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18 juillet 2011

Le parking et le Beffroi (2/5)

Couacs en série

Le concessionnaire chargé de piloter le projet a été désigné. Il s’agit de la SETEX. La municipalité charge la société de concevoir puis de réaliser un parking souterrain de 180 places réparties sur trois niveaux. Elle lui attribue également la gestion du stationnement. Pour faire travailler « le commerce local », la SETEX signe avec l’entreprise Toussaint pour le gros œuvre.

Les premières pelleteuses arrivent en  mai 1989. Les fouilles archéologiques débutent dans la foulée.

Février 1991 0046.JPG

 

4 janvier 1991  La paroi moulée, source d'inquiétudes.JPGLes équipes de forage découvre dans le sol une craie très friable avec beaucoup d’eau.  Pour permettre d’effectuer les travaux  sans qu’il y ait de répercussions alentour, il est convenu  d’isoler le parking de l’environnement immédiat. Une enveloppe de béton protégera des risques d’infiltration et d’instabilité. On conçoit la réalisation d’une paroi périphérique de 18 mètres s’enfonçant jusqu’au calcaire sain. L’opération est menée par l’entreprise Toussaint qui, sans raison manifeste, arrête sa paroi cinq mètres avant d’atteindre ce calcaire stable et sain.  Autant dire que les fondations risque de reposer sur du vide…

 Depuis les premiers coups de pioche, une fissure transversale est apparue dans la voûte du Beffroi. Alertée de l’incident, les autorités publiques réfutent la responsabilité des travaux. Des appareils de surveillance sont tout de même installés sur le monument. Mais quelques mois plus tard, en mars 1990, c’est au tour des riverains de découvrir des lézardes dans leurs maisons.

Les  avaries s’enchaînent alors. La nappe phréatique monte, transformant le chantier en gigantesque mare aux canards. Les pompes ne suffisent pas, les travaux sont momentanément suspendus.

En avril 1990, nouveau coup dur : la société Toussaint dépose son bilan, le chantier n’a plus d’entrepreneur.

Les commerçants, quant à eux, sont au bord de la crise de nerfs. Otages d’un chantier stagnant, ils déplorent la chute brutale de leur activité. Les passerelles aménagées pour accéder aux boutiques ne facilitent guère l’afflux de clients. Pour certains, la coupe est pleine. En juin 1990, au cours d’un conseil municipal, Mr Barbot, propriétaire de l’établissement Starter, réagit vivement au calendrier des fouilles qui auraient dû s’interrompre au mois d’avril. Le maire lui répond qu’il est tenu par la loi mais s’engage à ce que les fouilles s’achèvent le 11 septembre. Lui menace de quitter le centre ville, ce qu’il fera d’ailleurs peu de temps après.

Parking Beffroi expertise.JPG

En juillet 1990, la SETEX lance une campagne de reconnaissance complémentaire, géologique et hydraulique. Le rapport du bureau d’étude géotechnique signale que les parois n’ont pas été terminées et que la craie et l’eau baignant dans le « trou » représentent un risque de décompression donc de déstabilisation des sols en cas de pompage.

Pour la ville, la réalisation de nouvelles parois adéquates s’avère trop coûteuse. En outre, les conditions ne sont pas requises pour réaliser un parking à trois niveaux.

Qu’à cela ne tienne, la municipalité décide qu’il n’y en aura que deux.

Un bouchon de béton viendra consolider l’ensemble et lui assurer une parfaite stabilité.

En décembre 1990, les fouilles archéologiques touchent à leur terme. Elles auront duré 18 mois.

(à suivre)

Commentaires

Très bon billet.
Bravo.
EA

Écrit par : ALLOUCHERIC | 23 juillet 2011

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