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22 mars 2015

Miossec et le spectre de Jean-Pierre Stirbois

En concert vendredi soir à l’Atelier à spectacle, le chanteur s’est fendu de quelques remarques provocatrices mal senties. A part ça, le concert fut de qualité, l’artiste généreux avec son public.

 

2310694.jpeg« Depuis le début du concert, je vois le fantôme de Jean-Pierre ». Après une entrée en matière pleine de promesse et une totale sobriété verbale entre chacun de ses morceaux, Miossec s’égare. Circonspecte, l’audience est partagée entre indifférence et incompréhension. Les notes reprennent jusqu’au titre suivant où le fameux Jean-Pierre ressort de la bouche du chanteur suivi d’un  « C’était en 1983 ». Malaise chez certains vieux drouais. Les plus jeunes s’en foutent, ils veulent du son. Les titres s’enchaînent. Quelques rares personnes vont quitter la salle avant la fin, celles-ci auront tort car le concert est bon. Miossec, englué dans sa provocation, en remet une couche précisant pour ceux qui n’avaient pas saisi l’allusion que de Jean-Pierre, il s’agissait de Stirbois. Voilà qui est plus clair. Quelques sifflets fusent, le chanteur tente une explication. « Ben oui, quand même, ça marque pour les gens qui ont 50 ans ». « C’était pas nous » lance une voix dans la salle. Le public reste en grande partie stoïque, rompu à ce rapprochement systématique de Dreux avec le FN mais néanmoins surpris par cette exhumation de première classe.

Connaissant le potentiel autodestructeur de Miossec, cette sortie de route n’embarquera pas le millier de spectateurs présents dans le décor. Car là où la situation aurait pu dégénérer, le public s’est montré exemplaire, refusant de relever le gant, applaudissant chaleureusement la performance musicale et prouvant ainsi qu’il savait séparer l’ivraie politique du bon grain artistique. Sur ces quelques notes, Miossec a désenchanté. Mais n’en restons pas à cet écart, il vaut bien mieux que ça.

25 novembre 2013

Marchons, Marchons

C’est une aventure que l'on commémore ces jours-ci, celle d'une poignée de potes traversant le pays pour prêcher la reconnaissance des jeunes français issus de l'immigration. Il y a trente ans, la « Marche pour l’égalité et contre le racisme », plus familièrement appelée la « Marche des Beurs » interpellait l'opinion publique, à tel point qu'un film retrace aujourd'hui cette odyssée des années 80.  

Le mouvement prend sa source à Vénissieux, dans le quartier des Minguettes, théâtre de multiples tensions racistes et d’affrontements avec les forces de l’ordre. En Juin 1983, à l’occasion d’échauffourées entre policiers et habitants du quartier, Toumi Djaida reçoit une balle. Hospitalisé, le jeune homme propose d’organiser une marche pacifique, à la manière de Gandhi. Rejoint dans sa démarche par le curé des Minguettes, Christian Delorme, un groupe d’une trentaine de jeunes part de Marseille le 15 octobre et entame un périple qui doit les mener jusqu’à Paris le 3 décembre. L’itinéraire doit passer par Lyon et Strasbourg mais au vu de la ferveur populaire générée par cette marche, de nombreuses étapes s’improvisent.

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Dreux n'était pas au programme des organisateurs. Mais la percée du Front National aux élections municipales de Dreux en septembre 1983, ne laisse pas le cortège insensible à l’appel des organisations syndicales et politiques (CGT, la CFDT, le PS, le PSU et la LCR) et des associations drouaises. La Marche des Beurs fait ainsi étape à Dreux le 30 novembre 1983. Près de 300 personnes se rassemblent en Grande rue et entament une procession vers le Lièvre d’or, la Croix Tiénac et les Chamards. Christian Delorme, leader charismatique du mouvement, prend la parole, évoque la genèse de cette marche, le combat mené contre le racisme et prône l’intégration d’une jeunesse ostracisée, porteuse d’avenir et d’espérances.

Les marcheurs feront ensuite halte au Cercle Laïque, écouter les « Troubadours modernes » et deviser autour de gâteaux à la noix de coco et d’un thé à la menthe, avant de reprendre la route qui les mènera quelques jours plus tard au palais de l’Elysée. 

15 novembre 2013

Demi-tour, droite

Ainsi donc Gérard Hamel repart en campagne. La semaine dernière, le Maire de Dreux  a exprimé son intention de briguer un quatrième mandat au cours d'une conférence de presse donnée à la bibliothèque de l'école Ferdinand Buisson, "un lieu symbolique du temps nécessaire à l'évolution et à la réussite par le travail".

Du lieu, on distingue surtout le mobilier bariolé d'une bibliothèque jeunesse aux couleurs rasta (étagères vert - jaune , table rouge), les drapeaux flasques retombant comme de vieux rideaux. Rien de solennel, ni classieux mais connaissant Gérard, on ne peut pas être à une faute de goût près, l'essentiel n'étant pas le style mais bien l'argumentaire pour justifier une nouvelle candidature.

Bon, déjà, Gérard va devoir apprendre une chose : retourner sa langue sept fois dans sa bouche sinon on va définitivement le prendre pour une vulgaire girouette.  En 2009, il convoquait la presse pour annoncer qu'il ne reconduirait pas son mandat. Les affichettes des journaux étaient alors explicites.  

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On imaginait alors Gérard, pour son dernier baroud d'honneur, mettre Dreux sur les rails du progrès et de la croissance, réglant les derniers détails de sa succession avant un repos mérité auprès des siens. Doit-on dès lors considérer que l'objectif n'a pas été atteint ? Qu'à l'instar de tous ces animaux politiques, il rechigne à rendre son siège, s'accrochant à ce pouvoir tant convoité, effrayé à l'idée de revenir à une vie plus ordinaire? Qu'aucun de ses colistiers n'a la stature pour remporter les Municipales? Ou plus simplement que les consignes du parti ont eu raison de ses envies de retraite politique?

Ce qui peut motiver Gérard Hamel à rempiler pour six ans, c'est - outre la qualité des buffets généreusement garnis qui accompagnent généralement ses sorties - ce goût d'inachevé qui taraude et contrarie l'ouvrier consciencieux, l'homme de devoir. Ce sentiment que Dreux change, qu'il est l'homme de la situation pour poursuivre cette métamorphose et qu'il est aussi en droit de récolter les fruits d'une réussite annoncée (voir plus bas, son message expliquant les raisons de sa candidature). Le chantier a pris du retard et un bon capitaine ne quitte pas le navire avant d'avoir mené son équipage à bon port.

Alors certes, la ville s'arrange, mais on sent que les vases ne communiquent pas entre eux, que les rouages grincent encore. La ville s'embellit mais les effets de l'attractivité tardent ;  l'emploi reprend petit à petit mais le chômage est très au-dessus de la moyenne nationale ; l'insécurité recule mais le trafic de stupéfiant gagne du terrain. Alors gare à l'excès d'optimisme.

S'appuyant sur son bilan esthétique et sa gestion saine, le maire s'est engagé au cours de son point presse à redonner de la prospérité aux drouais, voeu pieux, très en avance sur le calendrier et un peu démago dans le contexte actuel :


A la tête de mes équipes municipales, je me suis attaché à rendre notre belle ville de Dreux la plus attractive possible en faisant reculer l’insécurité, en développant des équipements publics et des infrastructures modernes et en favorisant l’implantation de nouvelles entreprises porteuses d’emploi.

Sans augmentation d'impôt depuis 1995, nous avons réussi à faire de Dreux une ville apaisée, compétitive et attractive, au cœur d'un bassin de vie et d'emploi dynamique, aux portes de l'Ile-de-France. Et aujourd’hui, l’embellissement de notre Ville fait l’unanimité, aussi bien auprès des Drouais, que de tous ceux qui visitent notre Ville.

Mais rien n'est définitivement acquis. Pour le prochain mandat qui s'annonce, il ne faut pas relâcher l'effort ni baisser la garde !

Seule la poursuite d’une gestion municipale rigoureuse permettra de maintenir la qualité de nos services au profit des Drouais sans augmenter les impôts ni la dette de la Ville.

Seule une action ferme et juste permettra de poursuivre les résultats obtenus dans la lutte contre les délinquants, les fraudeurs et les trafiquants qui, dans certains quartiers, « pourrissent » l'existence des résidents honnêtes.

Seule une équipe compétente, expérimentée et très active pourra poursuivre la transformation de Dreux pour lui permettre d'attirer toujours plus d'entreprise et de créer des emplois pour le plus grand nombre.

Oui, grâce à ses nombreux atouts, Dreux peut redevenir une ville vraiment prospère. Et je souhaite que cette prospérité profite à tous. A tous ceux qui veulent travailler et qui se donnent les moyens de réussir.

Je souhaite que tous ceux qui le veulent, puissent devenir propriétaires de leur logement, pour sécuriser leur famille et constituer un patrimoine à transmettre à leurs enfants.

Je souhaite continuer à embellir la ville en poursuivant la création de nouveaux équipements et également d'infrastructures modernes destinées à faciliter la vie quotidienne des habitants.

Je souhaite que Dreux deviennent une ville référence en matière de services numériques pour les habitants et les entreprises.


Grâce à tout ce qui a déjà été accompli et réussi à Dreux, nous pouvons regarder l'avenir avec confiance tout en nourrissant une nouvelle ambition : l’ambition de faire de Dreux un modèle de dynamisme et de qualité de vie à la limite du futur Grand Paris !


C'est pour réaliser cet objectif que je conduirai une équipe renouvelée aux élections municipales, le 23 mars prochain. Je réunirai autour de moi une équipe de femmes et d'hommes dynamiques, compétents entièrement dévoués à notre belle ville.


Les Drouais savent qu’ils peuvent compter sur moi. Ils m'ont déjà fait confiance pour transformer Dreux et la rendre plus attractive aux yeux de tous.


Ensemble capitalisons sur tous nos efforts passés pour faire entrer Dreux dans une nouvelle période de prospérité.


C’est mon ambition !

 

On a tous envie d'y croire mais franchement, résolvons-nous plutôt à nous serrer les coudes, soyons solidaires et disciplinés. Allez Gérard, maintiens le cap mais ne fais pas trop de promesses.

04 septembre 2013

L'été en résumé

C’était l’été où il ne fallait pas quitter Dreux. Prendre des vacances oui, mais pour flâner le long de la Blaise, déguster un café-crème en terrasse au Rothen (qui au passage a changé de propriétaire), battre la campagne à vélo ou en rando, jogger autour du lac d’Ecluzelles, prendre l’apéro avec ses voisins et se retrouver autour d’un barbecue en famille. Avec ce soleil tout était permis et si certains ont pris au pied de la lettre l’adage, d’autres plus démunis ont – je l’espère - pu profiter pleinement des multiples activités proposées par les municipalités drouaises et vernolitaines. Et il y en avait pour tous les âges. De Campus au festival de musique l'été sous les charmes tout le monde a été servi avec en super-guest cette année Manu Dibango pour les festivités du 14 juillet.

Communiquant depuis des années sur le cadre de vie, Dreux aurait pu faire l’objet d’un reportage au JT de Jean-Pierre Pernault. La ville a bien été citée dans les médias nationaux mais ... à la rubrique faits divers et société. Les journaux ont encore manqué une occasion de se taire, car l'été a été paisible. Enfin presque.

Il y a tout d’abord eu l’affaire des condamnés drouais libérés faute de place disponible à la prison de Chartres. Pas de chance pour Dreux dont la simple évocation a tout de suite fait renaître les spectres d’une ville plombée par la délinquance. Heureusement l’info a vite pris une tournure politique, entre un  ministre de l’intérieur toujours prompt à s'échauffer et son homologue de la justice dans son habituel style flegmatique. Ceci dit, pour avoir assisté consécutivement à deux courses-poursuites dans la même journée, on joue toujours au chat et à la souris entre jeunes impétrants et forces de l'ordre. Les policiers municipaux semblaient d’ailleurs à la peine à bord de leur Kangoo à pourchasser une berline allemande. Il y a également eu quelques échauffourées aux abords du commissariat mais on est presque tenté de concéder une moue désabusée et fataliste devant la banalité de ce type de scène. A part ça, que du menu fretin.

Dans un tout autre registre, le quotidien des bobos parisiens, Libération, qui doit à peine toucher une dizaine de lecteurs dans tout le drouais, a consacré un article à la poignée d'anti-mariage gay qui manifeste chaque dimanche devant la sous-préfecture . Un véritable scoop tant cette démarche rebelle est restée confidentielle.

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En contrepoint de cette agitation bon enfant, nous apprenions au cours du mois d’août, le mariage de Françoise Gaspard et de sa compagne Claude Servan-Schreiber. L’union fut célébrée à Paris et très franchement, j’aurais préfèré qu’elle le soit à Dreux, ne serait-ce que pour le symbole de modernité sociale  dont la ville aurait pu jouir.

Il faut dire aussi que la municipalité actuelle ne tient la rose en odeur de sainteté. Hasard ou coïncidence, le musée Dessal a été débaptisé  en loucedé au profit du très conventionnel  « Musée d’art et d’histoire », appelation d'origine du musée crée par ... Marcel Dessal qui fut également un homme de gauche, proche de Maurice Viollette. L’œuvre d’un conseil municipal sans doute désoeuvré en plein été, arguant comme prétexte fallacieux une obscure confusion pour les visiteurs. Les amis du musée doivent être consternés. Georges Vogt qui a côtoyé Marcel Dessal pendant de nombreuses années évoque ainsi la genèse du musée.



Voilà ce que vous avez manqué si vous avez préféré prendre la poudre d'escampette. A Dreux, on ne s'ennuie plus quand il fait beau en été.

22 juillet 2013

Les vacances au sana

Si vous vous apprêtez à partir en vacances et que vous recherchez désespérément de quoi lire sur la plage, j’ai peut-être un bon tuyau pour vous, fidèles lecteurs attachés à votre commune drouaise. François Vallejo a commis en 2010, un roman intitulé « Les sœurs Brelan » disponible en poche chez votre libraire préféré sis la grande rue Maurice Viollette.
L’histoire relate l’émancipation contrariée de trois sœurs unies comme les cinq doigts de la main à travers différentes époques de leur vie. Pour l’une d’entre elles, l’auteur plante le décor au Sanatorium de Dreux dans les années 1960. Peu de descriptions précises mais une évocation qui tient le durophile en haleine, à la recherche de nouveaux éléments susceptibles d’alimenter le moulin de l’histoire locale.
Ce vestige de santé publique situé aux Bas-Buissons et envahi aujourd’hui par une végétation luxuriante… fascine. Sur internet, beaucoup d’images d’un lieu devenu pépinière de création artistique mais aussi terrain de jeu pour amateurs d’Airsoft  et camp d’entrainement pour la sécurité civile.

 

 

 

Sur le même sujet, je vous invite également à jeter un coup d’œil au billet de Pierlouim et au diaporama de Sylvain Mary.

L’ensemble qui appartenait encore centre hospitalier va devenir la propriété de la ville.  Pour l’instant Jacques Lemare, adjoint proximum , cale un peu quand il s’agit de déterminer le futur du sanatorium  « C’est un poumon (sic) de l’agglomération qui a vocation à rester naturel ».  Fut un temps où la Mairie avait communiqué sur la possibilité d’y implanter un pôle sportif d’excellence. Mais le projet a manqué de souffle. Un peu de cardio-training ne ferait pas de mal à certains.