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09 février 2011

Le lièvre d'Anet

images.jpgComme le héros du roman de Paul Morand, Olivier Marleix est un homme pressé. Tout juste quadra (il a soufflé ses 40 bougies le 6 février dernier), le conseiller technique à la présidence de la République, également maire d'Anet et vice-président du conseil général d'Eure-et-Loir se désole de voir son agenda aussi peu extensible. Un homme avec autant de ressources ne peut se contenter d'une journée ordinaire de travail. Vous comprenez, il lui faut caser l'équivalent de 72 heures dans 24... Donc, oui, un homme pourvu d'un tel dynamisme est obligé de courir deux lièvres à la fois, à la vitesse de l'éclair, si possible.

Le voilà donc, fraîchement ravitaillé de son Banania supervitaminé, à cavaler par monts et par vaux entre les ors de l'Elysée et le vin d'honneur des pêcheurs de la Gaule Fraternelle. Forcément, quand on est un homme du monde, vivement sollicité de surcroit,  il faut prendre quelques libertés avec le code de la route pour honorer de sa présence les comités les plus prestigieux de son canton.

Il arrive qu'en pareilles circonstances un radar vienne perturber le timing ultra réglé du fils de l'ancien secrétaire d'état aux collectivités territoriales. Comme ce jour où, du côté d'Abondant, il a testé la motorisation de l'automobile de service qu'il avait empruntée à l'Elysée. En 407, à 120 km/h sur une route limitée à 70, la tenue de route est irréprochable, on a l'impression de rouler sur coussins d'air. On est bien, hein Tintin, avec un soundblaster qui fredonne du Rondo Vénéziano et une housse à boules automassantes qui vous relaxe la moelle épinière.

C'est toujours dans ces moments de parfaite extase qu'un officier de gendarmerie débarque. Rien à faire, personne ne peut y déroger. Pour Olivier, cela ne peut être qu'un facheux contre-temps, un contrôle de routine. Sauf, que l'adjudant est remonté. Il a sans dout mal digéré le rôti de veau-flageolet de madame. Le contrevenant use de son petit pouvoir auprès de la maréchaussée lui signifiant de classer l'incident puisqu'il a des "relations".  Il repart sans PV, considére que l'affaire est close. Mais, les représentants de l'ordre, sans doute irrités par une telle impudence, transmettent un rapport à la direction générale de la gendarmerie nationale. L'intéressé, ignorant le rapport sur ses exploits routiers, joue l'étonné quand la presse locale l'interroge. "J'essaie de respecter les limitations de vitesse. Il m'arrive d'être arrêté et verbalisé, comme tout à chacun. Il ne reste plus que sept ou huit points sur mon permis". Seulement, l'information est allée plus vite que lui.

Olivier Marleix peut être satisfait : il est désormais célèbre dans toute la France.

26 mars 2010

Oncle Gérard

Les élections régionales ont rendu un verdict assez sévère pour la majorité locale. Dans les bureaux de vote drouais, la gauche l'emporte assez nettement (53,28% contre 32,59% à la droite et 14,31% au Front national). On retient également l'écrasant taux d'absentention (68,53% au premier tour contre 61,97% au second).

Gérard Hamel, pensant jouir d'une influence rayonnante sur l'agglomération s'était pourtant pris pour l'oncle Sam entre les deux tours en adressant un courrier aux drouais intitulé "j'ai besoin de vous" et dans lequel il les enjoignait fissa d'aller voter UMP.

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Sur le coup, j'ai eu envie de lui répondre "Moi aussi Gérard, j'ai besoin de toi! J'aimerais tellement que tu trouves du travail à ma belle-soeur comme tu lui avais promis aux dernières municipales. Avoir un beau logement avec vue sur la Blaise dans un coin calme. Nager dans une piscine municiple. Fréquenter de beaux magasins en Centre ville avec de bons charcutiers. Rouler sur des chaussées lisses comme un oeuf. Covoiturer dans ta rutilante Vel Satis..." et puis je me suis ravisé considérant gravement ce vibrant appel comme si l'avenir de la région dépendait de moi, de vous, enfin de nous, drouais. Je me suis alors senti investi d'une noble responsabilité et honoré qu'une telle personnalité en appelle à mon bon sens civique pour inverser le cours de la gestion politique d'une Région vouée - je reprends les termes de sa lettre - à "l'inertie" en cas de victoire d'une gauche refusant "tout pojet ambitieux par pure idéologie" et dont l'action provoquerait une nouvelle augmentation des impôts "encore et toujours"...

Soit. Mais en sortant de chez moi, voyant l'état des rues et des routes encore défoncées par les intempéries hivernales, entendant au loin les motos et quads pétaradant comme un 14 juillet place du Trocadero, tombant sur ma dernière facture d'eau, constatant que certains élus téléphonaient en conduisant - au mépris des règles élémentaires du code de la route - pensant à ces fermetures d'écoles par mesures d'économie, regrettant que la carte orange n'aille pas jusqu'à Dreux compliquant ainsi la vie à tous les drouais qui travaillent en région parisienne... je n'avais plus la foi pour voter. Jean-Pierre Larsonneur, Josette Philippe ou Valentino Gambuto pouvaient être les meilleurs représentants de mes préoccupations, le faible écho de ma voix ne résonnerait jamais jusqu'à Orléans.

Gérard, désolé pour cette volte-face, j'aurais tant voulu t'aider. Avoue tout de même que ton audacieuse manoeuvre a échoué. Tu pensais peut-être faire autorité comme ces vieux maires dont la parole est d'évangile auprès du bon peuple. Mais les temps changent et le comportement des électeurs avec. Alors profil bas, tenons-nous en aux faits : je ne suis pas un bon citoyen et tu n'es pas un politicien si influent qu'il n'y paraît.

17 février 2009

Chacun sa place

Place Rotrou, quelques personnes bien intentionnées ont entrepris la toilette de la statue de notre illustre dramaturge drouais, dont nous fêterons cette année les 400 ans. Vous me direz, ça ne lui fera pas de mal à ce vieux croûlant tavelé de merde de pigeons. Mais là n'est pas mon propos.

Ce monument à la gloire du brillant auteur de Venceslas, n'a jamais connu d'avantageux abords sauf peut-être cette époque où le théâtre lui faisait des clins d'oeil. Mais les temps sont anciens, l'urbanisme a gagné du terrain pour en faire d'abord l'épicentre d'un parking en étoîle, avant qu'il ne soit littéralement masqué par un rideau d'arbres planté sur un lit d'herbe infesté de déjections canines. C'est dire si, de son piedestal, Jean Rotrou en a vu des vertes et des pas mûres.

François Lemonne, jamais en retard d'un petit ravelement de façade et sa gentille copine Fabienne Romezin, responsable du comité Proximum du centre-ville, ont donc décidé de réaménager un peu les lieux à l'occasion des prochaines commémorations.

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Les travaux s'imposaient-ils? Pas nécessairement. Dans sa frénésie bâtisseuse, l'équipe municipale s'est fait une spécialité du démontage et de la construction. La dernière rénovation de la place Rotrou ne remonte pourtant pas aux calendes grecques. Mais, le changement est dans l'ère du temps, il faut montrer que l'on est actif, comme un bon soldat à l'armée, jamais les mains dans les poches. En revanche, tout porte à croire que les riverains ne seront pas à l'abri de prochains travaux dans un futur relativement proche puisque des millions  (27 pour être précis) vont être investi pour le coeur d'agglomération, entre la réhabilitation du boulevard Pasteur et celle du centre-ville. Ingrid Virlouvet qui pilote le projet, n'a semble-t-il pas été consultée par l'élue Proximum à l'initiative des travaux de la Place Rotrou. C'est un peu surprenant ne serait-ce que pour la cohérence dudit projet. Mais également pour des raisons budgétaires si d'aventure, il lui prenait l'envie de retaper la tête d'albâtre du sieur Rotrou et ses environs d'ici 2020 - date de livraison du nouveau visage de notre coeur d'agglo.

Ce cas de figure illustre encore une fois les limites transversales du système Proximum où chacun se mobilise plus pour ses objectifs personnels que pour le bon sens  commun. La CadD aurait pu également participer à l'effort, au cas où des travaux de voirie et réseaux divers (VRD) aient été indispensable... mais non. Les vases communiquent décidément mal au sein de cette majorité municipale.

05 février 2009

Les fauves sont lâchés

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Il n'en fallait pas tant pour leur donner de l'appetit aux jeunes loups de la section locale de l'UMP. Un petit rassemblement officialisant leur groupement et les voila déjà en ordre de bataille, affamés par la succession de Gérard Hamel qui, en annonçant son retrait de la vie politique , a maladroitement ouvert la boîte de Pandore. Ou est passé son conseiller spécial, son expert en stratégie de communication? Coincé par la neige peut-être... Enfin Gégé sait se reprendre et a tout de suite ouvert les vannes de l'information en précisant que ces petites réunions Tupperware entre jeunes UMPites avaient pour simple effet de peser sur le débat public quand  Miled Zrida et ceux de l'opposition organisent régulièrement des points presse pour dire tout le bien qu'ils pensent de la gouvernance municipale. Cette mission de contre-attaque ou de pare-feu, échoit au sémillant directeur de cabinet du Maire, Pierre-Frédéric Billet, qui de son strapontin se verrait bien à l'orchestre. D'ici là, il a encore le temps de se faire connaître, et autrement que par des supplications auprès de Mme Hamel pour convaincre son mari de rester en politique.

Un autre qui peut remercier le Maire de Dreux, c'est Olivier Marleix, explicitement désigné pour tenter de lui succéder au poste de député. Mais connaissant le plan de carrière du conseiller technique à la présidence de la République, est-ce réellement une surprise? Du côté de la droite drouaise, on commence à ruer dans les brancards. Certains voient en effet d'un drôle d'oeil l'arrivée d'un hyper-ambitieux, élu à Anet pour mieux viser la présidence du Conseil Général. Baby Marleix est un sprinteur, toujours à fond, les deux pieds sur l'accélérateur. Le genre portable collé à l'oreille. Un peu comme s'il prenait la mesure de son boss à l'Elysée, lieu où l'on a plus de chance de le trouver qu'en mairie d'Anet. Là-bas d'ailleurs, ils en pensent quoi ?

Ben, la lune de miel tourne un peu à la déception. On sent un type pressé, qui passe en coup de vent, qui ne prend pas le soin d'écouter, de consulter. De toute façon, ses adjoints le font pour lui alors autant se cantonner à un rôle de représentation quand on a un agenda overbooké. Enfin, si un zébulon, aussi brillant et vivace soit-il, déboule fièrement dans la basse-cour drouaise, même adoubé par  Gérard Hamel, il risque tout de même de se faire voler dans les plumes.

10 juin 2008

Proximum, pour les nuls

On ne parle que de ça depuis un mois avec la mise en place des nouveaux comités de quartiers. Proximum, l'une des fiertés de Gérard Hamel, le fer de lance de sa politique sociale. Mais qu'y-a-t-il derrière ce concept qui tend à "coller à la réalité du terrain"?

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Proximum (néologisme - sans doute sorti du chapeau d'un directeur de marketing - contraction des termes "proximité" et "maximum"). Latin : Au plus proche.
Dispositif d'écoute et d'alerte sociale, destiné à améliorer le cadre de vie des drouais.

La proximité, ça veut dire quoi? Etre proche des gens, c'est savoir déceler leurs attentes, les besoins et cela suppose d'être réactif en cas d'urgence. Dans le cas drouais, la notion de proximité se définie également par une représentation du pouvoir local décentralisé, amenée au pied des immeubles, voire à la porte de l'habitant.

Mode d'emploi. Depuis un mois donc, des comités se constituent dans les 7 quartiers de la ville. Ils sont composés d'élus, de coordonnateurs, de membres cooptés résidant dans le quartier - généralement sympathisants de la majorité politique - et qui ont pour mission de recueillir les doléances des habitants, d'y donner suite et de faire remonter les informations au sommet de la pyramide hiérarchique.

Et concrètement ça donne quoi? Jusqu'à présent l'action des comités s'est portée sur des travaux d'aménagements publics (voirie, aires de jeux, parcs...). Des commentaires forcément élogieux de la part des élus en charge d'animer les différents secteurs. Des bilans éloquents avec moult réalisations urbanistiques. Des chiffres qui attestent la nécéssité d'un tel dispositif. Bref, Proximum, selon le discours officiel, ça marche.

Ca marche alors? On note quelques ratés tout de même. Les doléances sont-elles suivies d'effets? Les problèmes sont-ils résolus? Difficile concrètement de mesurer le taux de satisfaction des personnes. Et de détailler les actions individuelles qui découleraient de ces réclamations. Jusqu'à présent, les seuls résultats qui semblent avoir marqué les esprits concernent les scrutins électoraux. Quand l'année dernière, Ségolène Royale a atteint 91% sur les Oriels, ce fut le branle-bas de combat dans la maison Hamel. L'équipe du secteur fut aussitôt remplacée et tout le dispositif chamboulé par le jeu des vases communicants. Hasard ou coincidence? A l'époque, le maire de Dreux minimisait la relation de cause à effet. "Même si les résultats de la présidentielle nous ont interpellés, le remaniement n'est pas la conséquence directe des résultats". N'empêche, même si l'offensive anti-sarko reste à distinguer de l'action de Gérard Hamel, le camouflet a été percu comme un échec de la politique sociale sur le quartier.

Autre aspect sensible du dispositif : Dreux se retrouve "Balkanisé" en sept zones, 7 circonscriptions découpées selon un équilibre stratégique (les quartiers "à problèmes" rattachés à des zones plus "tranquilles") et historique. Ce morcellement fait tiquer les défenseurs d'une ville unie et rassemblée qui jugent préjudiciable la distinction sociale faite à travers l'appartenance à un quartier, à cette frontière "psychologique" dont certains peuvent se sentir exclus.

Je peux mettre mon grain de sable? Proximum n'est pas une idée nouvelle, c'est un concept amélioré, mieux vendu, au positionnement politique bien cadré. Dommage que ce dispositif n'agisse pas davantage en contre-poids, en garde-fou, mais là, on lorgne sans doute un peu trop sur la démocratie participative... Du coup, ces comités de quartier prennent des allures d'officines du pouvoir local. Des membres, des élus à l'écoute, disponibles, prêts à remplir leur role de vigie sociale, à trouver des solutions aux problèmes les plus inextricables. Bien.  Mais, ils agissent aussi pour maîtriser l'espace urbain, assurer la représentation de la mairie. Soyons réaliste : on ne peut pas répondre au cas par cas, au risque d'entretenir le favoritisme. Ne soyons pas dupe non plus : il existe bel et bien une manoeuvre politique derrière ce dispositif, même si celui-ci remplit une mission originale.

Quel avenir pour Proximum? Gérard Hamel a changé la tonalité de son discours et l'oriente désormais vers l'individu. Sentiment renforcé depuis que le maire de Dreux, en visite dans les différents quartiers pour l'intronisation des nouveaux comités a évoqué à plusieurs reprises les termes de "veille sociale", "tendre la main à ceux qui souffrent", "politique de solidarité". En gros fini les travaux de voierie, maintenant on passe à l'humain.

Autant dire qu'il va y avoir du boulot. Et pas seulement parce que nous sommes drouais. Nous sommes touchés, comme les Vernolitains, les Gueugnonnais ou les Castelroussins aux difficultés conjoncturelles du moment. La démarche de Gérard Hamel est très altruiste ; mais il ne doit pas pour autant oublier l'intérêt collectif, ne pas favoriser l'individualisme au détriment de la communauté.