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03 mars 2010

La mort de Jean Hieaux

Juillet 1985 0058-1.JPGL'ancien maire de Dreux (de 1983 à 1995) est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à l'âge de 85 ans. Personnalité dévouée à la cause municipale, il fut banquier de son état mais aussi le grand argentier de la ville en occupant les fonctions d'adjoint chargé des finances puis de maire où il fit de l'équilibre budgétaire sa grande priorité.

Aux yeux de l'opinion publique et de quelques médias nationaux, Jean Hieaux restera pourtant l'homme de l'alliance avec le Front National. C'est réducteur, fâcheux et injuste. Même ses adversaires de l'époque trouveront le raccourci inappropriée.

En fait, Jean Hieaux n'a jamais véritablement baigné dans la politique politicienne. Il se définissait modestement comme un serviteur, un comptable appliqué veillant scrupuleusement aux bons comptes de la ville. Il ne ménagera pas ses efforts auprès de Jean Cauchon (1965-1977) et redressera la situation financière calamiteuse laissée - selon ses dires - par les socialistes (1977-1983).

1983 marquera un tournant dans l'engagement politique de ce catholique pratiquant, discret et élégant. Après l'annulation des élections municipales entachées d'irrégularités et d'un écart de voix étriqué (8 voix d'avance pour Françoise Gaspard sur le candidat de droite René-Jean Fontanille), diverses personnalités locales le poussent à conduire la liste d'opposition pour le "troisième tour" de ces municipales. Tout d'abord hésitant, il consulte et constitue une équipe homogène à ses côtés. La liste d'opposition qui prévoit en cas de second tour une alliance avec le FN de Jean-Pierre Stirbois.

L'histoire s'écrit ensuite le 11 septembre, date à laquelle Dreux rentrera dans une période de haute turbulence médiatique et de querelles d'élus. Pas réellement conscient de l'onde de choc que suscite cette alliance, Jean Hieaux se réfugie derrière le discours officiel des instances dirigeantes du RPR où tous les coups sont permis pour barrer la route aux "socialo-communistes".

Après deux années tumultueuses émaillées de règlements de compte, la situation va progressivement se stabiliser. Mais l'image de Dreux est détériorée, il faut la reconstruire. Jean Hieaux est un fin financier mais pas nécéssairement un visionnaire éclairé. Il va s'attacher à restaurer le calme, à gérer la ville en bon père de famille, laissant parfois un peu naïvement ses adjoints orienter la politique municipale, lui n'intervenant que pour arbitrer.

Si la situation financière de Dreux s'améliore à la faveur d'un sérieux plan d'austérité, le climat social tend à se dégrader stimulé en cela par la progression du FN aux différents scrutins locaux et nationaux. Après le décès accidentel de son mari, Marie-France Stirbois est élue députée en 1989. Jean Hieaux n'est pas un prédateur de la politique mais parvient à endiguer les assauts Frontistes aux municipales de 89 et prépare Gérard Hamel à sa succession en 1995. Mais il n'apportera pas son soutien à l'actuel maire de Dreux pour les échéances suivantes.

Rangé des affaires, on le croisait régulièrement le matin sur le chemin allant de la rue des Capucins au Bar des Flambarts où il achetait le Figaro et la Rep. Je me suis toujours demandé pourquoi il ne s'abonnait pas. Au fond de moi, je me doutais qu'il cherchait un prétexte pour aller à la rencontre des drouais, garder le contact avec cette ville qu'il a beaucoup aimé et servi du mieux qu'il a pu.

 

Commentaires

trés bel hommage à Jean Hieaux.....

Écrit par : pierlouim | 10 mars 2010

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