25.12.2008
Voeux pieux
Caramba! Encore raté! J'ai loupé la messe de minuit. Faut dire aussi qu'elle se déroule un peu tard, qui plus est ,un soir de réveillon. Il y a d'autres priorités dans la vie que les bons offices religieux. J'y préfère notamment la convivialité du feu de cheminée et de la table garnie mais je suis tout de même reconnaissant aux coutumes bibliques qui nous permettent, croyants ou non-croyants, de nous retrouver entre adultes consentants et enfants (très) intéressés, l'espace d'une soirée pas forcément ordinaire.
Mon manque d'allant spirituel m'a pourtant privé d'une grande communion avec Dieu et les hommes. J'étais pourtant motivé. La veille, j'avais fait mes premiers repérages à l'église. Trouver un siège pas trop loin de la sortie, avoir une vue panoramique sur l'assemblée, être dans le bon axe pour ressentir les vibrations de l'orgue... Ensuite, je me demandais quel allait être le sermon du prêtre. De quoi allait-il parler? Allait-il me toucher par la grâce de ses mots? Mon âme allait-elle s'ouvrir aux voix du Seigneur? C'est pas encore cette année que je le saurai, mais si j'avais été à cette place, dans cette église, j'aurais aimé entendre quelques mots rassurants sur l'état du monde. Que l'on exhorte enfin ces gros pleins de soupes qui conduisent de volumineuses berlines allemandes d'avoir le luxe un peu moins ostentatoire ; Que nos activités sociales prennent le pas sur nos (mauvaises) habitudes consuméristes ; Que Valentino Gambuto arrête définitivement la politique ; Que Josette Philippe s'intéresse enfin à la culture et Pascal Rossion au sport ; Que je puisse enfin travailler...
Je ne prie pas souvent. Mais en l'état des choses, et sans sombrer dans la dévotion, je suis demandeur de bonnes formules suivies d'actes forts.
11:20 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, noël, église, messe de minuit
19.12.2007
Reflet dans un oeil d'or
C'était un temps à ne pas mettre un boeuf dehors. D'ailleurs, il faisait si froid qu'on soufflait l'air comme des taureaux. Emmitouflé dans son paletot de laine, Marcel Taupin laissait dépasser un bout de nez rouge et perlé de sa grosse cagoule marron. Transi mais contemplatif, absorbé par les installations de son voisin et ami André Sanfrapé qui s'échinait à fixer sa grosse guirlande lumineuse en tube sur la corniche de son pavillon. Autour d'eux, la scène révélait deux rennes verts, un père Noël grimpant, des stalactites bleu fluo. "Voila, il me reste juste à mettre le sapin devant la fenêtre et là, je te dis que le concours, j'vais pt'ête bien le gagner". Marcel était d'accord : André avait l'une des maisons les plus savamment décoré du quartier. Et rares étaient celles sans habit de lumière à la cité des grands clos. Mais il ignorait que le concours auquel il prétendait prendre part n'était réservé qu'aux habitants du centre ville. L'initiative partait d'un bon principe mais s'avérait , hélas, sélective. "Attention je mets le jus..."
L'oeil de Marcel scintillait de mille feux. Des verts, des rouges, des bleus, des jaunes. Aussi réconfortants qu'un phare dans la nuit. Aussi chaleureux que le foyer de Charles Ingalls. L'air glacial fut un instant déchiré par un souffle chaud au parfum de cannelle. L'émoi gagna les deux amis qui restèrent pantois plusieurs minutes. L'esprit de Noël venait de souffler dans leur direction.
19:55 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : dreux, 28, eure et loir, Noël, illuminations, décoration, habitation
23.12.2006
A la recherche du père Noël géant
Le jour se levait à peine quand Marcel Taupin, soufflant précieusement sur son café au lait, vit passer le père Noël devant sa fenêtre du 1e étage de la rue des pinsons. "Ca doit être un faux" décréta t-il, "les vrais n'existent qu'en Laponie". Mais après coup et après avoir mis un peu d'ordre dans son esprit encombré, il s'interrogea. Le père Noël a beau être un viking bien bâti, c'est quand même curieux de le croiser à 3 mètres d'altitude. Marcel croqua alors son reste de biscotte, endossa son paletot et fila à la rencontre de cet intrus qui venait de bouleverser son petit-déjeuner.
Dehors il fut saisi par un vent glacial et ce grand tumulte qui régnait en centre ville. L'esprit de Noël était bien présent, charriant avec lui les parfums d'épicea et de cannelle. Les rues scintillaient de mille feux, les commerçants, sensibles à la musique du tiroir-caisse, retrouvaient le sourire pendant que les chalands baguenaudaient sous les mélopées des chanteurs à la croix de fer. Attiré par la présence de poneys et de biquettes, Marcel se demanda où était les veaux, vaches, moutons et couvées de la crèche. En guise de réponse, il entendit la cloche du petit train blanc qui sillonnait la ville le temps des fêtes et venait de marquer l'arrêt devant lui. "Vous montez" lui proposa le chauffeur. Il accepta, considérant qu'il avait plus de chance de localiser son individu en utilisant ce moyen de transport.
Installé aux premières loges parmi des enfants contemplatifs, Marcel eut droit à une visite guidée et à deux dragibus offerts par une petite fille assise à ses côtés. (Songeur, il reconnut son bonheur de mener une existence de plaisirs. Il venait de lire Delerm et depuis, il prêtait attention à la rosée du matin et aux petits pois écossés). Les rues de Dreux défilaient sous ses yeux mais aucun bonhomme en combinaison rouge n'apparut à l'horizon. Il descendit en Grande rue au moment où débutait l'époustouflante parade des oies sur un air d'accordéon. Charmé par le ballet des volatiles, il entreprit toutefois de quitter les lieux, le fond de l'air devenant frais et son cache-nez contenant difficilement les assauts du froid.
A cet instant il rencontra deux longues tiges de bois qui évacuèrent aussitôt sa perplexité matinale. Il y était enfin. Face à lui, un père Noel de 3 mètres de haut, sur des échasses. Voilà, c'était donc ça... Et Marcel d'avoir cette remarque pleine de sagacité : "Dites-moi, comment que vous faites pour descendre par la cheminée avec vos engins aux pieds?"
09:05 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dreux, 28, eure et loir, UCAD, commerce, animation, noël






