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27 juillet 2011

Le parking et le Beffroi (3/5)

Le chantier reprend

Bien qu’amputé d’un tiers de places, le coût financier du parking sera tout de même supérieur de 30% du budget inital. Soit environ 7 millions de francs dont 2 566 250 francs à la charge de la ville. Voulant éviter les procédures sans fin, Jean Hieaux a opté pour le surcoût.

« Nous aurions pu faire des recherches sur les responsabilités. Mais en accord avec la ville, nous avons préféré réaménager le site au plus vite. »  L’entreprise chargée de la réalisation de l’ouvrage ayant fait faillite, les clés du chantier sont désormais remis à la SPIE.

Janvier 1991. La place Métézeau est un gigantesque trou béant. L'ambiance est à la désolation. La SCREG (Société Chimique Routière et Entreprise Générale) nettoie le site envahi par les hautes herbes et les gravats. Le responsable de l’entreprise, Mr Blanchet, émet quelques doutes sur la viabilité de la paroi : « la hauteur de la paroi périphérique est manifestement très peu homogène. Elle peut mesurer deux mètres par endroit et plus ou moins ailleurs. L’entreprise Toussaint qui s’occupait du chantier ne nous a communiqué aucun chiffre. Ce n’est vraiment pas sérieux. »

En février, Maurice Ravanne, élu de l’opposition, propose de reboucher le trou. Jean Hieaux lui rétorque que « c’est la dernière des solutions », que « ce parking a été souhaité par les commerçants » et qu’il faut « aller jusqu’au bout ». Pour Jean Jacques Tirquit, directeur régional de la SETEX, reboucher le trou reviendrait trop cher.

Un autre élu de l’opposition, Yves Leroy, soulève un lièvre au cours d’un conseil municipal : « Pour payer le parking, la SETEX a passé une convention stipulant qu’elle bénéficie d’un certain pourcentage sur toutes les sommes récoltées sur le stationnement par la police municipale de Dreux. Au conseil municipal, du 21 décembre 1989, il a été souligné qu’en accord avec la convention, Dreux payait 1,4M de francs à la SETEX par an. Pour 1991, la ville prévoit de payer 3M de francs relativement à la recette de 1990 qui s’est chiffrée à 2 850 000 Francs. A qui revient la différence entre les 1,4 M et les 3M de francs ? ». La question reste sans réponse.

Le 22 mars 1991, le PDG de la SETEX, Henri Jannet , au cours d’une réunion d'information, justifie curieusement les avaries du chantier « Ce sont des choses qui arrivent… On n’a pas eu de chance ! ».

Dans la rue, le discours ambiant n'a pas la même teneur fataliste. Les drouais s’en prennent vivement aux promoteurs et aux instances dirigeantes locales. Chacun y va de son sarcasme ou de son coup de gueule. Les défenseurs du patrimoine s'inquiètent des fissures sur le Beffroi.  Les commerçants, quant à eux, fulminent.

5500 Tonnes de béton.JPGC'est donc dans un climat délétère  que le gros oeuvre débute. Dans un premier temps il s'agit de stabiliser les fondements de l'ouvrage et d'endiguer les infiltrations d'eau. 2 700 m3 de béton sont injectés, soit l’équivalent d’un étage de parking. Cette dalle d'un mètre cinquante isole ainsi les boues du terrain et conforte l'assise de l'édifice.

Les travaux se poursuivent, le chantier a enfin trouvé sa vitesse de croisière. On coule le radier, la dalle de surface est livrée fin septembre. Place ensuite à la construction intérieure. Pour la première fois depuis des mois, on entrevoit des changements notables. Cette fois, les délais de livraison sont sur le point d'être respectés.

Le 17 janvier 1992, le parking est inauguré par Jean Hieaux et son équipe municipale. Un discours sobre est tenu dans les sous-sols des lieux, en toute discrétion.

L’heure de stationnement coûte 4 francs. La construction de ce parking aura coûté 25 millions de francs.

(à suivre)

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