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16 avril 2008

Une rue dans l'impasse

1041081130.jpgRue Sam Isaacs, on trouve un environnement malmené, des victimes des aménagements urbains, des voix sans écho qui ne dépassent jamais les grilles de la mairie. On est bien trop loin des décideurs pour se faire entendre et pas suffisamment lobbyiste pour être écouté. Pas franchement intégré à un quartier non plus, juste en transition entre la D928 et l'accès au centre ville.

En quelques décennies, l'ancienne route de Fermaincourt a radicalement changé d'aspect et pas forcément pour le  bien de ses habitants. A l'origine, le lieu est un paisible chemin bordé de platanes et arrosé par la Blaise. Des gens modestes y possédent une baraque de deux pièces avec un peu de terrain en coteau.

1109894501.JPGDans les années 60, la Nationale 12 vient enjamber l'écrin de verdure. Certaines maisons se retrouvent quasiment collées au piliers du pont. Pour ces gens sans histoires qui ne préfèrent pas en faire, la pilule est dure à avaler mais passe encore. Quelque temps après, une station d'épuration prend ses quartiers avant d'être délocalisée un peu plus loin vers l'étang des Châtelets. Des usines se montent, d'autres ferment, certaines carcasses en tôles rouillées subsistent encore, 30 ans après. Least but not last, la régie municipale d'électricité installe une centrale électrique dans le courant des années 70. On soupire mais toujours silencieusement.

Sérieusement bouleversée au cours des quarante dernières années, cette rue subie depuis plus de cinq ans le ballet incessant des véhicules détournés de l'échangeur de la Nationale 12, avenue du Général Leclerc. Echangeur dont les travaux devaient s'achever à l'été 2007 et toujours en plan depuis plus d'un an. Quotidiennement, ce sont des milliers de poids lourds et d'automobiles qui passent, qui polluent. La chaussée, elle même, ne supporte plus la déviation. Des agents de la voierie viennent régulièrement reboucher les trous occasionnés par le trafic. Mais l'opération relève du cataplasme sur jambe de bois. En quelques minutes, la faille réapparait.

L'histoire de cette rue est un exemple parmi d'autres. Le cas n'est malheureusement pas unique. Mais à l'heure où tout est fait pour rendre attractif le centre ville ou plus respectable certains quartiers, il s'agirait pour les pouvoirs publics de se rapprocher enfin de la périphérie et tenir un peu compte des bouleversements urbains entrepris au mépris de la tranquilité et de la santé de ses habitants.

11 avril 2008

Entrons dans la ronde

513114043.jpgCe week-end, n'hésitez pas. Filez au chemin de ronde, exceptionnellement ouvert le temps des Floralies. Car le reste de l'année, sécurité oblige, le passage est fermé. Ce qui nous prive des joies d'une balade sur les contreforts de la Chapelle royale et d'une vue imprenable sur Dreux. Enfin vous pouvez toujours faire un tour sur les hauteurs de la Grande falaise pour le panorama mais rien que pour le charme de l'endroit, je vous recommande vivement d'oublier Drucker et Chuck Norris pour une promenade au grand air. C'est d'ailleurs fou ce qu'il y a comme sentiers dans la ville, de raccourcis, d'alternatives pédestres aux contournements routiers pour accéder d'un coin à l'autre. La campagne dans la ville, ça existe encore, profitez-en!
Lisez également Pierlouim, auteur un post remarquable sur le sujet.

 

07 avril 2008

Radioscopie

1292571409.jpgLes sociologues adorent se pencher au chevet de Dreux. Dreux, la tubarde, qui n'en finit pas d'expectorer ses maux. Dreux, petit rat de laboratoire testé pour la cause nationale. On se souvient du fracassant "Dreux, voyage au coeur du malaise français" de Michèle Tribalat, ouvrage issu d'une enquête préalablement commanditéé  par Gérard Hamel et qui avait le mérite de faire sortir le pus de la plaie. Plus récemment, en 2006, un groupe d'étudiants de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) s'est penché sur plusieurs problématiques relatives au phénomène drouais.

J'ai pour ma part été attentif à deux rapports. Le premier sur l'étude des marchés (ceux où l'on achète fruits, légumes, poulets...) de Dreux où les auteurs signalent que "les frontières sociales et symboliques de la ville se retrouvent dans l'espace des marchés". Le commerçant devient un "acteur social" et le marché couvert un enjeu de "stratification sociale", un "lieu socialement valorisé" en regard des étals de la place Verdun et de la Cité Le Moulec.

L'autre beaucoup plus pertinent concerne Proximum, trait d'union conceptualisé entre drouais et pouvoir local. La notion de proximité implique selon nos chercheurs, "une volonté de circonscrire un espace, de maîtriser un espace en le redéfinissant". Le coeur du dispositif touche à des "problèmes locaux, à un traitement individualisé des revendications et des plaintes. Ce sont des problèmes individuels qui annulent les positionnements collectifs". L'étude démontre également que les adjoints Proximum doivent faire "local", "proche", même s'ils ne sont pas tous issus du quartier qu'ils administrent, avant de conclure interrogatif : de quel type de proximité s'agit-il? La notion d'habitant de proximité a-t-elle un sens?

Les copies sont à glisser juste en dessous dans la rubrique commentaires.

03 avril 2008

Premier de la classe

Chaque année, depuis 15 ans, le ministère de l'éducation nationale stimule l'émulation et l'esprit de compétition entre lycées en publiant un "indicateur de résultats". L'hebdomadaire l'Express reprend à son compte ces données pour en faire un palmarès, établi selon des critères de "taux de réussite au bac, de capacité à faire progresser les élèves et à les accompagner durant leur scolarité". Un savant calcul qui propulse le lycée St Pierre-St Paul de Dreux en tête du hit-parade départemental. Les résultas sont moins brillants pour Rotrou et Branly qui reflètent la tendance nationale où le secteur privé s'impose désormais sur le public.
 
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24 mars 2008

Allez les verres!

463332263.jpgPlace Metezeau, le Rothen coule des jours paisible à l'ombre du Beffroi. Bar de style art-déco revisité - cosy mais sans grand charme - l'enseigne intrigue. Le "Ro" quoi? Rothen... le mot n'est pas dans le dictionnaire. Il y a "civette" mais pas de "Rothen". Même dans les noms propres. Alors, c'est quoi un Rothen?

T'as qu'à lire l'équipe! Vl'a ce qu'on m'a dit l'aut' matin au Balto. Ben oui, Rothen, Jérôme Rothen, attaquant du PSG, 9 sélections en équipe de France, un pied gauche délicat et un droit assez porté sur l'accélérateur (flashé à 241 km!!). Bref, l'endroit fréquenté par les élites drouaises à l'époque de l'Auberge Normande, porte aujourd'hui le nom d'un footballeur. 

La raison? Simple, mon cher Albert. L'acquéreur des murs, un fondu de foot, a trouvé original de baptiser son bistrot du nom de son idole. Hélas pour le limonadier inspiré, l'affaire a vite périclité. Faute de résultats, le Rothen s'est retrouvé au bout de quelques mois sur le marché des transferts, à vendre.  Un courageux a repris les choses en main mais n'a pas osé touché à l'enseigne. Depuis, les comptes sonts ronds et les ballons ne se shootent plus mais se boivent. A la tienne, Rothen.