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10 janvier 2007

Les ordures au régime

Avec les fêtes, Marcel Taupin avait accumulé les excès. Trois kilos de surcharge pondérale sur la balance, un découvert de 51 euros 97 sur le compte bancaire et une inflation de sa facture EDF pour cause d'illuminations de Noël un peu trop insistantes. Il lui fallait prendre des mesures drastiques et de bonnes résolutions. Pour comencer, il allait mettre un peu d'ordre dans son appartement, victime d'un relâchement des taches ménagères et des frasques de joyeux drilles de passage. Les déchets ménagers - Clairette de Die, emballage de coffret parfum Axe, boîtes de pâté de foie - sédimentaient sur son lino. Allez hop, tout ça à la poubelle. Mais pas n'importe comment.

Il savait que la fréquence de la collecte des déchets avait été modifiée. La Communauté d'agglomération du drouais avait pris cette résolution fin novembre en s'attelant au tri sélectif et en rationalisant les tournées des camions bennes. Pour les habitants du centre ville, ces rendez vous étaient fixés au lundi soir pour les ordures ménagères et le jeudi pour les cartons. Un petit bouleversement pas vraiment en odeur de sainteté dans les commerces de bouche ou chez les restaurateurs. Car une seule visite des éboueurs par semaine pour vider les poubelles de viandes avariées, de croutons de pain ou de poissons décomposés, ça renâcle.

Arguant l'incompatibilité de stocker des denrées périmées et leurs contraintes en matière d'hygiène, certains d'entre eux font depuis de la résistance et laissent leurs poubelles sur la voie publique. Alain Fillon, Monsieur environnement de la CAdd,  monte au créneau, martèle solennellement  que "la sauvegarde de la planète, ce n'est pas qu'une idée générale. Elle commence aussi sur le territoire de la communauté d'agglomération et en centre-ville de Dreux" avant d'asséner "s'ils veulent des tournées supplémentaires, c'est clair qu'ils paieront en plus". Côté commerçants, on digère mal le tri sélectif et on refuse toute idée de payer une redevance spéciale. Entre les deux parties, on ne s'est pas encore mis à table mais les marmites chauffent bien.

Marcel, très concerné par les problèmes environnementaux et les enjeux écologiques de notre planète, a quant à lui décidé de faire un régime. 

23 décembre 2006

A la recherche du père Noël géant

Le jour se levait à peine quand Marcel Taupin, soufflant précieusement sur son café au lait, vit passer le père Noël devant sa fenêtre du 1e étage de la rue des pinsons. "Ca doit être un faux" décréta t-il, "les vrais n'existent qu'en Laponie". Mais après coup et après avoir mis un peu d'ordre dans son esprit encombré, il s'interrogea. Le père Noël a beau être un viking bien bâti, c'est quand même curieux de le croiser à 3 mètres d'altitude. Marcel croqua alors son reste de biscotte, endossa son paletot et fila à la rencontre de cet intrus qui venait de bouleverser son petit-déjeuner.

Dehors il fut saisi par un vent glacial et ce grand tumulte qui régnait en centre ville. L'esprit de Noël était bien présent, charriant avec lui les parfums d'épicea et de cannelle. Les rues scintillaient de mille feux, les commerçants, sensibles à la musique du tiroir-caisse, retrouvaient le sourire pendant que les chalands baguenaudaient sous les mélopées des chanteurs à la croix de fer. Attiré par la présence de poneys et de biquettes, Marcel se demanda où était les veaux, vaches, moutons et couvées de la crèche. En guise de réponse, il entendit la cloche du petit train blanc qui sillonnait la ville le temps des fêtes et venait de marquer l'arrêt devant lui. "Vous montez" lui proposa le chauffeur. Il accepta, considérant qu'il avait plus de chance de localiser son individu en utilisant ce moyen de transport.

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Installé aux premières loges parmi des enfants contemplatifs, Marcel eut droit à une visite guidée  et à deux dragibus offerts par une petite fille assise à ses côtés. (Songeur, il reconnut son bonheur de mener une existence de plaisirs. Il venait de lire Delerm et depuis, il prêtait attention à la rosée du matin et aux petits pois écossés). Les rues de Dreux défilaient sous ses yeux mais aucun bonhomme en combinaison rouge n'apparut à l'horizon. Il descendit en Grande rue au moment où débutait l'époustouflante parade des oies sur un air d'accordéon. Charmé par le ballet des volatiles, il entreprit toutefois de quitter les lieux, le fond de l'air devenant frais et son cache-nez contenant difficilement les assauts du froid.

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A cet instant il rencontra deux longues tiges de bois qui évacuèrent aussitôt sa perplexité matinale. Il y était enfin. Face à lui, un père Noel de 3 mètres de haut, sur des échasses. Voilà, c'était donc ça... Et Marcel d'avoir cette remarque pleine de sagacité : "Dites-moi, comment que vous faites pour descendre par la cheminée avec vos engins aux pieds?"

12 décembre 2006

Les pêcheurs drouais ont la gaule

Ceux qui aiment tâter du goujon sont un peu dépourvus quand les premiers frimas s'échouent sur les berges dénudées. Alors plutôt que de passer des heures devant "Très pêche" et à défaut de défourailler sa gaule, mieux vaut une bonne assemblée générale où l'on se retrouve entre gardonphiles à causer cuillers et appâts, vers de vase et dégorgeoirs.

Pour les Pêcheurs Drouais, tout baigne. Le bilan de l'année 2006 est super positif, les licenciés affluent, les concours font recette et la pêche est bonne. Mais même dans le meilleur des mondes, il faut râler un peu. Ce que n'a pas manqué de faire William Willot, président de l'association qui voit l'intrusion de marins d'eau douce dans son pré carré  d'un mauvais oeil. " Côté Eure, les canoës font la loi dans le secteur et nous attendons toujours leur charte de bonne conduite". Méfiance donc si vous pagayez le printemps prochain, pensez à serrer à droite.

02 décembre 2006

Le mystère du placard à balai

Imaginez la surprise de l'intendant du Beffroi quand, s'attendant à épousseter les toiles d'araignées, il tombe sur un arsenal vieux de plus de cent ans. Mazette, ça fait froid dans le dos.  Une analyse rapide, une bonne dose de sang froid et beaucoup de bon sens, nous révèle que les insectes ne préparent pas encore leur révolution. Mais alors... à qui appartiennent ces armes?

Revenons au commencement mon cher Watson. Les services municipaux ont décidé de consolider les fondations du Beffroi, salement touché par la construction du parking souterrain Métézeau.  Accessoirement et comme il est réglementaire quand on touche aux croûtes des monuments, on inventorie plus ou moins minutieusement chaque coin et recoin de l'édifice.

Intéressons nous maintenant à notre intendant avant qu'il ne subisse son onde de choc. Il observe les voûtes du bâtiment, inspecte les boiseries, souffle sur les poussières, prend note avant de s'arrêter devant cette porte de placard. Il tourne consciencieusement la clé et découvre tout un tas de reliques datant de la première guerre mondiale et du conflit franco-prussien de 1870. Des obus, des mortiers, des grenades, des fusils, des sabres, des baïonettes. De quoi resister quelques jours en cas d'invasion. Après la visite des démineurs de la protection civile pour une vérification de routine, se pose la question de l'appartenance de ces armes. Un spécialiste évoque une collection clandestine appartenant à la ville. La directrice du musée Marcel Dessal prend l'enquête en main. Et la rédaction en chef de Clochemerle-les-Dreux offre dix mille piastres à quiconque fournira des informations sur ce détonnant butin.

21 novembre 2006

Tire c'est de l'amerloque

Il n'est pas inutile de rappeler que Dreux regorge d'âmes sensibles, de poètes incompris, de personnages délicats, cultivés et férus d'histoire. A cet égard, quelques amateurs de civilisations primitives ont décidé de perpétrer l'aventure des pionniers du grand ouest américain en organisant une soirée far west. Hommage symbolisé à grands coups de canons et de cartons puisque ces esthètes du geste se retrouveront prochainement au champ de tir de Flonville pour ce qu'ils ont convenu d'appeler un "concours réservé aux armes western". Yeah. Ta gueule, John Wayne, ici on préfère la vareuse kaki à la chemise texane. Seuls les flingues causent l'amerloque : Colt 45, 22 long rifle, Winchester. Rapport à la thématique du concours.

"Pour l'instant, nous nous entraînons afin de régler nos armes. Ensuite, nous tirerons sur des cibles plus amusantes - boîtes de conserves, petites cuillères et pigeons d'argile " rapporte une fine gâchette.

Mais les as du tir, sont comme les chasseurs, empêchés dans leur jouissance par ces foutus législateurs et autres écologistes.

"Avec toutes les contraintes pour le permis et le port d'arme, on va bientôt plus avoir le droit de se distraire, ni de posséder une arme pour se défendre contre les nuisibles" ajoute diplomatiquement un pacifiste consensuel. Un spray insecticide ne suffirait-il pas?

Pour une vision de l'amérique édulcorée à la rillette, passez donc par Flonville. Attention : nuisibles, s'abstenir.