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21 mai 2012

Un symbole français

Dreux, ville témoin pour un état des lieux de la France provinciale. Voilà comment la très illustre chaîne américaine CNN a abordé son sujet sur les défis économiques que François Hollande devra relever durant son mandat présidentiel. Les drouais sont habitués à voir leur ville en bonne place dans les médias. Pendant pluisieurs années, Dreux a traîné cette lourde réputation de ville sulfureuse, berceau du FN. Comme si elle symbolisait à elle seule les carences de la République et les maux de la société française.

Mais les temps changent. Et l'image de Dreux aussi. Le reportage de CNN présente une ville sinistrée avec sa désindustrialisation, ses 5 000 emplois disparus en 20 ans et son chômage à 12%, problème majeur selon Karen Welbrecht et Tufik Chaboune. Une ville dépendante des prestations sociales comme l'affirme l'économiste Ulrich Hege qui vit sous perfusions d'aides publiques en attendant le retour de la croissance. Etrénnant son nouvel habit d'opposant,  Gérard Hamel martèle quant à lui son scepticisme sur le projet socialiste pour relancer l'attractivité économique.

04 juin 2008

Blues de travail

Il y a peu, j'ai lu sur l'un des forums de l'Echo républicain que 500 emplois étaient en jachère alors que la ville compte près de 5000 chômeurs. Une relation un rien provocatrice dans un contexte social agité. Pensez-donc, le chômeur, ce parasite qui vit sur le dos des travailleurs, qui refuse l'effort et ne pense qu'à l'argent facile. Hein! On s'émeut de voir des chômeurs grassement indemnisés, en tout cas suffisamment pour refuser des offres d'emplois payées au plancher alors que de courageux smicards s'échinent à des tâches usantes.

Le chômage ne se résume pourtant pas aussi simplement à un problème de motivation mais de plus en plus à un défaut de qualification. Car aujourd'hui, dans un marché du recrutement où l'on opère à flux tendu, les entreprises sont de plus en plus exigentes vis à vis des candidats. Les tests de sélection sont à cet égard édifiant, pour certains il ressemble même un à chemin de coix. Et dans une agglomération en pleine mutation économique, il faut en plus s'adapter à une demande qui ne correspond pas toujours aux ressources humaines dont elle dispose.
 
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Actuellement, la tendance s'oriente vers la distribution, pourvoyeur, grâce aux Coralines, de postes à consonnances commerciales. Mais il reste encore et toujours les métiers de services et de l'artisanat. Coiffeurs, cuisiniers, plombiers... Des profils qualifiés, une main d'oeuvre opérationnelle de suite. Certains ouvriers du secteur industriel, aujourd'hui sur le carreau, vont devoir passer par la case reconversion pour retrouver une activité sur le plan local, à condition toutefois d'obtenir les financements pour la formation. Et d'avoir suffisamment de grinta pour redémarrer nouvelle carrière.

La pénurie de main d'oeuvre qualifiée constatée, les employeurs seraient-ils prêts à former leurs futurs employés inexpérimentés? Les demandeurs d'emploi sont-ils d'accord pour sacrifier leur carrière, réduire leur niveau de vie en s'engageant dans une voie professionnelle nouvelle pour rester dans la région? Car si certains partent, d'autres veulent aussi rester. Gérard Hamel en parlait durant sa campagne électorale : l'un des grands chantiers de sa mandature sera l'emploi et la formation professionnelle. Mais que faire contre la désaffection de certains secteurs en tension, délaissés en raison de leur pénibilité ou de leur manque d'attractivité? La stimulation passera inévitablement par la revalorisation salariale. Sur ce point, on en est - hélas - encore très loin.