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29 juin 2012

Les jolies colonies drouaises

C’est le temps des congés payés, de la Nationale 7, du sable dans les souliers. Enfin pour ceux qui en ont les moyens car partir à la mer où à la montagne reste l’apanage de quelques privilégiés. Pour beaucoup de famille encore, les vacances d’été se passent à la maison.

La colonie, ça ragaillardit !

Heureusement, les colonies ouvrent une lucarne d’air pur et salin à de nombreux enfants. A Dreux, comme ailleurs, la colo a tout d'abord une connotation sanitaire. Il est bon d’envoyer son enfant un peu souffreteux se dépenser dans les verts paturâges ou respirer les embruns marins. Bien entendu, c'est aussi et surtout l’occasion de découvrir la mer ou la montagne. Bref, la colo a ces vertus à la fois pédagogiques, sanitaires et sociales : on y rencontre d’autres personnes, on change ses habitudes de vie et on prend l'air du grand large. Si pour certains, le déracinement donne du vague à l’âme, pour d’autres, les vacances loin de la famille renforce le sentiment de liberté.

Les colos drouaises illustrent l'antagonisme régnant entre le patronage Saint-Jean et le Cercle Laïque. Chacun part de son côté. Les bons curés emmènent les enfants issus des familles catholiques à Saint-Briac. De l’autre, les laïques du Cercle transportent les jeunes drouais dans ses centres de vacances d’Habère-Poche et de Saint Brévin.

Les colos du Cercle Laïque

C’est sur l’initiative d’un instituteur, René Martin, que naît la première colonie d’Eure-et-Loir. Sa fille, ayant contracté la coqueluche, son médecin lui suggère d’envoyer la petite à la mer pour se reconstituer. René Martin pense alors que l’air marin peut profiter à d’autres enfants. Il parle de son projet à Maurice Viollette, alors maire de Dreux mais aussi président du Cercle Laïque. Ce dernier accepte l’idée et 23 colons partent sous l’encadrement du bon instit et de sa femme à Bretteville (Manche) dans des locaux gracieusement prêtés par la ville de Cherbourg.

Novembre 1969  172-001.JPG

Les Colons à Bretteville vers 1928


Les effectifs croissants (35 colons en 1930), le Cercle monte son propre centre de vacances à Saint-Brévin-les-Bains en 1934. Gilbert Courtois et Madame Thurière prennent alors la direction de la colonie drouaise. On se requinque à coups de balades, baignades, siestes et jeux de plage jusqu'à la guerre où les bâtiments sont alors réquisitionnés par les allemands pour servir d’écuries.

Le centre reouvre en 1945. Après des années de privations, les jeunes drouais redécouvrent certains plaisirs simples. Parmi eux, Maurice Ravanne, ancien colon, se souvient :

Maurice Ravanne.jpg

Installé dans la pinède, le centre va accueillir des centaines de petits drouais. Michel Ferrière, ancien président du Cercle Laïque, rapporte en 1959 un témoignage de cette époque.

Le Patronage Saint-Jean ouvre en 1929 sa première colo à Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine). Une grande demeure accueille garçons et filles pendant les deux mois de vacances. En 1949 et 1950, le Frère Maurice réalise un film sur les activités des jeunes drouais.

Il y a le ciel, le soleil et la mer mais aussi la montagne. L’air des alpages est vivement recommandé aux enfants un peu nerveux et anémiés.

Face au succès remporté par St Brévin, le Cercle, sur l’initiative de René Jalle, crée une première colonie de montagne à Habère-Poche (Haute-Savoie) dans les années 50 puis une seconde à Rivière-Enverse. Pierlouim, raconte dans son blog, son expérience à Habère-Poche en 1955.

"L’arrivée en car depuis Dreux, dans la vallée verte, les montagnes se dessinant, à peine visibles, ombres furtives, dans la pénombre du soir couchant, cette impression de découverte et de présence étrange restera un des meilleurs souvenirs de mon enfance. Le lendemain matin je suis un des premier levé pour découvrir la montagne en plein jour…..

habere-poche-colonie.jpg


Un vieux chalet acheté depuis peu et transformé sommairement pour recevoir soixante gamins dont une partie dors sous une immense tente. Il y a encore de la paille et des outils agricoles dans le grenier…

Il y a trois séjours de trois semaines pendant l’été, du 14 juillet au 15 septembre. Le séjour de septembre est consacré aux grandes filles (entre 12 et 14 ans). Nous ne sommes que onze petits garçons (9/10 ans) avec elles. Il faut bien avouer que nous n’avons pas de scrupules à nous faire  dorloter par la  cinquantaine de demoiselles qui nous entourent. Notamment lors des marches un peu longues, pendant lesquelles, certaines « grandes » portent nos sacs à dos…

Je découvre les jeux de pistes, les barrages faits avec des cailloux dans les petits torrents, les excursions en car, la traversée du lac Léman en bateau, bref comme on dira plus tard je « m’éclate »…

Hab-re-Poche-Aout-1955--Col-de-Cou-2.jpg


Une vieille dame toujours habillée en noir, qui habite du coté de Chartres  et qui est venue avec nous en car,  nous fait la cuisine. Elle remplit de lait des petits pots en verre placés en bain marie dans une immense lessiveuse, qu’elle met à chauffer sur la cuisinière fonctionnant au bois. C’est la première fois que je mange des yaourts. C’est drôlement bon. C’est le début d’une grande passion avec celle des fromages de Savoie, la tomme et le reblochon. Et aussi celle des myrtilles que nous cueillions dans les bois..

Je reviendrai absolument ravi de mon premier séjour en colonie et pressé d’y retourner l’année prochaine, alors qu’au départ je ne voulais pas y aller."

Chaque semaine, L’Action Républicaine relaie les activités et les dernières nouvelles pour informer les parents soucieux du bon déroulement des vacances de leurs progénitures.

Le Patronage Saint-Jean propose également un séjour en montagne à Bionnassay-St Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) à partir de 1958.

Les colonies vont ainsi durer jusqu'aux années 80. Mais en proie à des difficultés financières liées généralement aux travaux de conformité et de renovation des bâtiments et plus globalement à des difficultés budgétaires, les centres vont peu à peu fermer leurs portes et être revendus.

Commentaires

C'est avec regret aprés quatre années comme colon (de vacance) que j'ai du ne plus retourner à Habère Poche, j'étais devenu vieux, plus de 12 ans.
Mais je suis quand même retourné plusieurs fois dans la Vallée Verte et même dans un mois je remonterais aux sommet du Forchat, du Miribel, de l'Hirmentaz et de l'aiguille du Col de cou, mais je ne farrais pas de barrage sur la ménoge..quoique...
Vendu par le Cercle laîque de Dreux le chalet des campanilles devint quelques temps (encore en 1998) colonie de la ville de St Cyr sur Loire. A présent le chalet serait transformé en apparts. Je vais vérifier.

Écrit par : pierlouim | 29 juin 2012

Bonjour, je suis une fidèle de votre blog. Je trouve vos interventions pertinantes et tellement révélatrices. Je ne suis pas originaire de la region et grâce à vous j ai une approche différente et plus adaptée à certaine situation. Je me suis permise de laisser un commentaire j espère que cela ne vous dérangera pas. Je suis née et j ai eu la chance de grandire à st Gervais les bains( référence à votre article). A très bientôt.

Écrit par : aline | 02 juillet 2012

Aline, il n'y a acune restriction pour les commentaires surtout quand ils sont aussi positifs que le tien. Merci pour ta fidélité et à bientôt pour de nouvelles aventures drouaises sur ce blog.

Écrit par : Jack | 03 juillet 2012

Que de souvenirs ,après avoir été colon a habère poche et a la rivière enverse ,j'y suis retourné en tant que moniteur.
c'etait dans les années 73 ou 74 ,ce qui ne nous rajeunis pas.

Écrit par : Patrick | 06 août 2012

Les commentaires sont fermés.