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11 juillet 2011

Le parking et le Beffroi (1/5)

La construction du parc de stationnement souterrain place Métézeau fut sujet à bien des péripéties. Frappé par des complications géologiques, un dépôt de bilan, des inondations, des incomplétudes… le chantier fut un véritable chemin de croix pour les autorités locales, responsables de la gestion hasardeuse du projet. Les riverains vécurent un véritable calvaire, certains commerçants allant même jusqu’à fermer boutique. Le Beffroi, monument emblématique de la ville, subit pour sa part des dommages collatéraux causés par les travaux de forage. Pendant longtemps maitres d’œuvres, maîtres d’ouvrages et  entrepreneurs se renvoyèrent la responsabilité de ce calamiteux chantier, allant jusqu’à régler leurs contentieux auprès des tribunaux.

Aujourd’hui, le calme est revenu autour de la place Métézeau. Les cafés et restaurant ont sorti leurs terrasses. Le parking fêtera en début d’année prochaine ses 20 ans d’existence.

 

La mise en place du projet

Au début des années 80, alors qu’il est fortement question de piétonniser la Grande rue et ses abords, l’UCIA (l’union des commerçants et artisans), par la voix de son président, Jacques Lemare, milite pour la construction d’un parking souterrain Place Métézeau. Selon lui, « la ville ne facilite pas l’accueil des clients de l’extérieur ». Il brandit également le spectre de l’évasion commerciale : « On risque de voir des commerces de périphérie se développer d’une manière considérable et le centre de Dreux se réduire. ». Françoise Gaspard, la Maire socialiste, considère à juste raison que les rues de l’hyper-centre ne sont plus adaptées au trafic automobile et qu’au contraire, le cœur de la ville doit subir des modifications en terme d’urbanisme. Mais elle ne suit pas les recommandations de Jacques Lemare qui se pose en opposant farouche au premier magistrat drouais. Le projet restera lettre morte jusqu’au changement de majorité politique, en 1983. Le  président de l’UCIA fait alors son entrée au conseil municipal en tant qu’adjoint chargé de l’urbanisme.

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Pourquoi un parking ? Durant son premier mandat, Jean Hieaux (maire de 1983 à 1995) va s’attacher au rééquilibrage budgétaire de la ville. Les projets sont gelés, la priorité donnée aux économies.  A la fin de son premier mandat, Jean Hieaux  et son équipe ressortent du carton l’idée du parking souterrain. Nous sommes à la fin des années 80, Jacques Lemare considère qu’en matière d’animation commerciale, il faut des facilités de stationnement et que le centre ville ne dispose pas de places suffisantes pour accueillir un nombre accru de visiteurs. Un parc supplémentaire dynamiserait le commerce du centre ville, il en est convaincu. La place Métézeau est choisie par défaut car une construction place Mézirard coûterait beaucoup trop cher. Pourtant, quelques voix s’élèvent contre le choix du site.

En février 1988, Françoise Gaspard s’interroge sur la pertinence d’un parking souterrain. « Aucune information ne m’a permis d’entendre des arguments qui plaident en faveur d’une telle réalisation, alors que j’ai entendu, notamment de la part des commerçants du centre ville des arguments contraires ». Selon elle, une étude du ministère de l’équipement diligentée en 1981 démontrait que toutes les solutions de stationnement en surface n’étaient pas exploitées. Enfin, selon la conseillère municipale de Dreux, « la place Mésirard présente une configuration compliquée, des bâtiments historiques peuvent être mis en péril, on risque d’y rencontrer des vestiges comme ceux de l’ancien cimetière. »

Cette même année, les Monuments Historiques émettent des réserves à l’idée de construire un parking, craignant qu’à l’occasion de travaux de pompages, le niveau de la nappe phréatique ne tombe au dessous du niveau des fondations du beffroi.

L’objectif se précise pourtant. Le 13 mai 1988, Jean Hieaux, au cours d’une réunion d’information sur le parking souterrain fixe le délai des travaux à 14 mois, selon les estimations du constructeur,. « En général quand on édifie un ouvrage d’art, on subit évidemment des désagréments […] Mais comme l’on dit, il faut savoir souffrir pour être beau. » .

Jacques Lemare, croit dur comme fer au projet. Il parle « d’un parking très confortable épousant la forme d’un œuf plutôt que celle d’un cyclindre. »

Les ambitions sont toutefois revues à la baisse. Pour des raisons de coût, le parc de stationnement, qui devait initialement comporter six niveaux, n’en comptera que trois,. Il contiendra près de 130 places. En surface, celui de la place Métézeau en dispose alors de 70. Une fois le parking construit, il est prévu d’aménager la place pour en faire un lieu de circulation pour piétons avec des abords fleuris.

Les travaux devraient coûter entre 1 et 1,5 M de francs aux contribuables drouais.

(à suivre)

 

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