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03 décembre 2006

Un pavé dans Lemare

Quand il s'agit de préparer le terrain, Jacques Lemare n'est jamais à court de bons plans. Quoi de plus normal pour un agent immobilier? Mais les maisons, les apparts... Jacques en a un peu marre. A 60 ans, la vie commence et il convoque la presse pour évoquer son avenir politique.  Rien de bien bouleversant jusqu'à la question concernant ses liaisons dangereuses avec le FN lors des municipales de 1983. 

On se souvient que Jean Hieaux, chef de file de la droite locale, avait passé un accord avec Jean-Pierre Stirbois pour bouter les socialistes hors de la mairie. Réponse du futur conseiller municipal, néophyte de la scène politique en ce temps-là. "Je comprends que les gens qui n'ont pas connu cette époque ne comprennent pas. C'était un autre contexte, un contexte de guerre civile. 22 vitrines un soir avaient été descendues à la carabine, dans le centre ville". Troublante vision d'une situation certes très tendue mais de la à parler de guerre... Quoiqu'il en soit on pourrait presque interpréter ce pacte RPR-FN comme l'antidote qui allait ramener les bélligerants au calme.

En fait, cette alliance avait reçu la bénédiction des plus hautes sphères des partis de droite. Les différents témoignages  des personnalités politiques sont là pour l'attester. Jacques Chirac, alors président du RPR déclarait : "Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitevement disqualifiés pour donner des leçons en matière de droits de l'homme et de règles de la démocratie". Avant d'ajouter : "Je n'aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste RPR-FN. Cela n'a aucune importance d'avoir quatre pélerins du FN à Dreux, comparé aux quatre ministres communistes au Conseil des ministres". En même temps, François Léotard, secrétaire général du Parti Républicain adressait ses vives félicitations à Jean Hieaux tandis que Jean-Claude Gaudin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale considérait entre les deux tours que "les drouais ne doivent pas se tromper de combat. Il faut battre l'adversaire socialo-communiste". La notion de front républicain existait déjà, mais l'allié était le Front national.