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16 janvier 2010

Un but contre son camp

9782841113934.jpgPrenons un président de la République à la retraite qui pour occuper ses longues journées d'oisiveté décide d'écrire ses mémoires. Quelques mois plus tard, la somme de l'effort s'intitule Chaque pas doit être un but. Jacques Chirac dont la cote de popularité est au zénith depuis qu'il a quitté ses fonctions présidentielles, y consacre un passage sur les fameuses élections municipales de Dreux en 1983.

S'est-il senti obligé d'en parler pour chasser la culpabilité? Pour faire acte de contrition? Olivier Bohin a rapporté dans l'Echo Républicain, la version chiraquienne telle qu'elle apparaît dans son ouvrage. « La percée du front National s'est opérée dès l'automne 1983, à l'occasion des élections municipales partielles de Dreux, en Eure-et-Loir, sans que j'y ai alors prêté suffisamment d'attention. C'est ainsi que j'ai laissé, sans m'y opposer, la droite locale faire alliance au second tour avec le candidat du parti de Le Pen et remporter l'élection dans ces conditions. Je n'ai mesuré qu'après coup la gravité de ce qui venait se produire. »

Vous avez noté comme moi, la faiblesse du chef de parti qui « a laissé sans s'y opposer ». A l'époque, peu de temps après les résultats du scrutin, il tenait pourtant un langage plus direct.  « Je n'aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste RPR-FN. Cela n'a aucune importance d'avoir quatre pélerins du FN à Dreux, comparé aux quatre ministres communistes au Conseil des ministres".

Par ailleurs Jean Hieaux, cité par le même Olivier Bohin, reconnaît que dans son livre l'ancien leader du RPR « se dédouane . Il participait [le soir du second tour des municipales de septembre 1983] à une fête à Rambouillet, en présence d'élus drouais comme Jacques Lemare. A propos de la victoire à Dreux et de l'alliance avec le FN, Chirac a dit : « Si c'était à refaire, il faudrait le refaire. »

 

27 juin 2007

Libé nous remet une louche de FN

1b6abe247683a323a1cda761550cd06c.jpgCa faisait longtemps que la presse nationale ne s'était pas intéressée à Dreux pour son passé frontiste. Allez à peine quelques mois. Dans le jargon journaleux on appelle ça un marronnier, un sujet qui revient de façon cyclique. Dreux a ainsi son bout de gras médiatique au rythme des élections. On en reparlera à coup sûr l'année prochaine lors des municipales.

Pour cette saison, c'est Libé qui s'est collé à la tâche. Libé a toujours aimé venir à Dreux. Sorj Chalandon et Vanessa Schneider y avaient traîné leurs guêtres en 1995 et 1996 pour y tenir un carnet quotidien entre deux tours de scrutin. Cette fois, l'insigne honneur de fouler la Grande rue et les Oriels est revenu à Stéphanie Binet, qui a délaissé temporairement le rap (dont elle est l'une des grandes spécialistes) pour enquêter sur la disparition du FN du paysage local et rappeler les évènements politiques depuis les années 80. Les vieux drouais connaissent déjà l'histoire. Les plus jeunes apprécieront l'aperçu du contexte. Pour ceux qui souhaitent rentrer dans le détail et découvrir l'ambiance pré-électorale de 1983, je vous invite à consulter les actualités d'époque sur Dreux d'hier.


07 février 2007

Le jour où Dreux rejoignit les forces obscures

Septembre 1983. L'alliance RPR-Front National, à l'occasion des élections municipales partielles, provoque un véritable séisme politique. Les médias traitent abondamment du "phénomène" drouais. C'est l'apogée d'un malaise, d'une dislocation, d'une division au sein de la population. En quelques semaines, Dreux, la tranquille provinciale,  devient un laboratoire de sociologie politique. L'image de la ville se détériore et le reste de la France se nourrit de fantasmes les plus insensés sur le climat social local.

Bien documenté, ce clip témoigne du traitement médiatique de l'époque et met à jour l'effarant discours de Jean-Pierre Stirbois, ancien secrétaire général du FN et candidat à ces éléctions. Cette page de l'histoire, aujourd'hui tournée (le FN a quasiment disparu de la scène politique locale et ne présentera pas de liste aux municipales de 2001), suscitera toujours passions et débats. Libre à vous de vous exprimer, si vous le souhaitez.

 

03 décembre 2006

Bruck de décoffrage

"Jean-Pierre Stirbois était un homme très bien". L'hommage posthume de Jean Bruck, placé hors contexte dans une question adressée à Jacques Lemare par la République du Centre, détonne un peu même si elle ne surprend pas.

Pour mémoire, Jean-Pierre Stirbois fut le bras droit de Le Pen au début des années 80. Organisateur de la machine idéologique, il incarnait la tendance nationaliste et solidariste du Front National. Avec 16% des voix obtenues lors des élections municipales de Dreux en 1983, il contraignit la droite à se rallier à son parti. Une "première" qui catapulta le FN sur le devant de la scène politique. Jean Bruck, inscrit sur la liste RPR de Jean Hieaux, bénéficia de cette alliance pour accéder à l'exécutif municipal.

Alors... en quoi il était très bien Stirbois? Aux fléchettes? En histoires drôles? En relations humaines? On veut savoir!!!

Un pavé dans Lemare

Quand il s'agit de préparer le terrain, Jacques Lemare n'est jamais à court de bons plans. Quoi de plus normal pour un agent immobilier? Mais les maisons, les apparts... Jacques en a un peu marre. A 60 ans, la vie commence et il convoque la presse pour évoquer son avenir politique.  Rien de bien bouleversant jusqu'à la question concernant ses liaisons dangereuses avec le FN lors des municipales de 1983. 

On se souvient que Jean Hieaux, chef de file de la droite locale, avait passé un accord avec Jean-Pierre Stirbois pour bouter les socialistes hors de la mairie. Réponse du futur conseiller municipal, néophyte de la scène politique en ce temps-là. "Je comprends que les gens qui n'ont pas connu cette époque ne comprennent pas. C'était un autre contexte, un contexte de guerre civile. 22 vitrines un soir avaient été descendues à la carabine, dans le centre ville". Troublante vision d'une situation certes très tendue mais de la à parler de guerre... Quoiqu'il en soit on pourrait presque interpréter ce pacte RPR-FN comme l'antidote qui allait ramener les bélligerants au calme.

En fait, cette alliance avait reçu la bénédiction des plus hautes sphères des partis de droite. Les différents témoignages  des personnalités politiques sont là pour l'attester. Jacques Chirac, alors président du RPR déclarait : "Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitevement disqualifiés pour donner des leçons en matière de droits de l'homme et de règles de la démocratie". Avant d'ajouter : "Je n'aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste RPR-FN. Cela n'a aucune importance d'avoir quatre pélerins du FN à Dreux, comparé aux quatre ministres communistes au Conseil des ministres". En même temps, François Léotard, secrétaire général du Parti Républicain adressait ses vives félicitations à Jean Hieaux tandis que Jean-Claude Gaudin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale considérait entre les deux tours que "les drouais ne doivent pas se tromper de combat. Il faut battre l'adversaire socialo-communiste". La notion de front républicain existait déjà, mais l'allié était le Front national.