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30 septembre 2012

Le bazar de la place Mésirard

On a beaucoup jasé cet été au sujet de cette idée saugrenue de construire une galerie commerciale (pardon il faut dire "extension commerciale") place Mésirard, à l’emplacement de l’ancienne place St Gilles, autour du musée d’art Moderne, l'« Ar(t)senal ».

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Beaucoup de gens se sont agités sur le thème halte à la défiguration de la perspective sur la Chapelle Royale ou alors ras-le-bol de tout ce bâti et de ces promoteurs qui se remplissent les fouilles. Palabrer, c'est bien, cela entretient les relations de voisinages. Architecte à la retraite, Jacques Belluard a même lancé une pétition contre le projet. Gérard Hamel a aussitôt dû communiquer pour circonscrire le brulôt.

Au travers les déclarations et commentaires glanés sur le net, dans la rue, les bistrots, la presse locale et de la bouche de certains élus, il n’y a finalement rien de bien sérieux, désolé si vous vous attendiez à quelques révélations croustillantes. Rappelons juste que nous sommes à Dreux, cité malicieuse et un brin parano, qui aime jouer à se faire peur. Je tairais certains épisodes de la vie politique pour me concentrer uniquement sur des questions d’ordre commercial et d’urbanisme puisque ce sont ici les enjeux ce gentil ramdam.

La municipalité cherche depuis plusieurs années à implanter un ensemble commercial dans un hypothétique circuit chaland. La place du Musée fut un temps la cible d’un projet immobilier. L’idée de l’emplacement n’était pas sotte – en tous cas cohérente pour élargir le périmètre de l’activité commerçante et relier certains secteurs entre eux - mais n'a jamais dépassé le cadre de l'étude de faisabilité.

Comme un leitmotiv, tout le monde s’accorde donc à vouloir dynamiser le commerce du Centre ville. Sauf qu’il ne faut pas toucher au patrimoine, ne pas bouger une pierre, ne pas trouer la chaussée. Alors que peut vouloir dire « dynamiser le centre ville », formule itérative des équipes municipales depuis plus de trente ans quand il s’agit de commerce?

Depuis les créations de Plein Sud et des Coralines, cette formule n’a plus de sens. Dreux, de par sa configuration, n’avait plus les ressources pour accueillir une clientèle de plus en plus nombreuse, exigeante, périurbaine et surtout rompue aux lois de la modernité. Descendre en ville d’accord mais jamais sans mon auto. On a beaucoup transformé le centre ville au cours de ces dernières années. On a changé le plan de circulation, construit des parkings, piétonnisé, en considérant qu'il fallait donner du confort dans les déplacements du consommateur.

Toujours dans un souci d’attractivité commerciale, on a organisé des évènements, réaménagé les espaces urbains, planté de gigantesques massifs de fleurs, enrichit l’offre culturelle... Sans en sentir les retombées financières. Dans un écrin aussi ouatté, on ne comprend toujours pas que le commerce soit à l’arrêt. On ne comprend pas non plus la fermeture des usines drouaises, le chômage, la recession, la révolution du e-commerce, bref quelques mutations du monde moderne qui impactent sur le développement commercial du centre ville d’une commune de 3o000 habitants encerclée par les zones de grande distribution.

Par les temps qui courrent, Dreux a sans doute atteint  sa capacité « normale » de commerces.

Alors ce projet d’extension commerciale place Mésirard ne peut être pris que comme une stratégie d’entrainement, destinée à exciter l'appétit de certaines enseignes à qui l’on ferait croire au potentiel d’enrichissement et de développement du commerce local. Attendons juste de voir ce qu’il y aura en lieu et place d’Eurodif pour se projeter vers la construction de nouveaux bâtiments.

Dans la gestion de cette tempête dans un verre d’eau, Gérard Hamel aura une nouvelle fois montré son agacement à toute forme de contestation, tolérant assez mal la polémique. Car cette pétition est plutôt sympathique et témoigne finalement de l’intérêt que de nombreux drouais portent à leur ville.

Post-Scriptum : Dans un communiqué du 6 novembre, Gérard Hamel nous annonce l'abandon du projet d'aménagement urbain et commercial de la place Mésirard. Il justifie cette épilogue de manière assez lapidaire. "Les contraintes imposées par la Municipalité (préservation des vues sur la Chapelle Royale et ses remparts, entre autre) n'ont pas permis au promoteur de proposer un projet équilibré financièrement." Une autre manière de dire que le projet n'était pas viable pour le promoteur, soumis comme beaucoup aux effets de la crise.

 

25 octobre 2006

Place de la discorde (II)

L'idée de Gérard Hamel de transformer la place du musée en centre commercial avait soulevé une brise de contestation (voir post du 19/10/2006) même si, pour le moment, il n'est question que d'étude de faisabilité.  Pas de tempête donc mais le vent gronde. L'annonce du projet a fait réagir l'opposition municipale qui en profite pour sortir la boîte à gifles et donner sa vision de l'urbanisme et du commerce local. Morceaux choisis parus dans l'Echo républicain du 24 octobre.

Valentino Gambuto (PS) : " On a laissé le centre ville à l'abandon depuis 20 ans, depuis que Jacques Lemare a rasé le lycée Violette. On aurait dû profiter de l'ancien site TRT pour mettre des commerces aux rez-de-chaussée avec des logements aux étages. ce serait dommage de supprimer la place du musée. Il faut la retravailler avec des arbres et des bancs avec quelques places de parking au lieu de mettre un cube en béton à cet endroit là."

Gisèle Quérité (PC) :" C'est une très belle place qu'il faut conserver. L'idée d'un centre commercial coeur de ville à cet endroit est une grave erreur [...] Il faut d'abord penser penser à l'emploi et faire que les gens vivent à Dreux décemment. Ensuite on pourra penser à un centre commercial en entre-ville. Par ailleur, il y a certains commerces, comme les vendeurs de chaussures qui sont en voie de disparition. On ne fait rien pour attirer les clients en centre-ville. les drouais manquent de pouvoir d'achat [...] De plus de concertation avec les habitants est flagrant dans ce dossier très important pour l'urbanisme de la ville."

Laurent Leclercq (identité Française) : "Le projet paraît surréaliste! La place du musée est un lieu calme et historique [...]  La ville a perdu une cinquantaine de commerces depuis une dizaine d'années [...] C'est une idée du Maire pour, soi-disant, attirer les gens qui sont censés venir de la région parisienne".

A suivre donc ... 

19 octobre 2006

Place de la discorde

Eric Allouche est un brave garçon, soucieux du bien-être de sa mère et du patrimoine local. Aussi quand il apprend qu'un hypothétique projet d'implanter un centre commercial sur la place du musée circule dans les tuyaux de la mairie, son sang ne fait qu'un tour. Il actionne les premiers leviers de pression en constituant une association de défense des riverains, ouvre son blog (http://placedumusee.blog4ever.com), contacte la presse et s'interroge auprès du président de l'UCAD (Union des commerçants et artisans de Dreux). Diable, voilà un homme d'action.

Le maire calme le jeu en fixant une échéance lointaine si (et seulement si) le projet est retenu. Un observateur de la vie locale voit dans ces spéculations un geste politique de la part de Gérard Hamel à l'adresse de Nicolas Pilleux, président de l'UCAD, et au détriment de Jacques Lemare, adjoint municipal dont l'agence immobilière a pignon sur ladite place. Ca suinte l'embrouillamini. Quelqu'un chercherait-il à déstabiliser l'équilibre entre les décideurs locaux et faire apparaître quelques rivalités intestines? Eric Allouche lui est déjà monté au créneau, a bandé son arc, paré à livrer bataille. Même si pour le moment on est plus près d'une tempête dans un verre d'eau que de fort Alamo.