Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 décembre 2007

Zéro de conduite

933559eb8b165fc2c5914ef04855db79.jpgOn le sait depuis quelques décennies maintenant, conduire dans Dreux relève de l'exercice de style. Dans le texte, ça peut donner : "Avance, hé, banane", "T'astiques ton manche ou quoi?", "Embraye, ça fume"... Et les récents travaux entrepris ne vont pas édulcorer l'humeur des automobilistes drouais. Entre déviations, rues barrées, chaussées défoncées, accès modifiés, travaux en plan sur la RN12 ... difficile de trouver son orient. Et je ne parle pas des livreurs obligés d'effectuer des créneaux millimétrés pour se garer ou des chauffeurs de cars scolaires éraflant sur leur passage la carosserie de quelques véhicules pourtant bien stationnés.

L'affaire n'est cependant pas récente. On se souvient du dernier grand tollé en date, à l'orée des années 80 quand Françoise Gaspard décidait, contre l'avis de nombreux commerçants et riverains, de modifier le plan de circulation en ville. Il était pourtant nécessaire de décongestionner l'hyper centre, théâtre d'un trafic de plus en plus dense dans une configuration routière devenue inadaptée. La levée de boucliers retombée, Madame le Maire mettait à exécution son plan II en rendant la Grande rue piétonne. Jacques Lemare, président de l'union des commerçants, jamais en retard d'un tacle verbal, fustigea cette décision en précisant que "le commerce n'avait jamais vécu une période aussi destructive".

Aujourd'hui, on peut encore se demander s'il est bien raisonnable de conduire en centre ville.  Pris dans les entrailles du plan de circulation, l'automobiliste lambda se retrouve embarqué dans un véritable chemin de croix à sens unique. Certaines rues, elles, ne supportent plus le poids du transport. On nous annonce des rénovations prochaines, des accès améliorés en centre ville (avenue du Général Leclerc et rue St Thibault) avec la délicate mission de contenter à la fois les riverains et les automobilistes. Ménager la chèvre et le chou. Le conducteur et le piéton.

Le problème ne date donc pas d'hier. Mais la tornade d'aménagements et de constructions n'arrangent guère nos petits tracas d'automobilistes. Et si finalement la solution venait du vélib'? Y a même un parking spécialement conçu pour les deux roues qui ne sert à rien, qui est constamment vide... et tout proche du parking de l'Odyssée.  Allez, allez un peu de bon de sens chers élus. Le bicloune en ville c'est super hype, bon pour la planète et ça galbe le mollet. Et de surcroît, ça rend aimable.

21 décembre 2007

Marché de Noël

Pour les fêtes n'oubliez pas d'écouter la douce mélodie du marché...
podcast

fe0a8a81d759d5bc9012330321f608a5.jpge0d4b08f5c170c466df07a4dc295ccdb.jpg5a7a3d222003b73e339b41e2d0533c00.jpg

 

19 décembre 2007

Reflet dans un oeil d'or

C'était un temps à ne pas mettre un boeuf dehors. D'ailleurs, il faisait si froid qu'on soufflait l'air comme des taureaux. Emmitouflé dans son paletot de laine, Marcel Taupin laissait dépasser un bout de nez rouge et perlé de sa grosse cagoule marron. Transi mais contemplatif, absorbé par les installations de son voisin et ami André Sanfrapé qui s'échinait à fixer sa grosse guirlande lumineuse en tube sur la corniche de son pavillon. Autour d'eux, la scène révélait deux rennes verts, un père Noël grimpant, des stalactites bleu fluo. "Voila, il me reste juste à mettre le sapin devant la fenêtre et là, je te dis que le concours, j'vais pt'ête bien le gagner". Marcel était d'accord : André avait l'une des maisons les plus savamment décoré du quartier. Et rares étaient celles sans habit de lumière à la cité des grands clos. Mais il ignorait que le concours auquel il prétendait prendre part n'était réservé qu'aux habitants du centre ville. L'initiative partait d'un bon principe mais s'avérait , hélas, sélective. "Attention je mets le jus..."

ccf948b3e238b1342f9ca5ced5ce9eed.jpg

L'oeil de Marcel scintillait de mille feux. Des verts, des rouges, des bleus, des jaunes. Aussi réconfortants qu'un phare dans la nuit. Aussi chaleureux que le foyer de Charles Ingalls. L'air glacial fut un instant déchiré par un souffle chaud au parfum de cannelle. L'émoi gagna les deux amis qui restèrent pantois plusieurs minutes. L'esprit de Noël venait de souffler dans leur direction.

 

25 novembre 2007

Le gué aux ânes

17f30fc0ee84410f27dde3ce378d6f35.jpgIl existe à Dreux une zone comparable au triangle des Bermudes, là où bon nombre de navigateurs se perdent, enlisés dans la détresse et l'embarras. Chemin étroit et bosselé, on l'appelle plus communément le "Gué aux ânes", appelation d'origine vernaculaire dont le sens trivial s'étend maintenant aux conducteurs trop scrupuleux des nouvelles technologies routières.

La rue du gué aux ânes est un cul de sac bucolique, calme, parsemé de jardins ouvriers et situé entre les Châtelets et l'avenue du Général Leclerc. Depuis peu, c'est aussi le point où échouent automobilistes et chauffeurs routiers victimes de leur GPS et des aménagements successifs des accès et sorties de la RN12. Passe encore pour les véhicules légers qui peuvent faire demi-tour sans encombres. Mais l'affaire est plus délicate pour les poids lourds pris dans l'étau, une fois engagé dans la sente. Je vous laisse imaginer la scène entre capharnaüm, curieux aux rideaux, manoueuvres perilleuses, colères contenues...

Les riverains en ont marre et l'ont fait savoir à Gérard Hamel, venu dans les parages prendre un bol d'oxygène Proximum. L'édile a promis d'installer un panneau à l'entrée de la rue. Pas sûr cependant que le chauffeur Lituanien soit sensible à l'avertissement. 

20 novembre 2007

La fin d'une époque

ebd6e54895c635f2aacb574dc5904ecc.jpgAvec ses culs de bouteilles triangulaires et son pilier en schiste, c'était la devanture la plus vintage de Dreux. C'était car le gérant de ce cabinet d'assurances situé au 36 rue Parisis a décidé de rendre moins opaque son activité en installant des baies vitrées en lieu et place des briques de verre. Finies les formes floues qui ondulaient derrière la vitrine ; Place à la transparence et à l'ouverture.

Il y a quelques jours encore, l'établissement sentait bon le style neo-pompidolien avec son sol en linoleum et son mobilier en acier laqué gris. On cherchait du regard le stencil ou la machine à écrire. Une employée à chignon, habillée d'une jupe en tweed et d'un chemisier en satin nous renseignait sur les meilleures formules de souscription à une police de prévoyance santé. En quelques pas on faisait un bond de quarante ans dans le temps avec cette étrange impression de suranné, de vague sentiment anachronique.

Une certaine lassitude du décor et un peu de bon sens  marketing auront donc eu raison de cette exception commerciale qui aura perduré quelques décennies en maintenant le même port. Chapeau donc!

323118ea76161f33abde8cb414b895e8.jpg