26.01.2009
Du bruit dans Landerneau
Marcel Taupin qui revenait d'une cure thermale pour soigner ses rumathismes croisa ce bon matin son ami et voisin André Sanfrapé devant l'étal à légumes de messieurs Barbot père et fils.

- Tiens! Bonjour Monsieur Sanfrapé, quel bonheur de se rencontrer ainsi depuis plus d'un mois que nous ne nous sommes vus!
- Bonjour Monsieur Taupin. C'est vrai que je ne vous ai point revu depuis les fêtes. La dernière fois que nous avons bavardé ensemble, c'était avant Noël.. Hé bien, à propos, il a été généreux avec vous le Père Noël?
- Pensez donc, il m'a apporté de jolis après-skis. J'aurais bien aimé avoir un moulin à café électrique, mais ça viendra un jour, peut-être bientôt...
- Tant mieux pour vous cher Monsieur Taupin, que tous vos désirs soient ainsi exaucés, moi c'est différent. J'en ai marre de ces fêtes, y'en a que pour la marmaille et la grande goule. Les gens, ben y pensent qu'à bouffer et à acheter des téléphones portables.
- Je comprends bien, toutes les semaines maintenant, je reçois de la publicité pour acheter du poulet à 2 euros le kilo ou quatre serviettes de bain pour le prix de trois. J'en ai ras la casquette!
- Et vous avez vu ce ramdam qu'ils nous ont fait avec leurs panneaux publicitaires!
- Ah non !?
- Ben oui, figurez-vous que la Mairie a décidé d'interdire ces panneaux qu'on voit sur la 12 pour Leclerc et Cora. C'est pas un mal, vous me direz. Sauf que les commerçants y râlent soit disant parce que ça leur fait du tort. Y sont jamais content ceux là, toujours en train de se plaindre. Et puis quand c'est pas les grandes surfaces, c'est les petits du centre ville qui font pression parce qu'il y a pas un parking au pied de leur magasin.
- Pour ça dès qu'on les chatouille un peu, ils démarrent au quart de tour!
- Pourtant, j'en aurais à redire sur leurs services et leur sens du commerce... Tenez, c'est simple dès que les affaires vont mal, tout de suite on les entend. En décembre, ils s'en sont pris à cette gentille fille de la mairie, Fabienne Romezin, parce qu'elle avait déplacé la patinoire près de l'Arsenal. Elle a pourtant voulu bien faire, je la connais bien, c'est une brave fille. Et puis tenez, il gèle un petit coup, hop on fait grimper les prix des carottes et des endives!
- La bosse du commerce...
- Vous m'en direz tant! Oh vraiment les choses vont bien mal dans ce bas monde. Et au milieu de tout ça notre bon Maire il nous dit qu'il est confiant. J'aimerais bien être aussi optimiste que lui! De toute façon, chaque année, c'est pareil, il est comme tous ces politicards. Il nous tient à distance avec ses jolies phrases pleines d'espoir. Ben, je vais vous dire Monsieur Taupin, l'avenir ici, il est pas brillant.
- Comme ailleurs. Enfin vous savez, les hommes politiques, c'est comme les parents dans l'éducation de leurs enfants : ils sont pas toujours maîtres de la situation et ils font ce qu'ils peuvent. Enfin j'ai vu dans le journal qu'on allait créer plein d'emplois avec Sodexo à la place de la radiotechnique.
- Pensez-vous! Ca n'ouvrira pas avant septembre. D'ici là, on aura quelques fermertures d'entreprises et puis je sais pas s'il y aura beaucoup de gens de Dreux embauchés. Alors y faut vraiment pas se réjouir trop vite. Bon, Monsieur Taupin, je vais vous laisser continuer votre marché. Il faut pas que je tarde car ma femme attend la viande pour la blanquette de veau.
- Vous savez Monsieur Sanfrapé, la blanquette, plus on la réchauffe, meilleure elle est. Allez, bonne journée.
11:46 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, actualités, commerce, emploi
05.04.2008
L'effet boeuf
Dame, quelle devanture ! Demi-carcasses, échines, gigots... Un boucher bien achalandé aurait dit mon grand-père. Au grand désespoir de ce pauvre bovin immortalisé de son vivant avant de finir en pièces détachées.
Au fait, elle se trouvait où cette boucherie?
La réponse par l'image. Pour les explications, voir le commentaire Pierlouim.
07:00 Publié dans La boîte à jeux | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, carte postale ancienne, commerce
07.01.2008
Heureux comme un commerçant ...
... après les fêtes. Hé oui, chaque année c'est la même rengaine du côté du centre ville. On sort la calculette, on se gratte la tête, on recompte, on soupire et total, un bilan mi-figue, mi-raisin. Les causes, elles, sont diffuses, souvent conjoncturelles, parfois légitimes. On vise l'Etat, trop ponctionneur, le consommateur, pas assez frivole, le temps trop froid, trop chaud, trop tiède, la télé qui empêche le client de baguenauder... Alors que faut-il pour donner la banane aux commerçants? Du chiffre, bien évidemment. Mais avec quels biscuits? De belles vitrines? De jolies mines avenantes? Des articles chics et pas chers?
Dressons d'abord un état des lieux de l'activité. Dreux, ressemble à s'y méprendre à toute ces villes moyennes de province. Mêmes franchisés dans la rue principale, abandon des commerces traditionnels, développement fulgurant des points de restauration rapide, mêmes aménagements urbains... L'absence de caractère atypique est avéré, passons donc à l'implantation commerciale.
Tout se concentre aujourd'hui dans la Grande rue et ses rues adjacentes. Au delà, on assiste à un véritable phénomène de désertification avec des boutiques isolées subsistant tant bien que mal. L'ensemble renvoie l'image d'un centre ville recroquevillé, en situation de résistance. Peu diversifié également avec la surinflation de magasins de fringues, de sandwicheries-kebabs, de salons de coiffure et les quasi absences de charcuteries, poissonneries ou merceries.
D'ou vient le problème alors? Des prix, du service, du faible dynamisme commercial? On peut toujours accuser les Coralines de manger le pain du petit épicier, de larges efforts municipaux ont tout de même été réalisés pour l'attractivité des boutiques du centre ville. Les commerçants drouais sont connus pour avoir la gueulante facile mais ont-ils déjà fait leur auto-critique? Pas si sûr...
PS : qu'en pense Jacques Lemare qui fut un vigoureux président de l'union des commerçants drouais au début des années 80 et l'une des chevilles ouvrières des Coralines, le grand centre commercial du plateau Nord?
20:00 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dreux, 28, eure et loir, commerce, centre ville, commerçant
23.12.2006
A la recherche du père Noël géant
Le jour se levait à peine quand Marcel Taupin, soufflant précieusement sur son café au lait, vit passer le père Noël devant sa fenêtre du 1e étage de la rue des pinsons. "Ca doit être un faux" décréta t-il, "les vrais n'existent qu'en Laponie". Mais après coup et après avoir mis un peu d'ordre dans son esprit encombré, il s'interrogea. Le père Noël a beau être un viking bien bâti, c'est quand même curieux de le croiser à 3 mètres d'altitude. Marcel croqua alors son reste de biscotte, endossa son paletot et fila à la rencontre de cet intrus qui venait de bouleverser son petit-déjeuner.
Dehors il fut saisi par un vent glacial et ce grand tumulte qui régnait en centre ville. L'esprit de Noël était bien présent, charriant avec lui les parfums d'épicea et de cannelle. Les rues scintillaient de mille feux, les commerçants, sensibles à la musique du tiroir-caisse, retrouvaient le sourire pendant que les chalands baguenaudaient sous les mélopées des chanteurs à la croix de fer. Attiré par la présence de poneys et de biquettes, Marcel se demanda où était les veaux, vaches, moutons et couvées de la crèche. En guise de réponse, il entendit la cloche du petit train blanc qui sillonnait la ville le temps des fêtes et venait de marquer l'arrêt devant lui. "Vous montez" lui proposa le chauffeur. Il accepta, considérant qu'il avait plus de chance de localiser son individu en utilisant ce moyen de transport.
Installé aux premières loges parmi des enfants contemplatifs, Marcel eut droit à une visite guidée et à deux dragibus offerts par une petite fille assise à ses côtés. (Songeur, il reconnut son bonheur de mener une existence de plaisirs. Il venait de lire Delerm et depuis, il prêtait attention à la rosée du matin et aux petits pois écossés). Les rues de Dreux défilaient sous ses yeux mais aucun bonhomme en combinaison rouge n'apparut à l'horizon. Il descendit en Grande rue au moment où débutait l'époustouflante parade des oies sur un air d'accordéon. Charmé par le ballet des volatiles, il entreprit toutefois de quitter les lieux, le fond de l'air devenant frais et son cache-nez contenant difficilement les assauts du froid.
A cet instant il rencontra deux longues tiges de bois qui évacuèrent aussitôt sa perplexité matinale. Il y était enfin. Face à lui, un père Noel de 3 mètres de haut, sur des échasses. Voilà, c'était donc ça... Et Marcel d'avoir cette remarque pleine de sagacité : "Dites-moi, comment que vous faites pour descendre par la cheminée avec vos engins aux pieds?"
09:05 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dreux, 28, eure et loir, UCAD, commerce, animation, noël






