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22 mars 2011

Le Monde des clichés

Nous sommes en période électorale, Marine Le Pen fait beaucoup parler d'elle et vous savez quoi? Nous avons droit à un reportage dans l'illustre quotidien du soir qui publie pleine page (la trois) dans son édition du 20 mars un état des lieux sur nos accointances avec l'extrême droite. Titre du délit : "A Dreux, le FN des champs".

Selon le journaliste - envoyé spécial - l'électorat du FN a migré vers les bourgades alentours. Je ne voudrais me fâcher avec mes voisins du canton sud, ceux notamment de Tréon, pardonnez-moi, mais on vous présente comme des gros beaufs racistes. Mais qu’ils se rassurent, grâce à la sagacité des observateurs de la presse nationale, les drouais préservent leur image de marque auprès de l’opinion publique. L'affaire est d’ailleurs entendue, nous ne serons jamais des gens respectables, de ceux en tous cas qui tolèrent l'immigration, qui combattent l'islamophobie, qui prônent la mondialisation et préfèrent les verrines à la choucroute garnie. Dans quelques années, mes petits-enfants, quand ils apprendront que je vivais à Dreux dans les années 80, publieront peut-être des pamphlets à la façon d'Alexandre Jardin pour dénoncer "mon grand-père, ce facho".

Des quantités d'articles ont été produits sur cette liaison. Les dernières tendances montraient pourtant qu'à Dreux, on ne trouvait plus trace de FN. Le Monde s'émouvait de cette situation en titrant en 2008 "Dreux : les orphelins du Front National". Autant dire qu'il n'y avait plus matière à surreprésenter la ville en symbole du FN. Mais aujourd’hui, le ton a changé. Pour le plumitif parisien, "Trente ans après, Dreux conserve l'image négative d'une ville qui s'est offerte à l'extrême droite". Dreux la salope, qui couche avec l'ennemi. On devrait lui raser la boule tiens. Enfin si les journalistes entretenaient un peu moins ce mythe, on éviterait de ressasser ces vieux démons. Et puis, il serait grand temps que les médias s'autocritiquent et réfléchissent un peu à leur implication dans la montée du FN en France. La presse a souvent eu cette posture ambigüe et lâche, apportant du grain à moudre aux thèses du FN pour ensuite dénoncer son idéologie politiquement incorrecte. Comme lorsqu'elle se répand longuement sur les flux migratoires consécutifs à la Révolution du jasmin en Tunisie et s'inquiète ensuite de la poussée de Marine Le Pen dans les sondages. Non, elle préfère pointer du doigt les mauvaises herbes sans chercher à savoir ce qui pousse ces mauvais électeurs à adhérer à des thèses xénophobes, sécuritaires et nationalistes. Ce type d'article n'apprend rien. Il confirme juste que certains journalistes se bornent à informer et qu'ils ne sont pas là pour comprendre.

Commentaires

Gérard Hamel est la source du problème.
Loin d'avoir débarrasser Dreux du FN, il permet aujourd'hui à ce dernier de mieux ressurgir.
Plus d'une décennie de gestion municipale incompétente et dépourvue de tout esprit prospectif aura eu raison des drouais.

Écrit par : Victor | 23 mars 2011

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