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21 septembre 2011

Poste restante

« Bougez avec La Poste ». Vous vous souvenez peut-être ce slogan rabâché à longueur de pub. Au beau milieu des années 80, un spot signé Jean-Paul Goude insufflait un modernisme décapant à l’enseigne jaune et bleue. Le service public faisait peau neuve, le service courrier était relooké selon les dictats du marketing.

 

« Fuyez avec La Poste ». Aujourd’hui que reste-t-il de cette institution ? Des oripeaux, des grimaces. A Dreux, le bureau du centre ville assure le service minimum en terme d'accueil.  Rien à voir avec le centre de tri situé en zone Nord, rue des Livraindières. Vous y trouverez un parc automobile digne des plus gros concessionnaires français et un bâtiment flambant neuf. En apparence seulement. Car il y a comme un décalage entre la logistique et le service fourni.

Depuis plusieurs années déjà, la distribution du courrier laisse à désirer côté drouais. Elle est devenue dans certains secteurs aléatoires, quasi-hebdomadaire en certaines périodes. Bref, elle ne tourne plus rond.

Jusque là les retards pouvaient être relativement tolérables. Sauf que, depuis cet été, de nombreux destinataires ont vu leur courrier repartir chez l’expéditeur pour une raison inconnue. Faute de moyens ? De personnel ? Cette carence de distribution inquiète. Passe encore quand il s’agit d’une carte postale. Mais de nombreux drouais n’ont jamais reçu leurs troisième tiers prévisionnel ou leurs taxes foncières. Les avis de paiement sont revenus directement au centre des impôts qui doit maintenant gérer les errements de La Poste drouaise.

Bref, plus rien ne nous surprend en ces temps de démantèlement du service public. Nous assistons juste impuissants, à cette mutation régressive sans qu’aucune alternative puisse actuellement nous laisser entrevoir des lendemains qui chantent.

19 septembre 2011

La verrue bientôt cautérisée

Le grand blessé a découvert ses plaies. Victime d’un incendie dont on ne saura jamais les véritables causes, le magasin Eurodif situé en Grande rue était jusqu’alors recouvert d’une gigantesque bâche en façade pour masquer la misère.  Les travaux de démolition et de reconstruction aujourd’hui entrepris permettent au badaud de redécouvrir cette étonnante fresque apocalyptique.

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Rappel des faits. En ce jour de 25 juin 2006, les drouais du centre ville se réveillaient sous une odeur de plastique brûlé. Le cœur d’agglo, comme les élus se plaisent à dénommer l‘hyper-centre, prenait une flèche en plein poumon. Point d’ancrage  de chalandise, locomotive commerçante, l’Eurodif justifiait à lui seul une virée en Grande rue. On y trouvait du tissu de bonne qualité à bon marché, des vêtements, de la décoration pour la maison et tout un rayon mercerie.

La bonne santé de l’enseigne était pourtant précaire. Son propriétaire, le groupe Omnium qui possède également Devred et Burton - présentait des signes de faiblesse au cours de son exercice 2006. Supportant mal la concurrence du discount vestimentaire (La Halle, Kiabi, Tati), il mettait en place une stratégie de restructuration pour éponger les dettes.

Après quelques cessions de magasins Eurodif à l’espagnol Zara et  un plan social conduisant 300 salariés au licenciement, Omnium retrouve son équilibre. Aujourd’hui le groupe va mieux, merci pour lui.

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Phénomène curieux ou surnaturels, de nombreux magasins Eurodif ont été ravagés par des incendies. Un premier à Versailles en 1992, puis trois autres entre 1999 et 2001 (Quimper, Fougères et Châteauroux). Enfin Brest (2008) et Chaumont (2010).

Si certains seront reconstruits, celui de Dreux va rester en jachère pendant plusieurs années, offrant à la vue de tous, pendant quelques mois, le spectacle d’un bâtiment entièrement calciné. La ville va tenter de relancer les négociations pour une réouverture. Les propriétaires préfèrent vendre mais se montrent gourmands sur la transaction immobilière. Le dossier va trainer jusqu’à la préemption de la ville sur le bâtiment.

Actuellement en phase de démolition, l’ensemble devrait être ensuite cédé à un promoteur.

Une question reste maintenant en suspens  : qui va s’implanter sur les 1 300 mètres carrés de l’espace ? On sait déjà qu’une partie sera occupée par des logements à l’étage et une autre par un parking souterrain. Pour le reste, rien ne filtre sur les futures enseignes qui s’installeront sur le site. Un temps il fut question d’un Prisunic. Puis ce fut la piste Monoprix. Aujourd’hui la tendance irait vers une galerie commerciale de franchisés. L’identité du ou des futurs magasins est donc soigneusement tenue au secret. Pour la bonne tenue des négociations? Ou tout simplement parce qu'aucun commerçant ne s'est encore manifesté?