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16.06.2008

Vélo social

Depuis deux jours, tout le monde en parlait dans le quartier. "Hey Jack, n'oublie pas la course dimanche!". La course? Mais oui, suis-je bêta, la dernière étape du tour d'Eure-et-Loir cycliste qui après un petit tour en ville arrivait en haut du boulevard Louis Terrier. Mon cher voisin, Marcel Taupin, me rappelait même l'avant veille qu'il fallait remonter à près de quarante ans avec les Paris-Ezy et Paris-Camemebert, pour voir une compétition de vélo dans le coin. C'était dire l'importance de l'évènement.

Chose curieuse, malgré leur enthousiasme, aucun de mes voisins ne voue une adoration particulière à la petite reine. Mais le cyclisme, sport populaire par essence, a ce pouvoir d'attirer les foules même pour une simple épreuve locale. Tout en m'affairant à buter mes pieds de pommes de terre, je guettais de loin les premiers signes de la caravane. 15h35, quelques pétarades de moto. Je lâche aussitôt ma binette pour accourir vers le portail ; les gendarmes. Pas de doute, quand la gendarmerie aboie, la caravane passe. A peine posté sur le trottoir, je reçois un bob Skoda, un dépliant de prévention contre l'alcool au volant et un exemplaire de l'Echo républicain daté du 14 juin. Chouette. Je vais peut-être avoir des stylos du Conseil Général ou des fraises tagada-tzointzoin. Mais non. Les sponsors non content de polluer l'espace sportif sont devenus radins.

Enfin, je retrouvais mes chers voisins, en place pour certains depuis une bonne demi-heure et je dois dire, même si nous nous fréquentons depuis quelques années, que je n'avais jamais eu l'occasion de voir un tel rassemblement. Plus fort que la fête des voisins. Marcel devisait sur les carences stratégiques de Raymond Domenech ; André Sanfrapé m'expliquait que son terrain trop marneux ne supportait pas la culture potagère ; Huguette Legranbois se désespérait de la fraîcheur ambiante... Après quasiment une heure de palabres décousues mais vivantes, un escadron de la gendarmerie ouvrait le passage à un groupe d'échappés roulant à vive allure. Le temps d'une photo, je me relève, voilà c'était fini. Non, pas tout à fait. Le peloton arrivait deux minutes plus tard à toute berzingue. 

2008_0615vélo0058.JPG

Diable, tout ce temps à patienter pour vivre une poignée de secondes le passage de coureurs pressés. Drôle de constat, où d'un côté l'attente génère du lien social et de l'autre, la vélocité rend inaccessible à tout contact. Ceux qui patientent et ceux qui agissent. La course cycliste, miroir à deux faces d'une société à deux vitesses.

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Commentaires

Cette photo est superbe. Et je pèse mes mots !
Jeveuzéjexige que tu viennes photographier l'arrivée du tour à Châteauroux le 9 juillet ! (un peu de pub pour ma paroisse)

Ecrit par : Ellie | 17.06.2008

Paris Ezy je m'en souviens....
Ta note me rappelle le passage du tour de France à Nogent le Roi, il y a (3 ans ?) installés dans un tournant pour bien voir les coureurs, les gamins s'impatientants "Quand't'es-ce qui s'arrivent ?". Ceci malgré la chasse aux casquettes et biduliaux publicitaires..
Heureusement le passage fut assez long, des échappés, un pelotons trés étirés...
Dés que les coureurs furent passés, un déluge de flotte mémorable..j'en suis encore trempé...

Au fait, qui a gagné le tour d'Eure et loir ?...

Ecrit par : pierlouim | 18.06.2008

Alexander Meenhorst, un néo-zélandais.

Ecrit par : Jack | 19.06.2008

merci du renseignement , car je n'ais pas encore pu lire la presse locale drouaise....l

Ecrit par : pierlouim | 20.06.2008

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