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15 décembre 2007

Au théâtre ce soir

15aa32f8d372f4e269501780f6b6d758.jpgDans la série "Stars du petit écran résidant à Dreux", intéressons-nous aujourd'hui à la comédienne Muriel Montossey, qui fut au cours des années 80-90, et sous la houlette de l'inénarrable Guy Lux, l'une des figures du divertissement franchouillard et désinhibé. Façon banquet de Ste Barbe ou soirée choucroute de comité des fêtes.

Mais avant d'opérer sous la direction artistique du producteur d'une "Classe" désopilante, la jeune artiste aborde sa carrière par le cinéma. Entre 1976 et 1988, elle navigue - souvent en eaux troubles - entre la gaudriole ("Belles, blondes et bronzées", "Mes réformés se portent bien", "les givrés"...) et les fantasmes fantastico-erotico-mystiques de Jesus Franco (alias Jess Franco, Pablo Villa, Adolf M. Frank...), prolifique réalisateur de films à très petit budget ("Une fille pour les cannibales", "Sale jeu à Casablanca", "Deux espionnes avec un slip à fleurs"...). Contrepoint à sa filmographie, ses apparitions dans quelques films plus "respectables" ("Coup de tête", "Quartet", "Radio corbeau" ) restent toutefois sporadiques. C'est en fait la télévision qui l'extirpe de son relatif anonymat.

A la fin des années 80, l'émission "la Classe", consacre les nouveaux talents du café-théâtre. Chaque soir, au milieu de ses complices Bézu, Blaise et Pompon, elle récite, dans un mélange de sensualité et de candeur, ses fables libertines. Le succès est au rendez-vous ; elle enregistre trois 45 tours, se donne en spectacle au point virgule avec "Show partout", enchaîne les pièces de boulevard et s'offre des partenaires aussi prestigieux que Bernard Menez ou Michel Roux.

La suite s'écrit à Dreux. Pourquoi? Comment? L'appel du grand air sûrement. L'ancienne pensionnaire du cours Florent quitte ses apparats de vamp ingénue pour devenir une drouaise tout ce qu'il y a de plus impliquée dans la vie culturelle locale. Sensiblisant les écoliers au théâtre, puis participant aux dernières fêtes des vendanges. La voilà maintenant auteur et à l'affiche d'un thriller, "Alice rentre au pays", présenté ce soir, au Cercle Laïque. C'est à partir de 20H30 et c'est 12 euros.

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PS : J'ai un doute sur le nom de Muriel. Montossey ou Montossé? Les aficionados sont bien entendu invités à me communiquer la bonne orthographe.

15 août 2007

L'ombre de Gadjo

Je rentre et les nouvelles sont moches. Marcel Bourcier n'est plus. Il faudra faire sans cette silhouette dégingandée qui fut, ces dernières années, omniprésente dans le paysage local. Pas un jour sans la croiser devant la poste, place des fusillés ou au détour d'une rue du centre ville. C'était souvent le premier levé, le cheveu épais, coiffé en arrière, le veston fermé, feu au plancher, le pas alourdi par les Caterpillar. Gadjo - son surnom après un temps passé chez les forains -  était devenu en quelques années, le plus sympathique des marginaux drouais, la gueule du coin la plus reconnue. Les sales gamins qui l'asticotaient doivent aujourd'hui se sentir orphelins. Sa mort n'a pas été douloureuse, juste anonyme sur le coup. Et puis en quelques heures, avec la rumeur, la ville s'est réveillée avec la gueule de bois, réalisant tout juste qu'une de ses mascottes venait de disparaître, sans avoir pu trinquer une dernière fois avec elle.

Une messe en sa mémoire à l'église Saint-Pierre. Plus de 100 personnes - dont certaines personnalités politiques - à son enterrement. Des obsèques prises en charges par la collectivité. Il ne manque plus qu'une statue, à l'endroit où le Marcel posait habituellement son séant en cours de journée, savourant une 8.6 enveloppée dans un sac en plastique. Aujourd'hui, devant le monument aux morts, une ombre plane.

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01 mai 2007

En tenue de Gala

medium_S6005083.JPGDreux à l'honneur dans un magazine people. Ca change des baromètres politiques ou des publi-reportages façon Figaro Magazine ou le Point. Bon, ne nous emballons pas non plus. La cité drouaise ne sert que de décorum à l'article de Gala consacré au Duc d'Orléans alias Jean de France, duc de Vendôme et héritier du trône descendant de Hugues Capet, Saint-Louis, Henri IV, Monsieur, frère de Louis XIV... Le format A3 de la carte de visite ne suffit pas. Jean qui prend la pose en tenue de chasseur - tendance gentry - devant la Chapelle Royale pour soigner sa com'. Très chic.

Le prince de France, célibataire de 41 ans, apprécie son pied à terre drouais - Petit rappel pour les non-initiés : la Chapelle Royale est la nécropole de la famille d'Orléans. Libéré de ses affaires ou du protocole, il essaie d'y être "au moins une fois par mois [...] Ici, je suis heureux". Et l'hebdomadaire d'ajouter dans un élan lyrique "Du chemin de ronde et ses murailles médiévales aux vitraux flamboyants dessinés par Ingres, en passant par les jardins à l'anglaise et à la porte d'Henri IV, la beauté des lieux bouleverse ce prince esthète".

Dreux, c'est vraiment la vie de château. Avec ou sans roi.

16 mars 2007

La télé flashe encore sur Dreux

medium_4330_250_167.jpgL'image n'est pas banale. Bernard de la Villardière assis sur un banc, à l'écart des chalands, répétant ses notes à haute voix. On pouvait assister à cette scène ce matin sur le coup de 10H, place du marché couvert, juste derrière un étal de fruits et légumes. La présence du présentateur d' "Enquête exclusive" (M6) laisse supposer que Dreux fera l'objet d'un prochain traitement médiatique. Mais sous quel angle? La hausse du cours du poireau? Les aménagements urbains ? Et si on venait une nouvelle fois tâter le pouls d'une ville souvent scrutée de près avant les échéances électorales?

24 février 2007

Emportée par l'épuisement

Le film d'Olivier Dahan, "la môme", en témoigne. Une partie de la légende d'Edith Piaf s'est écrite à Dreux, lors de ce récital où, à bout de forces, elle s'accroche avec un courage exemplaire jusqu'à tomber en syncope.

La chanteuse est alors en proie à de graves soucis de santé. Elle a subi deux accidents graves en voiture (dont un en 1958 avec Georges Moustaki), fait plusieurs malaises sur scène (notamment en Suède puis à New York) et parait complètement exsangue, à bout de forces. Ses problèmes d'alcoolisme l'amène à sa faire opérer d'une pancréatite le 22 septembre 1959. Pour autant, elle maintient sa tournée en France qui débute le 20 novembre et que certains observateurs qualifient de "tournée suicide".

Le 13 décembre 1959, la chanteuse se produit sur la scène de la Salle des fêtes (aujourd'hui le Théâtre). Dans son édition du 16 décembre, l'Action  Républicaine rend compte du déroulement de la soirée.

Dreux,Edith Piaf,la môme,concert

"[...] Pendant 40 minutes, les 500 spectateurs de la salle des fêtes de Dreux ont assisté à un extraordinaire combat contre la lassitude de tout ce pauve corps désemparé et miné par la fatigue, à une lutte de toute les secondes contre l'engourdissement qui visiblement gagnait la chanteuse soumise depuis trop de semaines à la douche écossaise des tranquillisants alternant avec les "dopings".

Edith Piaf en effet, depuis qu'elle avait entrepris sa tournée en province ne s'endormait guère sous l'effet des calmants, qu'à 7 heures du matin, pour se réveiller le jour même deux ou trois heures avant le début de son tour de chant pendant lequel, pour "tenir le coup" elle happait au creux de sa paume des pilules blanchâtres qui lui donnaient l'indispensable coup de fouet. Cela, bien sûr, devait un jour finir.

D'une voix lasse, dimanche, Edith avait présenté, assise sur une chaise dans la coulisse, la première partie du programme qui devait être suivi d'un long entracte de plus de 50 minutes, employé par l'imprésario de la vedette, Lou Barrier, par son pianiste, par tous les camarades de sa troupe, à supplier l'indomptable petite bonne femme de rentrer à Paris.

En vain. Vers 23h45, Edith s'échâppant littéralement à ses amis, fit une entrée en scène bouleversante : adossée au piano, une main accrochée au micro, elle rassembla tout ce qui lui restait de forces pour entamer l'un de ses meilleurs succès : "le ballet des coeurs". de chanson en chanson l'on s'attendait à la voir s'écrouler et après les dernières paroles de "l'homme à la moto", la salle soulagée, fit une formidable ovation. Derrière le rideau gris, Edith, tandis que crépitaient encore les applaudissements, perdit alors conscience.

Après une nouvelle piqûre de solucamphre - son médecin avait déjà dû intervenir au début de la soirée - ses amis purent la transporter dans sa DS grise qui reprit le chemin de la capitale, suivie par une centaine de spectateurs qui, pendant plus d'une heure avaient attendu son départ pour lui rendre un touchant hommage [...]" .