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21 mai 2012

Un symbole français

Dreux, ville témoin pour un état des lieux de la France provinciale. Voilà comment la très illustre chaîne américaine CNN a abordé son sujet sur les défis économiques que François Hollande devra relever durant son mandat présidentiel. Les drouais sont habitués à voir leur ville en bonne place dans les médias. Pendant pluisieurs années, Dreux a traîné cette lourde réputation de ville sulfureuse, berceau du FN. Comme si elle symbolisait à elle seule les carences de la République et les maux de la société française.

Mais les temps changent. Et l'image de Dreux aussi. Le reportage de CNN présente une ville sinistrée avec sa désindustrialisation, ses 5 000 emplois disparus en 20 ans et son chômage à 12%, problème majeur selon Karen Welbrecht et Tufik Chaboune. Une ville dépendante des prestations sociales comme l'affirme l'économiste Ulrich Hege qui vit sous perfusions d'aides publiques en attendant le retour de la croissance. Etrénnant son nouvel habit d'opposant,  Gérard Hamel martèle quant à lui son scepticisme sur le projet socialiste pour relancer l'attractivité économique.

23 avril 2008

La gueule (drouaise) de l'emploi

 

 

Dreux va mal et ça ne date pas d'hier. De 1965 pour être précis. Les syndicats faisaient alors front commun face aux licenciements et aux fermetures d'entreprises du secteur industriel. C'était le temps des premiers soubresauts des trente glorieuses, des appels à manifester, de l'intersyndicale. Quarante-trois ans plus tard, le mode opératoire n'a guère varié et l'industrie demeure toute aussi dépendante des aléas conjoncturels. La différence se situe plutôt au niveau de la ligne d'horizon des salariés. Quel avenir professionnel peut-on envisager à Dreux quand on a passé 25 ans à bosser en usine? Dans les années 60, on pouvait encore répondre concrètement à cette problématique. Aujourd'hui, à l'époque de la désindustrialisation, on se jette, désespéré, dans une bataille à laquelle on ne croit plus. Même les syndicats ont baissé pavillon, plus affairé à négocier les primes de licenciements que de préserver l'emploi. L'unité syndicale a volé en éclat si j'en crois le responsable de la section CGT de Philips EGT, Manu Georget, dont l'appel à manifester contre le plan social de l'usine des Châtelet est resté sans écho. "J'ai contacté les unions départementales et locales de la CGT, qui m'ont au mieux dédaigné, au pire envoyé promener, et les autres syndicats nous ont adressé une fin de non recevoir" (La Rep, 21/04).

Juste un rappel : Philips EGT purge à nouveau ses effectifs. Après 283 licenciements en 2003 , 279 salariés sont aujourd'hui sur la sellette. Inutile de préciser qu'après l'hécatombe LG Philips, le dégraissage en cours chez Klarius, les sous-traitants s'apprêtent à vivre des lendemains douloureux.

En 1965, peu de temps après ces appels à manifestation, un vaste plan était mis en oeuvre pour redynamiser l'industrie. Aujourd'hui, on nous suggère gentiment d'aller trouver du boulot ailleurs ou bien de nous adapter aux mutations économiques en changeant de métier.

Alors, l'avenir de l'emploi à Dreux? La mobilité.