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24 janvier 2010

Le nez dans la poudreuse

La scène était féerique au petit matin du 7 janvier dernier. Eclairé par un fringant soleil, le blanc manteau avait recouvert la ville l’espace de quelques heures avant le passage des premières automobiles et des badauds. Les cantonniers, mal équipés face à ce type d’intempéries, intervenaient pour saler la voierie mais laissaient la bonne volonté individuelle déneiger une partie des allées et trottoirs.

Autour de la grande rue, quelques commerçants avaient bravé le froid et les difficultés de circulation pour venir ouvrir leur échoppe. Sur place, chacun rivalisait d’ingéniosité pour faciliter l’accès à son pas de porte.

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Ce coiffeur de la rue Porte-Chartraine aura assurément trouvé la bonne formule pour replier le tapis blanc.

07 janvier 2008

Heureux comme un commerçant ...

1db540bb58cb28eb9cfdec8e1d93ea34.jpg... après les fêtes. Hé oui, chaque année c'est la même rengaine du côté du centre ville. On sort la calculette, on se gratte la tête, on recompte, on soupire et total, un bilan mi-figue, mi-raisin. Les causes, elles, sont diffuses, souvent conjoncturelles, parfois légitimes. On vise l'Etat, trop ponctionneur, le consommateur, pas assez frivole, le temps trop froid, trop chaud, trop tiède, la télé qui empêche le client de baguenauder... Alors que faut-il pour donner la banane aux commerçants? Du chiffre, bien évidemment. Mais avec quels biscuits? De belles vitrines? De jolies mines avenantes? Des articles chics et pas chers?

Dressons d'abord un état des lieux de l'activité. Dreux, ressemble à s'y méprendre à toute ces villes moyennes de province. Mêmes franchisés dans la rue principale, abandon des commerces traditionnels, développement fulgurant  des points de restauration rapide, mêmes aménagements urbains... L'absence de caractère atypique est avéré, passons donc à l'implantation commerciale.

Tout se concentre aujourd'hui dans la Grande rue et ses rues adjacentes. Au delà, on assiste à un véritable phénomène de désertification avec des boutiques isolées subsistant tant bien que mal. L'ensemble renvoie l'image d'un centre ville recroquevillé, en situation de résistance. Peu diversifié également avec la surinflation de magasins de fringues, de sandwicheries-kebabs, de salons de coiffure et les quasi absences de charcuteries, poissonneries ou merceries.

D'ou vient le problème alors? Des prix, du service, du faible dynamisme commercial?  On peut toujours accuser les Coralines de manger le pain du petit épicier, de larges efforts municipaux ont tout de même été réalisés pour l'attractivité des boutiques du centre ville. Les commerçants drouais sont connus pour avoir la gueulante facile mais ont-ils déjà fait leur auto-critique? Pas si sûr...

PS : qu'en pense Jacques Lemare qui fut un vigoureux président de l'union des commerçants drouais au début des années 80 et l'une des chevilles ouvrières des Coralines, le grand centre commercial du plateau Nord? 

18 janvier 2007

A qui profite le tri sélectif?

Dans le bras de fer qui oppose la CAdD à certains commerçants du centre-ville au sujet du ramassage des déchets ménagers, le président, Gérard Hamel, est venu apaiser les esprits en jouant les pompiers de service. Rassurant et ouvert, il déclare qu' "on ne peut pas revoir ce qui est fait pour le tri sélectif. Mais il ne faut pas négliger les cas particuliers. L'enlèvement des déchets des commerçants est considéré globalement aussi bien au niveau de la taxe que du service. Je crois que le système de conventions signé entre la collectivité et le commerçant serait plus pertinent. Avec certains commerçants comme les bouchers et les fleuristes, on est très loin des besoins des particuliers".

Loin des turpitudes drouaises, Benoît Duteurtre, dans Chemins de fer,  pose un regard vitriolé sur la gestion du recyclage des déchets par les pouvoirs publics. D'après lui,  le discours écologique masque un plan d'économie auquel nous participons activement pour le "respect de l'environnement". On peut justifier la mise en place d'une politique de tri sélectif à condition que les collectivités assument pleinement leur mission de service public. Extraits :

" Les containers de tri sélectif contribuent à faire le bien. Ici, le Nouveau Monde impose ses usages en rassemblant les ordures sous le nom de "propreté", en utilisant la population comme un personnel corvéable à merci, en contraignant chaque citoyen à accomplir lui-même le travail d'éboueur, et en présentant cette contrainte comme un progrès. Dans un monde où le sacrifice de chacun doit contribuer au bien de l'économie, l'Espace propreté se désigne à la fois comme un instrument en faveur de l'environnement, un mode de financement de la recherche médicale, un moyen pour l'administration municipale de réduire ses charges. [...]

En quoi ce genre d'installations améliore-t-elle l'existence des citoyens? [...] Désormais, chacun doit procéder à ce tri lui-même. Pour justifier cet effort individuel, on agite l'argument du "bien public". En vertu d'une sorte de boy-scoutisme, la charge de travail supplémentaire consacrée par chaque citoyen à son  temps-ordure est entièrement bénévole - en phase avec une société dans laquelle il faut travailler davantage et gagner moins... Tout cela pour le seul bénéfice de l'Entreprise de ramassage d'ordures dont le camion passe une fois par mois vider les containers. Sous prétexte d'alléger les charges municipales, ladite entreprise fonctionne avec un minimum de personnel, à partir du travail effectué gratuitement par les citoyens. Quant au gain pour l'environnement, il ne tient compte ni de la dégradation du paysage, ni des émanations de pourriture qui s'exhalent.[...]

Une bonne partie des ordures récupérées dans les containers sélectifs est fréquemment remélangée après récupération. Beaucoup d'entreprises n'ont pas l'organisation nécessaire pour assurer le recyclage, et les déchets sont finalement détruits. Dans ces conditions, l'effort des citoyens qui trient leurs ordures ne constitue qu'une opération d'asservissement, un geste factice recouvrant une brutale réalité économique : la réduction du personnel de l'entrepris de ramassage, la réduction du personnel municipal, l'abandon par les communes des services réellement utiles, au profit de quantité d'investissements pompeux : aménagements de parkings, élargissement et bitumage des chemins, installations de réverbères et d'autres espaces de propreté. Ainsi vont la modernisation et le progrès social au secours d'un système économique dont la santé - toujours près de rechuter - exige de chacun une contribution accrue, un travail plus intense, une solitude plus résignée dans l'accomplissement des mille et une tâches quotidiennes qui justifiaient autrefois l'existence de mille et un métiers".