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27 avril 2010

Camera obscura

Il y a quelques semaines Gérard Hamel et Valentino Gambuto se sont gentiment échauffés à propos de la vidéosurveillance. Le chef de file de l'opposition demandait des comptes sur l'efficacité des cameras installées en ville. Ce à quoi le Maire lui répondit qu'il était difficile d'établir un bilan car "le problème de la sécurité est un problème global" (in La Rep, 3 avril 2010).

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Voilà une parole sensée mais qui ne va pas forcément dans le sens des autorités politiques de droite. Brice Hortefeux, notre arithméticien de l'intérieur, défend bec et ongles un système qui selon lui réduit par deux la délinquance des communes équipées de caméras de surveillance. Une assertion presque sortie du chapeau car hormis un rapport relayé par le Figaro, il n'existe aucune étude sérieuse en France sur la vidéosurveillance. On aurait tout aussi bien pu évoquer les nuits de pleine lunes ou le réchauffement climatique pour justifier cette baisse. Voire une trève passagère des malfaiteurs. Car il est extrêmement complexe de trouver des critères et des indicateurs pertinents qui permettent d'isoler le facteur "vidéosurveillance" parmi tous ceux qui peuvent expliquer des variations de la délinquance.

En Grande-Bretagne, pays champion du monde de la vidéosurveillance avec plus de 4 millions d'appareils, on devient sceptique sur les bienfaits du système. Un rapport officiel a notamment établi qu'à Londres 80% des images étaient inutilisables et 3% seulement des vols auraient été résolus grâce à la vidéosurveillance. Si bien que les autorités remettent sérieusement en question un tel déploiement technologique.

En France, nos gouvernants et la presse de droite persistent à considérer l'action dissuasive des caméras quitte à se faire plus discret quand il s'agit de démontrer leur efficacité à identifier les auteurs d'un crime ou d'un délit. En fait, la videosurveillance permettrait surtout  d'accélerer une enquête seulement quand on sait qui et où chercher. Dans ces conditions autant avoir des modèles factices car ce luxueux matériel urbain a un coût : près de 40 000 euros pour installer une camera auxquels il faut ajouter 24 000 euros de fonctionnement (Source Les Echos 16/10/2007).

A Dreux, "ville sous vidéoprotection", nous sommes bien évidemment concernés par le sujet. Mais entre une technologie aux résultats aléatoires et une délinquance se jouant habilement des caméras, quel bilan peut-on tirer? Que les contraventions pour mauvais stationnement ont explosé?

Commentaires

Ou que les excès de vitesses se multiplient, sans doute...

Écrit par : Ellie | 27 avril 2010

Y avait-il une caméra dans vol au dessus d'un nid de poulets...du commissariat pardon/ Ziz

Écrit par : zizou | 06 mai 2010

Juste l'oeil de Jack Nicleson, l'inspecteur en chef.

Écrit par : Jack | 07 mai 2010

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