur le territoire de la communauté d'agglomération et en centre-ville de Dreux" avant d'asséner "s'ils veulent des tournées supplémentaires, c'est clair qu'ils paieront en plus". Côté commerçants, on digère mal le tri sélectif et on refuse toute idée de payer une redevance spéciale. Entre les deux parties, on ne s'est pas encore mis à table mais les marmites chauffent bien.

Marcel, très concerné par les problèmes environnementaux et les enjeux écologiques de notre planète, a quant à lui décidé de faire un régime.