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31 mai 2011

Dreux Slow city

Cité du poulet à l'estragon? D'art et d'histoire? Du fromage à la feuille? Dreux se cherche désespérement une identité depuis plusieurs années. Un peu de marketing ripolinerait certes son image à petits coups de messages incitatifs. La ville dans la campagne, éprise de développement durable, un cadre de vie confortable à moins d'une heure de Paris, l'union parfaite entre modernisme et patrimoine... enfin vous voyez ce genre de slogan qui ne veut concrètement rien dire mais qui sonne comme un filet d'eau cascadant sur la pierre.

Dreux s'est toujours voulue tranquille. L'histoire n'a pas toujours été dans ce sens mais foncièrement, beaucoup de ses habitants y apprécie leur cadre de vie. Alors pourquoi ne pas s'investir dans un art de vivre à la drouaise?

Slow Food , délivre un label aux communes ayant validé plus de 60 critères couvrant la qualité de vie, la convivialité, l’équilibre alimentaire et le développement durable. Città Slow, le nom du label, est le réseau mondial des villes du « bon vivre » présent sur les cinq continents, ayant labellisé plus de 140 communes dans 19 pays (au 1er mai 2010).

Alors pourquoi pas un label Citta Slow pour Dreux? Une ville avec des cafés ouverts en soirée, des rassemblements populaires chaque semaine, des bons restaurants et de bons commerces de bouche, des espaces verts et des pistes cyclables. La dolce vita revisitée.

11 mai 2011

Un beau coup de boules

Dreux a toujours entretenu des relations complices avec la pétanque. Accessible, conviviale, cette activité (sportive?) draine des cohortes d'amateurs et de spécialistes à l'arrivée des beaux jours. La ville a même accueilli l'an passé une étape des masters.


Masters de Pétanque – Dreux 2010 par dreux_video

images.jpgPar chance, l'étendard de ce noble art, devenu ambassadeur de la ville de Dreux, s'appelle Philippe Quintais. Il vient de Hanches, tate souvent le cochonnet avec ses amis drouais et participait hier à la tentative de record du monde de tir à la pétanque - 1000 boules en une heure - sous le contrôle des experts du Guiness book des records, la bible des records insolites et inutiles.

Pari réussi puisque le champion du monde de la spécialité (12 titres tout de même!) et ses acolytes ont cumulé 876 carreaux en moins d'une heure. Le parking des Coralines, théâtre exceptionnel de cet évènement, résonne encore du claquement des boules de métal et des vivas de la foule.

Philippe Chanoine, l'un des promoteurs de cette journée, envisage d'autres manifestations de ce type pour améliorer la réputation de Dreux (Serait-elle si mauvaise?). En cela, il peut déjà s'inspirer de quelques records homologués...

 

 

 

10 mai 2011

François Mitterrand à Dreux

Puisqu'il est de bon ton d'évoquer la mémoire de l'ancien Président de la République à l'occasion du trentenaire de son élection, rappelons-nous ses visites en terres drouaises. Deux dates - il en existe peut-être d'autres - marquent sa venue.

Le 1er novembre 1965

Septembre 1965 115.jpg

En campagne pour les élections présidentielles, le chef de la CIR (Convention des Institutions Républicaines) dépose une gerbe de fleur devant le monument dédié à Maurice Viollette. Le meeting se déroula ensuite à la salle des conférences.

François Mitterrand, consulta à plusieurs reprises le gouverneur général d'Algérie du temps où il fut ministre de l'intérieur. "Un homme plus grand que son destin". Décrivant l'ancien maire de Dreux comme "un sanglier ramassé sur lui-même", il le canonisera en ces termes : "Un des hommes qui, avec Mendès France, ont le plus compté pour moi."

 

Le 5 février 1977

Francoise-Gaspard_medium.jpg

François Mitterrand lance la campagne des municipales par un meeting à Dreux, à la salle des fêtes. Il rend symboliquement hommage à la candidature de Françoise Gaspard, en qui il voit l'incarnation de l'engagement de la femme en politique.

Françoise Gaspard évoque sa venue dans "Madame le..." (Grasset) :

"François Mitterrand a le défaut d'être très souvent, sinon toujours en retard. J'avais donc prévu un discours à durée vriable, conçu pour un quart d'heure comme pour une heure, afin de tenir la salle jusqu'à son arrivée. Son retard fut pire que jamais. Les routes étaient mauvaises et il s'était trompé de direction. J'ai cru un moment, avec angoisse, que j'allais aborder ma conclusion avant son arrivée, ce qui eût été d'un effect catastrophique, mais je craignais surtout que l'auditoire finisse par s'ennuyer à m'entendre alors qu'il était venu pour écouter le premier secrétaire du Parti Socialiste."

Pendant plus d'une heure et demie, le chef du Parti Socialiste discourt sur les méfaits du libéralisme économique, les inégalités sociales et l'action du gouvernement Barre. Il insiste sur les réformes sociales à engager en France et propose une "société d'avenir", forte de vertus solidaires et humanistes.

09 mai 2011

Intervilles

Le redécoupage des intercommunalités prévu par la réforme territoriale a recemment ravivé les tensions entre Gérard Hamel et Jean-Pierre Gaboriau. Les deux élus, qui n'en sont pas à leur première algarade, se sont échauffés les oreilles par média interposé (Cf l'Echo Républicain des 28 et 29 avril dernier) au sujet de l'empiètement de la communauté d'agglomération drouaise sur celles des communes du Thymerais.

Le contexte : Dreux Agglo par la voix de son président, Gérard Hamel, entend élargir le périmètre de l'agglomération drouaise à celui du pays drouais et ses 76 communes. Elle vise notamment certaines municipalités du Thymerais déjà regroupées en communauté de communes. Le président de cette dernière assemblée, Jean-Pierre Gaboriau démissionne de son mandat, accusant le maire de Dreux de diviser ses communes adhérentes.

L'enjeu : Pour Gérard Hamel, l'objectif est de rendre plus compétitive l'agglomération drouaise en la dotant d'un budget d'investissement plus proche de sa voisine chartraine.

Les verbatim - L'approche concentrée de Gaboriau...

gab.jpg"L'ambiance n'a pas toujours été très sereine au sein de la communauté de communes du Thymerais. Je ne cache qu'il y avait des difficultés avec les communes de Tremblay-les-villages [où Gérard Hamel fut maire - NDLR] et Maillebois. La communauté de communes est aussi affaiblie par les départs annoncés de Tremblay et Serazereux qui veulent rejoindre Dreux agglomération."

"Pourquoi Gérard Hamel veut-il débaucher les maires de mon canton qui jusque-là correspondait parfaitement au périmètre de la communauté de communes?"

"Dreux est une ville sinistrée sur le plan économique avec le taux de chômage le plus élevé du département. Dans ces conditions, je ne suis pas surpris que Gérard Hamel lorgne sur les communautés voisines de la sienne et en particulier sur celle du Thymerais qui se porte très bien sur le plan économique. Dreux agglo a simplement besoin d'élargir son périmètre pour intégrer les richesses économiques créées par les autres communautés de communes".

La riposte de Gérard Hamel...images.jpg

"La discorde qui règne au sein de la communauté de communes de monsieur Gaboriau ne date pas d'hier. Je pense qu'il a attendu que les élections cantonales soient terminées pour en tirer une conclusion logique à sa mise en minorité. Il a démissionné face à son isolement."

"Dire que Dreux agglo est sinistré et que je cherche de l'argent ailleurs montre tout simplement que Jean-Pierre Gaboriau est à côté de la plaque".

"Jean-Pierre Gaboriau est un caméléon qui a été à gauche puis au centre et qui risque de finir à droite. Il faut arrêter le saut à l'élastique".

Jean-Pierre Gaboriau, un genou à terre, réagit :

"Que viennent faire dans ce débat ces arguments sans cesse râbachés sur ma couleur politique. J'ai toujours été, de par mes valeurs sociales, un homme de centre gauche et les reste au sein du GAEL (Gagner avec l'Eure-et-Loir)".

"Je pose la question du bien-fondé d'une agglo à 76 communes, les compétences qui lui seront transférées, la place qu'y auront nos communes et le pouvoir qu'auront nos représentants dans ces grands machins dans lesquels le pouvoir sera entre les mains de chefs de services et dans lesquels les assemblées réunissant 150 élus n'auront plus que le pouvoir d'approuver des décisions prises en amont".

Ce débat a l'avantage de situer les futurs enjeux de l'intercommunalité qui, sous ses aspects de fédération intervillageoise, prend de plus en plus d'espace dans la gestion des affaires locales. La seule ville de Dreux n'a pas la carrure suffisamment large pour se lancer dans des projets d'envergure et a besoin aujourd'hui de s'appuyer sur la solidarité des communes voisines pour rivaliser avec les agglo de Chartres, de Rambouillet et d'Evreux. La constitution d'une telle assemblée, même forte d'une puissance de feu budgétaire, pose tout de même quelques soucis d'administration.

C'est un fait, l'intercommunalité entraîne la hausse des dépenses municipales, sans que celles-ci soient compensées par une diminution des dépenses à l'échelon communal. De plus, la rationalisation des effectifs entre la communauté d'agglo et les communes tarde à s'organiser. Deux députés, Patrick Beaudouin et Philippe Pemezec, relayé par la Cour de comptes et le sénateur UMP Philippe Dallier, avaient consigné dans plusieurs rapports les dysfonctionnements de ces groupements. On y découvraient des associations entre communes à des fins essentiellement politiques ou alors opportunistes, motivées par les alléchantes allocations versées par l'Etat. Surtout, les rapports pointaient les charges de personnel. Là où l'on imagine des transferts des effectifs des communes vers les groupements, on assiste généralement à des recrutements asynergiques dans chaque collectivité locale. Une gestion des ressources humaines aléatoires et forcément coûteuse.

Enfin, reste le problème de la légitimité des maires des plus petites communes qui courent le risque de perdre de la "proximité" en adhérant à une structure "technocratique". Pour peu que les impôts augmentent et les voilà sur un siège éjectable.

On voit, à travers la querelle qui l'oppose à Jean-Pierre Gaboriau, que Gérard Hamel peine à féderer les communes du pays drouais autour de Dreux Agglo. Sa stratégie à l'adresse du Thymerais. n'est pas sans rappeler ses bisbilles avec Michel Lethuillier au sujet de la communauté des villages du drouais. La route est longue pour atteindre son objectif des 76 communes. S'il y parvient, on pourra louer ses talents de diplomate. Dans ce sens il pourrait être aidé par le prefet qui a le pouvoir de rationaliser les périmètres des EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) dans le cadre du schéma départemental de coopération intercommunale prévu en 2013.