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04 septembre 2013

L'été en résumé

C’était l’été où il ne fallait pas quitter Dreux. Prendre des vacances oui, mais pour flâner le long de la Blaise, déguster un café-crème en terrasse au Rothen (qui au passage a changé de propriétaire), battre la campagne à vélo ou en rando, jogger autour du lac d’Ecluzelles, prendre l’apéro avec ses voisins et se retrouver autour d’un barbecue en famille. Avec ce soleil tout était permis et si certains ont pris au pied de la lettre l’adage, d’autres plus démunis ont – je l’espère - pu profiter pleinement des multiples activités proposées par les municipalités drouaises et vernolitaines. Et il y en avait pour tous les âges. De Campus au festival de musique l'été sous les charmes tout le monde a été servi avec en super-guest cette année Manu Dibango pour les festivités du 14 juillet.

Communiquant depuis des années sur le cadre de vie, Dreux aurait pu faire l’objet d’un reportage au JT de Jean-Pierre Pernault. La ville a bien été citée dans les médias nationaux mais ... à la rubrique faits divers et société. Les journaux ont encore manqué une occasion de se taire, car l'été a été paisible. Enfin presque.

Il y a tout d’abord eu l’affaire des condamnés drouais libérés faute de place disponible à la prison de Chartres. Pas de chance pour Dreux dont la simple évocation a tout de suite fait renaître les spectres d’une ville plombée par la délinquance. Heureusement l’info a vite pris une tournure politique, entre un  ministre de l’intérieur toujours prompt à s'échauffer et son homologue de la justice dans son habituel style flegmatique. Ceci dit, pour avoir assisté consécutivement à deux courses-poursuites dans la même journée, on joue toujours au chat et à la souris entre jeunes impétrants et forces de l'ordre. Les policiers municipaux semblaient d’ailleurs à la peine à bord de leur Kangoo à pourchasser une berline allemande. Il y a également eu quelques échauffourées aux abords du commissariat mais on est presque tenté de concéder une moue désabusée et fataliste devant la banalité de ce type de scène. A part ça, que du menu fretin.

Dans un tout autre registre, le quotidien des bobos parisiens, Libération, qui doit à peine toucher une dizaine de lecteurs dans tout le drouais, a consacré un article à la poignée d'anti-mariage gay qui manifeste chaque dimanche devant la sous-préfecture . Un véritable scoop tant cette démarche rebelle est restée confidentielle.

dreux 10-11 aout 2013 Libé.JPG

En contrepoint de cette agitation bon enfant, nous apprenions au cours du mois d’août, le mariage de Françoise Gaspard et de sa compagne Claude Servan-Schreiber. L’union fut célébrée à Paris et très franchement, j’aurais préfèré qu’elle le soit à Dreux, ne serait-ce que pour le symbole de modernité sociale  dont la ville aurait pu jouir.

Il faut dire aussi que la municipalité actuelle ne tient la rose en odeur de sainteté. Hasard ou coïncidence, le musée Dessal a été débaptisé  en loucedé au profit du très conventionnel  « Musée d’art et d’histoire », appelation d'origine du musée crée par ... Marcel Dessal qui fut également un homme de gauche, proche de Maurice Viollette. L’œuvre d’un conseil municipal sans doute désoeuvré en plein été, arguant comme prétexte fallacieux une obscure confusion pour les visiteurs. Les amis du musée doivent être consternés. Georges Vogt qui a côtoyé Marcel Dessal pendant de nombreuses années évoque ainsi la genèse du musée.



Voilà ce que vous avez manqué si vous avez préféré prendre la poudre d'escampette. A Dreux, on ne s'ennuie plus quand il fait beau en été.

28 avril 2010

Evasion à l'échelle locale

Dans ce monde où la technologie a envahi notre quotidien, il reste encore des gens ingénieux, utilisant des procédés simples pour exprimer leur sens pratique. Des gens qui ne refusent pas forcément la modernité mais qui préfèrent de loin les bonnes vieilles méthodes rudimentaires pour leurs usages domestiques.

Prenez ce fait divers qui a fait le tour des rédactions en deux jours. L'action se passe au commissariat de Dreux ce dimanche matin. Un individu de 28 ans, "soupçonné d'être lié à un trafic de stupéfiant" et qui vient d'être arrêté à l'issue d'une courte-poursuite la veille, médite sagement durant sa garde à vue.

Sacrée tuile d'être retenu au gnouf par un week-end de grand beau temps pendant que les hommes du monde paradent au volant de leur BMW dans les rues de Dreux. Et puis la cellule est moche, la peinture s'écaille, ça pue l'urine et les murs sont salis par des tags ineptes et bourrés de fautes d'orthographe. Très loin du cadre de vie habituel de notre distingué suspect qui rêve mélancoliquement de l'air du large, des grands espaces verts et des horizons lointains où le soleil rougeoit sur la ligne de crète.

Heureusement, dans la profession de dealer, on croise beaucoup de gens et l'on noue de solides amitiés. Sans doute alertés par les conditions de détention dégradantes de leur parrain et animés par l'esprit de corps du milieu, quelques complices se rendent directement au commissariat muni d'une échelle. Habitués des lieux, ils organisent en toute bonhommie l'évasion de leur coreligionnaire puis s'enfuient vers un but inconnu...

Depuis la police, fort marrie - vous l'imaginez bien - recherche toujours les individus en fuite. L'histoire ne dit pas en revanche s'ils ont mis la main sur ladite échelle.

27 avril 2010

Camera obscura

Il y a quelques semaines Gérard Hamel et Valentino Gambuto se sont gentiment échauffés à propos de la vidéosurveillance. Le chef de file de l'opposition demandait des comptes sur l'efficacité des cameras installées en ville. Ce à quoi le Maire lui répondit qu'il était difficile d'établir un bilan car "le problème de la sécurité est un problème global" (in La Rep, 3 avril 2010).

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Voilà une parole sensée mais qui ne va pas forcément dans le sens des autorités politiques de droite. Brice Hortefeux, notre arithméticien de l'intérieur, défend bec et ongles un système qui selon lui réduit par deux la délinquance des communes équipées de caméras de surveillance. Une assertion presque sortie du chapeau car hormis un rapport relayé par le Figaro, il n'existe aucune étude sérieuse en France sur la vidéosurveillance. On aurait tout aussi bien pu évoquer les nuits de pleine lunes ou le réchauffement climatique pour justifier cette baisse. Voire une trève passagère des malfaiteurs. Car il est extrêmement complexe de trouver des critères et des indicateurs pertinents qui permettent d'isoler le facteur "vidéosurveillance" parmi tous ceux qui peuvent expliquer des variations de la délinquance.

En Grande-Bretagne, pays champion du monde de la vidéosurveillance avec plus de 4 millions d'appareils, on devient sceptique sur les bienfaits du système. Un rapport officiel a notamment établi qu'à Londres 80% des images étaient inutilisables et 3% seulement des vols auraient été résolus grâce à la vidéosurveillance. Si bien que les autorités remettent sérieusement en question un tel déploiement technologique.

En France, nos gouvernants et la presse de droite persistent à considérer l'action dissuasive des caméras quitte à se faire plus discret quand il s'agit de démontrer leur efficacité à identifier les auteurs d'un crime ou d'un délit. En fait, la videosurveillance permettrait surtout  d'accélerer une enquête seulement quand on sait qui et où chercher. Dans ces conditions autant avoir des modèles factices car ce luxueux matériel urbain a un coût : près de 40 000 euros pour installer une camera auxquels il faut ajouter 24 000 euros de fonctionnement (Source Les Echos 16/10/2007).

A Dreux, "ville sous vidéoprotection", nous sommes bien évidemment concernés par le sujet. Mais entre une technologie aux résultats aléatoires et une délinquance se jouant habilement des caméras, quel bilan peut-on tirer? Que les contraventions pour mauvais stationnement ont explosé?

25 juin 2008

Violence aveugle

Voilà un palmarès qui ne va guère réhausser notre image. Le Figaro vient de publier les chiffres de la violence urbaine enregistrés par la police judiciaire. Pour Dreux, classée parmi les 40 premières villes sinistrées, cela donne en 2007 :

  • Coups et blessures volontaires : 263
  • Vols violents : 203
  • Taux de violence (faits pour 1000 habitants) : 10,06 - La moyenne nationale est de 5,93

Sacré gifle, non? Pourtant, je suis surpris de nous retrouver aussi bien installé dans la hiérarchie des villes anxiogènes. De ma tour d'ivoire du centre ville, je ne vois rien qui puisse témoigner d'un quelconque sentiment d'insécurité. Juste la crainte de voir ma magnifique Polo constellée de fientes de pigeons. Certes en six ans, j'ai déploré deux effractions sur mon véhicule, deux rétroviseurs dégommés, quatre enjoliveurs subtilisés et une antenne radio dérobée. Mais pas de menaces, d'insultes, d'intimidations ou d'altercations.

Signe de cette quiétude toute relative, la presse locale est devenue moins exhaustive qu'elle ne l'a été pour relater les faits divers. Quelques gros titres en manchette pour racoler le lecteur mais la longue litanie des méfaits commis dans la région est passée à la trappe. En apparence donc, tout ne va pas trop mal. Sauf que ces chiffres sont là pour nous rappeler une réalité préoccupante : on peut habiter Dreux et être totalement aveugle sur les actes de violence qui y sont perpétrés. 

Dreux 1474.jpgBien évidemment, ce genre de données, en plus de plomber les efforts entrepris pour juguler la délinquance, peuvent s'avèrer être un frein à l'attractivité. On croyait - enfin je croyais -  Dreux rentrée dans le rang des villes criminellement sensibles en voie de réhabilitation. Fausse impression? Ce palmares pointe à l'évidence les carences du dispositif d'action sociale mais met surtout en relief une situation alarmante circonscrite aux quartiers périphériques. Parlez-en aux travailleurs sociaux ou aux enseignants des Oriels ou des Bâtes. A les entendre, la situation ne cesse d'empirer, mais qui les entend??? Il serait peut-être temps de retirer nos oeillères et considérer que Dreux, sorti de son centre, n'est pas la ville si paisible qu'on veut bien nous vendre.