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25 novembre 2013

Marchons, Marchons

C’est une aventure que l'on commémore ces jours-ci, celle d'une poignée de potes traversant le pays pour prêcher la reconnaissance des jeunes français issus de l'immigration. Il y a trente ans, la « Marche pour l’égalité et contre le racisme », plus familièrement appelée la « Marche des Beurs » interpellait l'opinion publique, à tel point qu'un film retrace aujourd'hui cette odyssée des années 80.  

Le mouvement prend sa source à Vénissieux, dans le quartier des Minguettes, théâtre de multiples tensions racistes et d’affrontements avec les forces de l’ordre. En Juin 1983, à l’occasion d’échauffourées entre policiers et habitants du quartier, Toumi Djaida reçoit une balle. Hospitalisé, le jeune homme propose d’organiser une marche pacifique, à la manière de Gandhi. Rejoint dans sa démarche par le curé des Minguettes, Christian Delorme, un groupe d’une trentaine de jeunes part de Marseille le 15 octobre et entame un périple qui doit les mener jusqu’à Paris le 3 décembre. L’itinéraire doit passer par Lyon et Strasbourg mais au vu de la ferveur populaire générée par cette marche, de nombreuses étapes s’improvisent.

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Dreux n'était pas au programme des organisateurs. Mais la percée du Front National aux élections municipales de Dreux en septembre 1983, ne laisse pas le cortège insensible à l’appel des organisations syndicales et politiques (CGT, la CFDT, le PS, le PSU et la LCR) et des associations drouaises. La Marche des Beurs fait ainsi étape à Dreux le 30 novembre 1983. Près de 300 personnes se rassemblent en Grande rue et entament une procession vers le Lièvre d’or, la Croix Tiénac et les Chamards. Christian Delorme, leader charismatique du mouvement, prend la parole, évoque la genèse de cette marche, le combat mené contre le racisme et prône l’intégration d’une jeunesse ostracisée, porteuse d’avenir et d’espérances.

Les marcheurs feront ensuite halte au Cercle Laïque, écouter les « Troubadours modernes » et deviser autour de gâteaux à la noix de coco et d’un thé à la menthe, avant de reprendre la route qui les mènera quelques jours plus tard au palais de l’Elysée. 

07 février 2007

Le jour où Dreux rejoignit les forces obscures

Septembre 1983. L'alliance RPR-Front National, à l'occasion des élections municipales partielles, provoque un véritable séisme politique. Les médias traitent abondamment du "phénomène" drouais. C'est l'apogée d'un malaise, d'une dislocation, d'une division au sein de la population. En quelques semaines, Dreux, la tranquille provinciale,  devient un laboratoire de sociologie politique. L'image de la ville se détériore et le reste de la France se nourrit de fantasmes les plus insensés sur le climat social local.

Bien documenté, ce clip témoigne du traitement médiatique de l'époque et met à jour l'effarant discours de Jean-Pierre Stirbois, ancien secrétaire général du FN et candidat à ces éléctions. Cette page de l'histoire, aujourd'hui tournée (le FN a quasiment disparu de la scène politique locale et ne présentera pas de liste aux municipales de 2001), suscitera toujours passions et débats. Libre à vous de vous exprimer, si vous le souhaitez.

 

03 décembre 2006

Un pavé dans Lemare

Quand il s'agit de préparer le terrain, Jacques Lemare n'est jamais à court de bons plans. Quoi de plus normal pour un agent immobilier? Mais les maisons, les apparts... Jacques en a un peu marre. A 60 ans, la vie commence et il convoque la presse pour évoquer son avenir politique.  Rien de bien bouleversant jusqu'à la question concernant ses liaisons dangereuses avec le FN lors des municipales de 1983. 

On se souvient que Jean Hieaux, chef de file de la droite locale, avait passé un accord avec Jean-Pierre Stirbois pour bouter les socialistes hors de la mairie. Réponse du futur conseiller municipal, néophyte de la scène politique en ce temps-là. "Je comprends que les gens qui n'ont pas connu cette époque ne comprennent pas. C'était un autre contexte, un contexte de guerre civile. 22 vitrines un soir avaient été descendues à la carabine, dans le centre ville". Troublante vision d'une situation certes très tendue mais de la à parler de guerre... Quoiqu'il en soit on pourrait presque interpréter ce pacte RPR-FN comme l'antidote qui allait ramener les bélligerants au calme.

En fait, cette alliance avait reçu la bénédiction des plus hautes sphères des partis de droite. Les différents témoignages  des personnalités politiques sont là pour l'attester. Jacques Chirac, alors président du RPR déclarait : "Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitevement disqualifiés pour donner des leçons en matière de droits de l'homme et de règles de la démocratie". Avant d'ajouter : "Je n'aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste RPR-FN. Cela n'a aucune importance d'avoir quatre pélerins du FN à Dreux, comparé aux quatre ministres communistes au Conseil des ministres". En même temps, François Léotard, secrétaire général du Parti Républicain adressait ses vives félicitations à Jean Hieaux tandis que Jean-Claude Gaudin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale considérait entre les deux tours que "les drouais ne doivent pas se tromper de combat. Il faut battre l'adversaire socialo-communiste". La notion de front républicain existait déjà, mais l'allié était le Front national.