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20 juin 2011

En France comme à Dreux

Par un beau matin de printemps, Eric Dupin a quitté sa bulle parisienne pour aller à a rencontre des vrais gens et découvrir la France des régions. Pendant deux ans, il a sillonné les vertes contrées hexagonales, de la Normandie à la cote d'azur en passant par la Creuse. De ce voyage candide est né un livre, Voyages en France (Seuil), radiographie assez agréable à lire même si l'on apprend rien de nouveau.

Dupin n'a malheureusement pas fait halte à Dreux. Mais j'ai relevé un passage de son livre sur sa description assez bien sentie de ces villes moyennes à l'uniformité exemplaire dans laquelle nous retrouvons point par point les aspects de l'identité physique et sociale de notre cité drouaise.

"Pour qui la parcourt en ce début du XXIe siècle, la France s'est bigrement américanisée. La spécialisation fonctionnelle des différents types de territoires l'emporte désormais sur les particularismes régionaux. D'un bout à l'autre de l'Hexagone, ce sont les mêmes schémas qui se répètent. Les hideuses entrées d'agglomération, avec leur cortège de panneaux publicitaires, de magasins discount et de chaînes de restauration rapide, sont les mêmes dans le Nord et dans le Tarn, en Bretagne ou dans le Jura...

Rien ne ressemble plus à une ville française qu'une autre ville française, patrimoine touristique mis à part. Le centre-ville, rebaptisé "coeur de ville" dans le jargon des élus, est formé d'un quartier piétonnier. Il est immanquablement colonisé par des magasins de vêtements, pour la plupart franchisés. On est aussi certains d'y trouver des boutiques de téléphonie ainsi que des jeunes marginaux accompagnés de chiens.

Plus loin se situent les "quartiers sensibles". Truffés d'antennes paraboliques, des immeubles d'habitat social abritent majoritairement une population d'origine immigrée. La spécialisation ethnique des différents quartiers donne parfois la pénible impression de traverser un pays soumis à un nouveau genre d'apartheid. Je n'ai guère été témoin d'attitudes ouvertement racistes au cours de ce voyage. Mais j'ai pu constater à quel point les stratégies d'évitement des uns et des autres rendaient théoriques les beaux discours du "vivre-ensemble".

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