29.02.2008
Marivaudage à la mode drouaise
C'est de notoriété publique à notre échelle locale : Gérard Hamel et Michel Lethuillier ne s'entendent pas. Dès que l'un ouvre la bouche, l'autre éternue. Un problème d'isolation et de courants d'air, dit-on.
A l'origine du contentieux, Michel, maire de Cherisy, refuse d'adhérer à la CAdd (Communauté d'agglomération du drouais). La rebuffade n'est pas du goût de Gérard qui tire aussitôt le rideau de fer entre les deux communes, non sans avoir réglé au préalable ses comptes avec le récalcitrant en dépêchant deux de ses sbires pour le virer manu militari alors qu'il voulait s'introduire au Parc des expositions lors de la création de la CAdD.
Depuis, nous assistons à des règlements de compte en série entre les deux édiles qui, signalons-le, appartiennent à la même famille politique. Au programme, bâtons dans les roues, friction à l'invective, boîte à gifles. Un peu comme deux bons copains de vestiaires qui au moment de la douche, enroulent leur serviette et se cinglent avec. Un jeu complètement stupide mais qui fait mâle.
Pour les cantonales, par exemple, Gérard a répandu du poil à gratter. En adoubant Tayeb Touazi, conseiller sortant du maire de Dreux, et adversaire désigné de Michel Lethuillier, il savonne le terrain de son ennemi préféré, élu depuis ... 1982, me semble-t-il - il faudrait demander confirmation à Alain Fillon qui mord la poussière à chaque scrutin sur le canton de Dreux-Est.
Michel, pourtant d'un naturel placide, s'est d'un seul coup emporté, exprimant, par voie de presse, son incompréhension devant tant de haine.
Gérard, lui ne pardonne pas et mitraille à tout dézinguer, tel un amant déchu, le coeur brisé rattrapé par l'orgueil.
En m'en tenant à leurs déclarations respectives, je me suis permis d'adapter ce petit ce drame en un acte (manqué) que j'ai intitulé "Fais moi mal chéri, chéri ".


La scène : une grande demeure bourgeoise près de la gare de Dreux. La lumière est hamiltonienne, un feu crépite dans la cheminée, une douce musique d'ascenceur brise l'ambiance glaciale du salon. Michel, debout, s'agite à faire les cent pas; Gérard, stoïque mais l'air renfrogné est assis dans le sofa les mains jointes, comme pour prier.
Michel : Que de haine et que hargne! C'est de l'acharnement! Tu ne t'es jamais excusé de m'avoir viré du Parc des expos ; Tu as un problème d'éducation!
Gérard : Un peu de décence!
Michel : Tu dis que je n'aime pas Dreux. Tu mens! J'y ai mes racines, c'est la ville où ma famille est née. J'y ai suivi toute ma scolarité primaire et secondaire et j'y ai rencontré mes premières petites amies.
Gérard : Tu tires depuis 6 ans sur Dreux et tu viens aujourd'hui lui déclarer ta flamme!
Michel : J'aime la ville de Dreux et je reconnais qu'elle évolue positivement, que la construction des parkings est une bonne chose.
Gérard : Tu n'as pas manqué de m'attaquer depuis 4 ans
Michel : Je peux aimer la ville mais avoir des réserves sur la personnalité de celui qui la dirige. Tu fais un amalgame erroné. Et puis arrête de bloquer tous les projets économiques qui donneront du travail à nos familles. Tu as bloqué l'Ecomarché de Cherisy, j'ai dû aller en commission nationale pour avoir gain de cause!
Gérard : J'étais contre car il entrait en concurrence avec celui d'abondant.
Michel : Avec Alain Fillon, tu bloques l'installation d'un Brico-dépôt à Chérisy!
Gérard : Ce Brico-dépôt détruira des emplois en faisant une concurrence aux enseignes installées
Michel : Tu retardes la construction de l'échangeur Germainville-Serville et tu ralentis l'implantation des établissements Segurel!
Gérard : Rien ne sera fait tant que l'échangeur de Serville ne sera ouvert. Le maire de Germainville est venu me voir pour me demander de reprendre le dossier qui n'avançait pas et je suis allé le défendre devant le ministre Perben. C'est maintenant programmé mais ça ne se fera pas avant 2010.
Michel : Et quand tu affirmes que le POS de Chérisy ne permet pas l'implantation d'un hôtel prévu à la Croix de raville sur la RN12. De quoi te mêles-tu?
Gérard : Il n'y a rien derrière, ce n'est pas une chaîne hotellière mais un petit investisseur privé drouais!
Michel : Je te demande de me respecter! En fait tu veux m'éliminer, me "tuer", sans doute pour mieux avoir à ta botte celui qui pourrait me succéder.
Gérard : Désolé mon choix est fait : je soutiens Tayeb
Michel : Tu as apporté ton soutien aux candidats de la majorité du conseil général et aujourd'hui tu renies ta parole!
Michel : J'ai validé le dossier attribuant 3,5 millions d'euros à la CadD
Gérard : Tu n'as jamais participé à ça, tu n'as jamais été pour une seule action du conseil général qui intéresse Dreux
Michel : Enterrons la hache de guerre... Moi je n'ai ni haine, ni rancune, car l'éducation que j'ai reçue m'a enseigné l'amour et le respect de son prochain par la tolérance et l'enrichissement de nos mutuelles différences!
[silence]
Gérard : Non. Entre nous c'est fini.
Rideau.
(Avec l'aimable contribution des protagonistes et de l'Action républicaine).
20:03 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : dreux, eure et loir, 28, gérard hamel, michel lethuillier, chérisy, contentieux
24.01.2007
Eoliennes contre vents et marées
Oublions Dreux et visitons un instant dans le charmant village de Germainville, calme en temps ordinaire, fortement agité depuis quelques jours. Au coeur du tumulte, un maire qui concède trop facilement un terrain pour l'implantation d'éoliennes et une association de riverains farouchement opposée au projet.
A l'énoncé de son nom, on croirait l'ACEDUP (Association contre l'établissement d'usines polluantes) plutôt favorable aux énergies vertes. Impression renforcée après son militantisme actif en 2001 contre l'installation d'une compostière. Mais voilà, l'argument écologique a ses limites quand le respect de l'environnement est jeté en pâture. Alors quand Monsieur le Maire accorde un visa à la société Gamesa pour la construction de douze éoliennes, ça coince aux entournures."Cette initiative posent de multiples problèmes, notamment de santé publique à cause des infrasons émis et de sécurité car trop près des habitations et des routes. Et ne parlons pas de la dépréciation des biens immobiliers, évaluée à 30% " lache un porte parole.
Les énergies renouvelables ont pourtant meilleure presse que l'industrie nucléaire mais sur le terrain, les réticences s'affirment. On évoque les nuisances sonores, la pollution visuelle, des fondations gourmandes en béton armé. On se demande même si le rendement en électricité produit par les éoliennes justifie un tel investissement. Pour l'ACEDUP, le combat risque toutefois d'être vain puisque la mairie vient de délivrer un permis de construire à Gamesa. Mais l'association tient à se battre, même contre des moulins à vent.
10:05 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Germainville, éolienne, énergie, ACEDUP, association, environnement, polemique
15.01.2007
Tri sélectif : Valentino Gambuto met les pieds dedans
En bon bûcheron de la politique, Valentino Gambuto fait feu de tout bois et ce malgré le redoux. Emboitant le pas des commerçants drouais mécontents des nouvelles dispositions concernant le tri sélectif, le chef de fil des socialistes s'est une nouvelle fois fendu d'une grosse colère dans les colonnes de l'Echo Republicain (10 janvier).
"Les commerçants du centre ville sont mécontents et ils ont raison. Ils ne sont pas les seuls à être gênés par les changements opérés dans le ramassage des ordures ménagères. Les habitants aussi commencent à souffrir depuis qu'il n'y a plus qu'un seul ramassage au lieu de deux".
Le leader de l'opposition locale précise toutefois sa position sur les questions environnementales, en soutenant les mesures entreprises par la CAdD. Mais fin stratège, il tâcle son ennemi préféré.
" Si le passage au tri sélectif représente un surcoût pour la CAdD, c'est à la mairie [de Dreux] de prendre en charge cette part et non aux commerçants ou aux riverains qui demandent un deuxième passage. Elle paye bien ce service à la CAdD autour du marché couvert, les jours de marché, pour les non-sédentaires, elle peut bien le faire pour les sedentaires et les riverains".
Gambuto, maire de Dreux, c'est la promesse de rues sans un grain de poussière.
19:40 Publié dans Minus politicus, Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dreux, PS, ramassage, déchets ménagers, ordures ménagères, tri sélectif, polémique
09.01.2007
L'épineux ramdam des acacias
Bonne nouvelle : les Gao et les Seguini sont réconciliés. Vous êtes bien contents pour eux et vous avez raison. Le contentieux qui les opposait depuis quelques semaines a été réglé à grand renfort de bonne intelligence, de concessions et de compréhension. Il en faut guère plus pour un conflit de voisinage.
Les faits. Le 22 décembre, les époux Gao, propriétaires d'une supérette boulevard Henri IV, crèvent l'abcès. Depuis des mois ils encaissent les agissements irrespectueux des turfistes du bar-PMU mitoyen - Les acacias - qui squattent le petit parking de leur commerce, obligeant leurs clients à faire demi-tour, faute de places disponibles. La police municipale est alertée et elle verbalise les véhicules non autorisés à stationner. Les parieurs du débit de boissons - tenu par les époux Seguini - s'insurgent, à peine conscients qu'ils viennent d'échapper à un fatidique alcotest et boycotte instamment le pastis de la supérette.
Mécontents du traitement infligé à leur clientèle, les Seguini se plaignent alors des livraisons nocturnes et tapageuses du magasin, à l'heure où les insomniaques regardent "Très chasse" sur TF1. Monsieur Seguini n'aime pas être dérangé dans son sommeil et il le fait savoir. Le ton monte, les rapports s'enveniment jusqu'à ce qu'un modus vivendi soit établi.
Pour une saine cohabitation entre voisins et l'équilibre social du quartier, les gérants des Acacias s'engagent à discipliner leur clientèle en l'incitant à se garer ailleurs ou à venir en vélo. Les Gao installeront une chaîne aux entrées et sorties du parking durant les heures de fermeture. Ils repousseront également leurs livraisons de quelques heures. Au moment de "Télé-matin".
La paix semble depuis, revenue sur le plateau nord.
17:35 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dreux, polemique, bar, supérette, parking, stationnement, PMU
25.10.2006
Place de la discorde (II)
L'idée de Gérard Hamel de transformer la place du musée en centre commercial avait soulevé une brise de contestation (voir post du 19/10/2006) même si, pour le moment, il n'est question que d'étude de faisabilité. Pas de tempête donc mais le vent gronde. L'annonce du projet a fait réagir l'opposition municipale qui en profite pour sortir la boîte à gifles et donner sa vision de l'urbanisme et du commerce local. Morceaux choisis parus dans l'Echo républicain du 24 octobre.
Valentino Gambuto (PS) : " On a laissé le centre ville à l'abandon depuis 20 ans, depuis que Jacques Lemare a rasé le lycée Violette. On aurait dû profiter de l'ancien site TRT pour mettre des commerces aux rez-de-chaussée avec des logements aux étages. ce serait dommage de supprimer la place du musée. Il faut la retravailler avec des arbres et des bancs avec quelques places de parking au lieu de mettre un cube en béton à cet endroit là."
Gisèle Quérité (PC) :" C'est une très belle place qu'il faut conserver. L'idée d'un centre commercial coeur de ville à cet endroit est une grave erreur [...] Il faut d'abord penser penser à l'emploi et faire que les gens vivent à Dreux décemment. Ensuite on pourra penser à un centre commercial en entre-ville. Par ailleur, il y a certains commerces, comme les vendeurs de chaussures qui sont en voie de disparition. On ne fait rien pour attirer les clients en centre-ville. les drouais manquent de pouvoir d'achat [...] De plus de concertation avec les habitants est flagrant dans ce dossier très important pour l'urbanisme de la ville."
Laurent Leclercq (identité Française) : "Le projet paraît surréaliste! La place du musée est un lieu calme et historique [...] La ville a perdu une cinquantaine de commerces depuis une dizaine d'années [...] C'est une idée du Maire pour, soi-disant, attirer les gens qui sont censés venir de la région parisienne".
A suivre donc ...
13:25 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dreux, place, polémique, centre commercial, construction, PS, PC
21.10.2006
Du rififi au vieux pré
Parce qu'il en avait "ras-le-bol de se taire", Stéphane Lebarbey a décidé de l'ouvrir. Au lendemain des championnats de France espoirs d'athlétisme, organisés mi-juillet stade du vieux pré, le directeur sportif du Football Club Drouais constate l'étendue des dégâts. Trous béants, pelouse carbonisée : les lanceurs de marteaux et les travaux de rénovation de l'éclairage ont marqué leur territoire. Le terrain d'entraînement est impraticable, la préparation perturbée, les crampons des joueurs iront griffer d'autres gazons. Jean Bruck, grand ordonnateur des compétitions d'athlétisme, cristallise les responsablités et les crispations des dirigeants drouais. Exaspéré, Stéphane Lebarbey rend public le contentieux. Extraits des récriminations publiées cet été par la Rep (1er août).
"Ici rien n'est trop beau pour l'athlétisme, et il est grand temps de comprendre qu'on ne peut pas supporter autant de meetings au détriment des associations locales [...] Il est vraiment temps que ça change, qu'il y ait une véritable politique sportive dans cette ville [...] On essaye de recruter de bons joueurs, de bons éducateurs. Si on ne s'entraîne pas correctement, comment peut-on espérer de bons résultats? Il est clair que si Gérard Hamel ne nous soutenait pas, il n'y aurait pas de football à Dreux [...] Je suis candidat au poste d'adjoint aux sports aux prochaines élections. Il est temps de changer les hommes".
En adroit basketteur, Jean Bruck saisit la balle au bond et, dans un style très académique, expédie les doléances au panier. Il s'explique sur les dégradations, justifie, reconnait, déplore en évitant soigneusement toute polémique. Néanmoins, il tire sa révérence avec à propos. "En tant que dirigeant sportif, dois-je rappeler que la colère est mauvaise conseillère et que la principale qualité d'un sportif, à plus forte raison d'un dirigeant sportif est, et reste la maîtrise de soi". Un rappel à l'ordre éthiquement correct ; Une manière de formuler à Stéphane Lebarbey son devoir de réserve (les deux hommes siègent dans la même équipe au conseil municipal). L'intéressé doit au passage apprécier le ton paternaliste de son aîné, assez peu habitué aux remontrances publiques. En tous cas, l'algarade prouve que l'adjoint au maire ne fait pas l'unanimité au sein de sa majorité. Heureusement ses amis de l'Alliance Basket, reconnaissant l'oeuvre de leur père fondateur, lui consacrent un challenge. Jean Bruck méritait bien un trophée...
10:40 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dreux, stade, polémique, conseil municipal, dégradation, football, athlétisme
19.10.2006
Place de la discorde
Eric Allouche est un brave garçon, soucieux du bien-être de sa mère et du patrimoine local. Aussi quand il apprend qu'un hypothétique projet d'implanter un centre commercial sur la place du musée circule dans les tuyaux de la mairie, son sang ne fait qu'un tour. Il actionne les premiers leviers de pression en constituant une association de défense des riverains, ouvre son blog (http://placedumusee.blog4ever.com), contacte la presse et s'interroge auprès du président de l'UCAD (Union des commerçants et artisans de Dreux). Diable, voilà un homme d'action.
Le maire calme le jeu en fixant une échéance lointaine si (et seulement si) le projet est retenu. Un observateur de la vie locale voit dans ces spéculations un geste politique de la part de Gérard Hamel à l'adresse de Nicolas Pilleux, président de l'UCAD, et au détriment de Jacques Lemare, adjoint municipal dont l'agence immobilière a pignon sur ladite place. Ca suinte l'embrouillamini. Quelqu'un chercherait-il à déstabiliser l'équilibre entre les décideurs locaux et faire apparaître quelques rivalités intestines? Eric Allouche lui est déjà monté au créneau, a bandé son arc, paré à livrer bataille. Même si pour le moment on est plus près d'une tempête dans un verre d'eau que de fort Alamo.
20:00 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dreux, place, polémique, centre commercial, construction



