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30 mars 2014

Une partie de campagne

Loin de rivaliser avec certaines communes qui auront brillé par leurs querelles de clocher, Dreux a vécu une campagne pour les municipales assez terne malgré quelques piques au piment qui eurent juste pour effet d'exciter les papilles des candidats.  

Nous parlions à peine d’élections quand Gérard Hamel buzzait, l’air grave, sur les risques – ce sont ses termes -  d’une campagne de caniveau. Pour se prémunir contre toute attaque, Monsieur le Maire dénonçait l’action perfide d’un corbeau qui menaçait de répandre l’infâme rumeur. Une plainte fut ainsi déposée, une enquête peut-être entamée, mais depuis, rien. Ou si peu. La campagne était lancée, sur un drôle de ton. Indirectement visé, le camp socialiste allait réagir. Un vent légèrement sulfureux balayait le pavé drouais et l’on sentait un Valentino Gambuto, revanchard, prêt à en découdre par toutes les ruses possibles. La bataille s’annonçait virile, les hommes parés au combat, le muscle bandé.

Passé le round d’observation des premiers jours de campagne, où l’on distille quelques bonnes formules préalablement infusées, le candidat socialiste sortait un premier pétard de son chapeau. Bygmalion. L’agence de com déjà dans l’œil du cyclone, pour servir de pompe à fric à l'UMP, aurait facturé assez grassement une prestation auprès de la Mairie concernant le projet UnieCité. Boum, échauffourée, prise de becs par médias interposés, une télé chacun et dépôt de plainte pour diffamation.

 

 

Depuis quelques années, la politique est aussi une affaire de communication sur les réseaux sociaux. Gérard Hamel s'y est mis, Gambuto a suivi, les autres sont restés totalement transparents. C'est finalement dans ces espaces que s'est située l'action de cette campagne. Entre accusation et propagande, tautologie et réflexions vaseuses, les quelques followers ou amis des candidats ont pu se faire une idée précise des enjeux de ces élections : rester évasif sur les projets, ne rien dire ou presque sur les moyens et dénigrer sans cesse avec le soutien de commentaires ultra-partisans. 

Nous constatons au passage que de dialogue politique, il n’en fut que très peu question dans les échanges entre Hameliste et Gambutorien. Et puis, Tayeb Touazi, adjoint sortant et candidat sécessionniste sans parti politique fixe, est sorti de l'ornière. Tayeb, c’est un personnage connu de la vie de la cité depuis des années, tapi dans l'ombre de Gérard Hamel, attendant vainement d'être adoubé par le Maire pour prendre sa succession. Ne voyant rien venir, il a bricolé une liste dans l’urgence et adapté en toute décontraction le programme de Martine Aubry pour Lille à l’attention des drouais. 

Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser un score très honorable. A croire, que les programmes ne servent à rien, mieux vaut essayer l’humour par exemple. A cet égard, vous apprécierez l’immense talent du chansonnier Olivier Marleix qui a fait feu de tout bois du candidat Gambuto lors du meeting de Gérard Hamel à la salle des fêtes.

 

Nous ne pouvions pas décemment fermer ce chapitre sans évoquer le retour du FN en terre drouaise après une éclipse partielle. Thérèse Mauboussin qui – a tout de même eu droit durant la campagne aux faveurs du Monde – et qui fut dans une autre vie adjointe de Gérard Hamel s’est retrouvée confrontée à un cas d’école typique chez les Bleu Marine : un colistier inscrit à l'insu de son plein gré. 

Heureusement, la campagne touchait à sa fin et la logorrhée saumâtre allait disparaître avec la proclamation des résultats. Au soir du premier tour, Gérard Hamel plastronnait sur Facebook, fier de ses 42% et dédaigneux vis à vis du score de son opposant socialiste. Le mépris se transformait pourtant quelques heures plus tard en inquiétude passagère  quand Tayeb Touazi et Gambuto négociaient une improbable alliance. Mais les deux hommes échouaient sur l'autel du partage des pouvoirs, s'accusant après coup de sectarisme. La lutte continuait sur Facebook avec un Gérard Hamel geignard, fustigeant une campagne « sale et violente » et un Gambuto tirant ses derniers boulets « stop au clientélisme, aux magouilles… ». 

Sachant qu’il n’avait plus besoin de convaincre ou de se défendre pour assurer sa réélection, Gérard Hamel déclinait l'idée d'un débat avec Valentino Gambuto. Les jeux étaient faits bien avant les résultats du second tour. Mais bien que réélu, Gérard Hamel n'a pas réussi à mobiliser les drouais.

Résultats :

Gérard Hamel (UMP) : 48,10% (30 élus)

Valentino Gambuto (PS) : 23,65% (4 élus)

Tayeb Touazi (DIV) : 16,25% (3 élus)

Thérèse Mauboussin (FN) : 12,00% (2 élus)

Abstention : 49,61%