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20 février 2010

L'écran de fumée

2010_0215lot0078-1.JPGOn a beaucoup parlé de Dreux cette semaine notamment dans les médias nationaux. A la une de l'actualité, l'usine Philips des Châtelets et la mise à pied de son personnel. L'atelier de fabrication de téléviseurs a fermé ses portes lundi matin, les salariés recevant dans le même temps leur lettre de licenciement. Soit 212 personnes de plus à Pôle emploi. A moins que les plus volontaires ne soient tentés par une offre de reclassement en Hongrie pour un salaire de 450 euros par mois - les candidats devant toutefois maîtriser la langue du pays pour optimiser leurs chances d'éligibilité.

La brutalité et le cynisme de la méthode rappelle que certains dirigeants sont de moins en moins complexés face au droit du travail. Las et exsangue, les pouvoirs publics ont quant à eux cessé de répondre aux sollicitations de subventions formulées par ces entreprises davantage préoccupées par la réduction des coûts et donc plus enclin à l'exotisme de la délocalisation.

Jusqu'à la fin des années 90, l'aide publique était encore courante chez Philips. Besoin de cash? La firme hollandaise brandissait alors le spectre de la restructuration ou du démantèlement pour obtenir une rallonge budgétaire. En expliquant - je schématise vulgairement - que « vue la conjoncture, l'usine souffre et va devoir compresser ses effectifs, voire délocaliser sa chaîne de production, se développer pour contrer la concurrence, blah, blah ...et que pour l'intérêt général il serait bon que la ville mette la main au portefeuille pour remettre les choses d'équerre ».

En 1991, l'usine a ainsi obtenu du conseil régional une aide de plus de six millions de francs pour fabriquer les nouvelles générations de tubes cathodiques des téléviseurs haute définition afin, selon la direction du groupe, de renforcer le site drouais face à la concurrence. L'aide est même relevée à hauteur de 75 millions grâce à l'Etat, la ville de Dreux et le conseil général. Jean Hieaux, à l'époque maire de Dreux, qui contribua à l'effort de soutien financier, doit aujourd'hui se sentir un peu Gros-Jean comme devant. Autant que les drouais d'ailleurs.

Même si la décision du tribunal de grande instance de Chartres de suspendre le plan social et d'ordonner la reprise du travail est une grande victoire pour les salariés et les syndicats, l'avenir de l'usine s'inscrit tout de même en pointillé...

15 mai 2008

En grève

Les syndicats ont décrété Dreux, ville morte, pour aujourd'hui.

En cause, les nombreux licenciements qui frappent actuellement le secteur industriel. 

Les commerçants sont invités a baissé leurs stores en signe de solidarité.

Le cortège des manifestants part à 10H30 de l'Odyssée.

La longue marche funèbre passera par la rue de Billy, les Chatelets et reviendra en centre ville, via la rue St Jean.

 

23 avril 2008

La gueule (drouaise) de l'emploi

 

 

Dreux va mal et ça ne date pas d'hier. De 1965 pour être précis. Les syndicats faisaient alors front commun face aux licenciements et aux fermetures d'entreprises du secteur industriel. C'était le temps des premiers soubresauts des trente glorieuses, des appels à manifester, de l'intersyndicale. Quarante-trois ans plus tard, le mode opératoire n'a guère varié et l'industrie demeure toute aussi dépendante des aléas conjoncturels. La différence se situe plutôt au niveau de la ligne d'horizon des salariés. Quel avenir professionnel peut-on envisager à Dreux quand on a passé 25 ans à bosser en usine? Dans les années 60, on pouvait encore répondre concrètement à cette problématique. Aujourd'hui, à l'époque de la désindustrialisation, on se jette, désespéré, dans une bataille à laquelle on ne croit plus. Même les syndicats ont baissé pavillon, plus affairé à négocier les primes de licenciements que de préserver l'emploi. L'unité syndicale a volé en éclat si j'en crois le responsable de la section CGT de Philips EGT, Manu Georget, dont l'appel à manifester contre le plan social de l'usine des Châtelet est resté sans écho. "J'ai contacté les unions départementales et locales de la CGT, qui m'ont au mieux dédaigné, au pire envoyé promener, et les autres syndicats nous ont adressé une fin de non recevoir" (La Rep, 21/04).

Juste un rappel : Philips EGT purge à nouveau ses effectifs. Après 283 licenciements en 2003 , 279 salariés sont aujourd'hui sur la sellette. Inutile de préciser qu'après l'hécatombe LG Philips, le dégraissage en cours chez Klarius, les sous-traitants s'apprêtent à vivre des lendemains douloureux.

En 1965, peu de temps après ces appels à manifestation, un vaste plan était mis en oeuvre pour redynamiser l'industrie. Aujourd'hui, on nous suggère gentiment d'aller trouver du boulot ailleurs ou bien de nous adapter aux mutations économiques en changeant de métier.

Alors, l'avenir de l'emploi à Dreux? La mobilité.