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06 décembre 2008

Films à tisser

J'aime les analogies et je vais vous le prouver. Il y 25 ans, le cinéma Celtic baissait définitivement le rideau. Un peu comme le Delta il y a quelques jours, mais pour une autre raison.  Les finances étaient au plus bas, les exploitants démoralisés, le public évadé vers la vidéo. La fermeture du Celtic sonnait la fin du cinéma de quartier, la fin d'une salle édifiée en 1948 par le patronage Saint-Jean qui fêtait à cette occasion ses cinquante ans. Ses 110 ans cette année.

Juste pour rappel : le patronage Saint-Jean fut crée par l'abbé Georges Faligan. Il fut à l'origine de nombreuses oeuvres sociales qui perdurent pour certaines encore aujourd'hui : le coin de terre, le foyer des jeunes travailleurs, les colonies de vacances à Saint-Briac ou Saint-Gervais-les-Bains, l'orchestre et la batteire fanfare, l'Alliance de Dreux, le cinéma le Celtic.

Par le plus grand des hasards, j'ai découvert l'existence d'un film sur l'inauguration du Celtic. Un document rare qui date de 1948 filmé en 16mm qu'il m'est bien entendu impossible de vous diffuser. On y voit tout un tas de choses très intéressantes avec un défilé des sections sportives du patronage, un déjeuner entre huiles écclesiastiques et personnalités drouaises et les derniers coups de truelles avant l'inauguration de la nouvelle salle.

Cette petite merveille peut être vue. Mais pour cela, il faudra patienter quelques temps jusqu'à la prochaine séance drouaise organisée par Centre Images, instigateur de ces projections et dont l'une des missions est de de collecter les films amateurs tournés en région Centre. Ca tombe bien, ce jeudi à Anet, il sera possible de voir quelques extraits de ces films tournés à Dreux et aux environs. Tout ça pour vous dire qu'une mémoire locale existe en images animées et qu'elle dort secrètement dans des boites au fond d'un carton en haut d'un placard peut-être chez vous ou chez votre voisin.  Alors n'attendez pas, sauvegardez ce patrimoine inestimable en contactant Centre images. Et exhumez ces reliques, qu'on en profite aussi.

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05 novembre 2008

Flic ou voyou

Café de l'époque : casting de figurants pour le prochain film d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau : "L'arbre et la forêt".

Travelling sur un groupe accoudé au zinc. Vues sur quelques figures locales : Philippe Patrigeon président des anciens combattants, Remi Heuline, ancien policier municipal, Dominique Delarue du centre de secours principal des pompiers de Dreux. Plan large d'un jeune s'excitant sur le flipper.

Dautrem.jpgGros plan sur Jacques Dautrême, conseiller régional d'eure et Loir sous étiquette FN qui se confie au journaliste de l'Action Républicaine.

- J'ai joué plusieurs fois dans la série PJ. Je voulais jouer un rôle de flic mais on m'a collé un rôle de voyou.

- Ca, faut pas contrarier les vocations...

- Ouais, ben si ça continue, les réals, j'vais m'en occuper. Et aux quat' coins de Paname qu'on va les retrouver, façon puzzle!

- Calme-toi! Tiens, prends une petite Suze, ça va t'aider à digérer.

- Des voyous! J't'en fouterais moi! Et pourquoi pas un dictateur pendant qu'on y est? J'en ai ras le bonnet. Je vais retourner faire de la figuration en politique.

Travelling arrière. Sortie du bar. Générique de fin.

15 octobre 2008

C'était la dernière séance...

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...et le rideau sur l'écran est tombé. Voilà, le Delta, c'est fini. Snif. Hier soir, sur le coup de minuit, les portes se sont refermées, à jamais. L'histoire continue avec le Ciné Centre, le futur multiplexe, mais voilà, l'avenir du Delta me préoccupe. Que va devenir ce temple du septième art bâti sur les fonts baptismaux de l'Eden et qui avait nécessité de gros travaux pour sa construction? Il avait fallu creuser profond pour encastrer deux salles en sous-sol et à cette occasion les ouvriers du chantier avaient même découvert un souterrain reliant le cinéma à l'ancienne chapelle. Aujourd'hui, il va rester un joli complexe, un peu défraîchi certes mais qui dispose de belles capacités et de beaux volumes.

Mais pour revenir à ma question initiale, donc, que va devenir l'ensemble? Peut-être qu'un sympathique internaute pourra nous informer sur l'avenir du Delta. Sinon, spéculons - à titre gratuit, je tiens à le préciser, en ces périodes de turbulences financières. Moi, par exemple, j'imaginerais bien un auditorium des musiques avec différents styles selon les salles. Ou bien un cinéma spécialement dédié à la projection du Rocky Horror Picture Show. Ou un théâtre expérimental... Si vous avez des idées, des suggestions, c'est juste en dessous, sur le lien "commentaire".

06 octobre 2008

Clap de fin...Moteur!

chtx 075.jpgDans quelques jours, les projecteurs du cinéma Delta s'éteindront, définitivement. Il restera à la fin de la dernière séance un peu de pop-corn sur la moquette, un emballage d'esquimau coincé entre deux sièges. Et des souvenirs, forcément. D'affiches, d'ambiance, de guichetiers. De décor, comme cet épais crépi au mur et ce grand rideau à fenêtres publicitaires. De gens, bien sûr, que l'on retrouvait sur le trottoir pour "refaire" le film. Et puis il y a ces condensés de vie qui remplissent notre pendant nostalgique avec leurs instants d'émotion ou d'ennui profond. Un flirt en suivant "La Boum" du coin de l'oeil . Un frisson passager  pendant "Amytiville". Une franche rigolade avec "La cage aux folles". Un baillement pour le "Pirate des Caraïbes II".

Depuis longtemps, on se plaignait du Delta. De sa programmation. De ses sièges. Du mauvais son. D'un public parfois trop chahuteur. D'autres persifleurs ont repris le refrain de la complainte lorsque les époux Brunet, propriétaires du Delta ont lancé dans les tuyaux leur idée de multiplexe. Trop couteux. Trop subventionné. Irréaliste. Mais le cinéma, c'est aussi du rêve, il faut avoir un peu la tête dans les étoîles pour y croire. Alors les Brunet ne se sont pas démontés et sont allés au bout de leur projet.  Un multiplexe pour satisfaire aux envies des cinéphiles drouais. 1535 places, 9 salles, 250 séances par semaine, un café, de la V.O... Un gigantisme relativement déconcertant pour Dreux, mais on reparlera business un peu plus tard si vous voulez bien. Place au spectacle et au divertissement. Soufflez les lumières et ouvrez grands vos yeux. Chut...

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L'une des salles du multiplexe drouais baptisé "Ciné Centre".

 

01 mai 2008

Quand Dreux faisait du cinéma

Ce soir, si l'envie vous prend de retrouver un court instant certains aspects du centre ville des années 70, appuyez sur la touche 3 de votre télécommande. Vous verrez La carapate, une comédie de Gérard Oury, partiellement tournée à Dreux bien que nulle mention de la ville ne figure au générique. Pour des raisons de logistique, le réalisateur de La Grande vadrouille était venu y filmer deux scènes. Une première à la gare ; une autre place Metezeau.

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Le tournage fut un évènement sur le plan local puisqu'en plus du decorum et des vedettes présentes (Pierre Richard, Victor lanoux, Jean-Pierre Darras et Raymond Bussières), près de 120 drouais avaient été recrutés par l'ANPE pour y faire de la figuration. Certains s'en souviennent encore. Les autres prendront des vessies pour des lanternes puisque pour les besoins du scénario, l'action se déroule à Auxerre. Les bourguignons auront toutefois quelques difficultés à reconnaître leur ville, chose à laquelle les vieux drouais ne failliront pas.