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10 août 2012

Histoire des radios drouaises (3/3)

No radios’s land

A la fin des années 80, les fréquences occupées jadis par les radios drouaises sont vacantes, la réception des « parisiennes » est relativement audible selon que l’on habite en centre ville ou sur les plateaux. Localement, la bande FM se parcourt surtout au son des grésillements et des stridences du larsen.

Seule rescapée de l’aventure des premières radios libres drouaises, l'imperturbable RTV poursuit sa routine sans véritablement remettre en question son fonctionnement.


"Il n'y avait personne qui donnait une âme à la radio"


RVS récupère un émetteur sur Dreux en 1990. Mais, la radio normande passe sous la coupe de NRJ qui impose « Rires et chansons »  sur 96.8. En1998, le réseau est demantelé pour avoir émis sans autorisation préalable du CSA. Radio Nova récupère alors la fréquence et diffuse aux drouais un vent de modernisme.

Parallèlement, la Radio des Trois Vallées, fidèle à son image d’associative remplit toujours sa mission de lien social tout en conservant une programmation désuète. Courant 2005, Eric Steiner en prend les commandes. Il assainit les comptes mais ne parvient pas à la  moderniser. Pendant ce temps, l'offre radiophonique drouaise s’étoffe avec l’arrivée d’Europe 1, d’Evasion, de Skyrock et de Radio Orient. En 2009, Eric Madelon, alors animateur sur RTL2, devient président de RTV qui devient RTV 95.7. Très vite, le ton change, l’image également. L’animateur qui a découvert la radio avec RTV, restructure l’antenne, améliore le système de diffusion et associe les nouveaux outils numériques à la station.


"On va faire une radio adulte et joyeuse"


De nouveaux chantiers se mettent en place. Programmes, puissance, promotion sont au cœur des objectifs. 

"L'avenir serait d'embaucher plus de gens et se développer sur le plan technique"

 

Un grand merci à Francis Maini de m'avoir permis d'utiliser le cadre du Rothen pour les interviews d'Eric Madelon.

Jack

10 juillet 2012

Histoire des radios drouaises (1/3)

Il y a trente ans naissaient les premières radios libres sur le territoire drouais. Le phénomène faisait alors écho à la libéralisation des ondes décrétée en 1981 par le nouveau président de la République, François Mitterrand. Avant, l’Etat contrôlait rigoureusement le monopole de la radiodiffusion. Il y avait les « officielles » (celles du service public, les autres - Radio Luxembourg, Europe 1 et RMC - émettant depuis l’étranger) et les clandestines, celle que l'on appelait les radios "pirates". Emettre sur la bande FM sans autorisation était donc un délit : un gâchis au regard de la qualité sonore de la modulation de fréquence, très supérieures aux grandes ondes. Malgré l’interdiction, des milliers de passionnés occupent clandestinement l’espace radiophonique pour des émissions ponctuelles de quelques heures.

La Radio de la Méduse

Première radio pirate recensée à Dreux, La Méduse envoie ses premiers signaux le 7 octobre 1978. Elle propose un rendez-vous hebdomadaire le samedi matin. Pour éviter les brouillages de TDF (Télédiffusion de France), le lieu de diffusion varie régulièrement. En fait, plusieurs émissions sont réalisées depuis le domicile du Maire de l’époque, Françoise Gaspard, idéalement situé sur le plateau Nord, à la Cité américaine.

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1981, Libéralisation des ondes

L’arrivée au pouvoir de François Mitterrand correspond à la fin du monopole d’Etat sur la radiodiffusion. La bande FM est alors un territoire vierge à coloniser. Très vite, des associations, des passionnés de musique, des organisations politiques, syndicales et religieuses montent leur radio. A la fin de l'année, on en recense 1610 sur tout l’hexagone.

1982, les premiers drouais s’installent en FM

A Dreux, Radio-Star fait office de pionnière. Lancée en février 1982 par Jean-Michel et Pascal, la station émet de 18 à 20h, diffuse essentiellement de la musique et quelques informations pratiques. Dans son sillage, L'ACIDE (Association pour la communication et l'information à Dreux et ses environs) met en place la future radio locale soutenue par la municipalité. Un comité d'administration est élu au mois de juin, chargé de rechercher des moyens de financement et d'élaborer un programme d'émissions.

RTV 103, la Radio des Trois Vallées, nait ainsi en octobre. On la capte sur 103 Mhz dans un rayon de 5km autour de Dreux. Elle émet à partir d'un local du Lièvre d'or. "Cette radio est avant tout associative", explique Jean-Marie Gadois, son directeur. "Nous voulons une radio de bénévoles où tout le monde peut venir s'exprimer. Toutes les idées sont les bienvenues, les bénévoles aussi.

Eric Madelon, futur animateur sur Europe 2, RMC, Virgin et RTL2, témoigne de ses débuts sur RTV et ses deux émissions, Venin et Black.

(à suivre).

06 décembre 2008

Films à tisser

J'aime les analogies et je vais vous le prouver. Il y 25 ans, le cinéma Celtic baissait définitivement le rideau. Un peu comme le Delta il y a quelques jours, mais pour une autre raison.  Les finances étaient au plus bas, les exploitants démoralisés, le public évadé vers la vidéo. La fermeture du Celtic sonnait la fin du cinéma de quartier, la fin d'une salle édifiée en 1948 par le patronage Saint-Jean qui fêtait à cette occasion ses cinquante ans. Ses 110 ans cette année.

Juste pour rappel : le patronage Saint-Jean fut crée par l'abbé Georges Faligan. Il fut à l'origine de nombreuses oeuvres sociales qui perdurent pour certaines encore aujourd'hui : le coin de terre, le foyer des jeunes travailleurs, les colonies de vacances à Saint-Briac ou Saint-Gervais-les-Bains, l'orchestre et la batteire fanfare, l'Alliance de Dreux, le cinéma le Celtic.

Par le plus grand des hasards, j'ai découvert l'existence d'un film sur l'inauguration du Celtic. Un document rare qui date de 1948 filmé en 16mm qu'il m'est bien entendu impossible de vous diffuser. On y voit tout un tas de choses très intéressantes avec un défilé des sections sportives du patronage, un déjeuner entre huiles écclesiastiques et personnalités drouaises et les derniers coups de truelles avant l'inauguration de la nouvelle salle.

Cette petite merveille peut être vue. Mais pour cela, il faudra patienter quelques temps jusqu'à la prochaine séance drouaise organisée par Centre Images, instigateur de ces projections et dont l'une des missions est de de collecter les films amateurs tournés en région Centre. Ca tombe bien, ce jeudi à Anet, il sera possible de voir quelques extraits de ces films tournés à Dreux et aux environs. Tout ça pour vous dire qu'une mémoire locale existe en images animées et qu'elle dort secrètement dans des boites au fond d'un carton en haut d'un placard peut-être chez vous ou chez votre voisin.  Alors n'attendez pas, sauvegardez ce patrimoine inestimable en contactant Centre images. Et exhumez ces reliques, qu'on en profite aussi.

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21 août 2008

Les insolites du passé (6/6)

Parlons un peu sport en cette période Olympique.

Il y a quelques décennies, au début des années 50, l'Espérance-Cheminots recrutait par le plus grand des hasards un « international hongrois ». Il faut resituer le phénomène dans le contexte footballistique de l'époque. La Hongrie est alors la nation invincible qui révolutionne les codes tactiques et stratégiques du ballon rond. Elle inflige des corrections aux équipes dominantes que sont l'Allemagne et l'Angleterre. Alors imaginez l'aubaine pour le club drouais d'enroller un joueur de la trempe d'un Puskas.

Malheureusement après quelques jours de performances sportives, la police débarque et arrête l'attraction locale. L'international hongrois était en fait un escroc recherché par toute les polices de France et de navarre.

Autre affaire de duperie chez les footeux, plus contemporaine. Yamani Ouasti, annoncé comme un jeune prodige de 17 ans, débarque au Dreux FC en 1989. Sur le papier, son parcours chez les jeunes est une référence : c'est un espoir du football français, passé par les plus garnds centres de formation qui curieusement vient s'échouer en terrain drouais. « Je viens à Dreux car j''ai envie de m'éclater », déclare-t-il. Bon, soit, mais sur le terrain le rendement de la future star est loin de satisfaire les ambitions du club. Et dès la saison suivante, Ouasti disparaît des tablettes. On retrouvera sa trace trois ans plus tard, à la rubrique "faits divers" pour usage de faux après s'être fait passer pour Dominique Rocheteau auprès des recruteurs.

19 mai 2008

Mai 68 à Dreux (3 et fin)

20 mai. Pendant près de deux semaines, le mouvement s'étend à toutes les usines de la région. Les mêmes mots d'ordre sont lancés par les syndicats à destination des travailleurs : grève illimitée et occupation des locaux. L'appel est entendu et appliqué à la lettre chez Potez, Floquet Monopole, Comasec, Leo, Cometo, Perigodet. Le service public est également touché. La moitié des employés communaux débrayent, les crêches, les écoles et la sécurité sociale sont fermées. La régie EDF-GDF assure tout de même un service de distribution de gaz et d'électricité et le personnel hospitalier, bien que solidaire du mouvement, ne "s'adjuge pas le droit d'abandonner les malades".

C'est le grand rush dans les commerces d'alimentation : les drouais s'approvisionnent massivement en sucre et en huile. Certains vont même jusqu'à stocker de l'essence dans leur maison. On recommande à la population de détruire ses ordures ménagères pour pallier à la défection des services de nettoiement. L'Action Républicaine sort une édition spéciale d'une page, où il fait état de la situation générale et livre les recommandations de bon usage pour rassurer la population.

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Les manifestations se poursuivent, dans le plus grand calme, rassemblant une portion congrue d'ouvriers et d'étudiants, la plupart étant retenus à occuper leurs locaux. Dans les usines, des négociations sont entamées sur les salaires et les conditions de travail. Ces mouvements réveillent aussi quelques antagonismes entre générations. Un jeune drouais est ainsi victime d'une agression au seul motif qu'il a les cheveux longs et qu'il ressemble fortement à l'un de ces étudiants grévistes.

Peu à peu le mouvement se délite, les entreprises redémarrent, les écoles rouvrent, l'activité reprend. La ménagère, elle, se félicite de retrouver un peu de liquidité pour effacer l'ardoise de l'épicier. Au final, Dreux n'a pas monté ses barricades, ne s'est pas heurtée aux CRS mais a participé, à sa manière, à cette vague contestataire.