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27 avril 2007

Ode à Dreux d'Ellie

Dans le cadre du cyber-jumelage Dreux-Châteauroux, je laisse la plume - que dis-je le clavecin -  à mon amie Ellie qui nous livre ici ses impressions sur notre jolie cité.

 

Dreux, c'est Los Angeles : je l'ai découvert un soir d'été indien, d'un octobre harmonieux. La nuit, de la nationale qui vient de Paris, Dreux étale à vos pieds ses rues illuminées, telle la cité des Anges, en plus petit, bien sûr.

medium_Transbeauce.JPGDe Châteauroux, pour aller à Dreux, il faut traverser la Beauce : en train, en voiture ... ou avec le "Transbeauce", ce joli car jaune comme le colza dans lequel il se fond en avril. Dommage qu'il ne roule pas au diester, ça complèterait le tableau.

La Beauce est un vaste plateau à l'agriculture expansive, depuis peu émaillée d'éoliennes, parfaitement riant sous un beau ciel bleu de printemps mais qui confine au désespoir en octobre brouillasseux. Une épine grise le domine : la cathédrale de Chartres, dressant sur son éperon rocheux ses glorieuses flèches gothiques.

Au sortir de le Beauce, on plonge vers Dreux, comme en apnée, abandonnant tout espoir de capter la moindre station de radio, y compris France Culture qui pourtant arrose jusqu'à la lune.

Sur les hauteurs de Dreux, les cités remplies d'immigrés, que Charles Martel arrêta à moitié : ceux qui réussirent à passer eurent le privilège de s'intaller dans des barres en béton, matériau de l'avenir, mal insonorisées et somptueusement moches - mais au moins eux ils ont la radio - alors que tout au creux de la cuvette, là, au fond du brouillard, est le siège du gratin drouais. Le centre-ville, dont l'immobilier est devenu récemment inaccessible au non-bobo-parisien plein de fric. L'ultime carré de "Français de souche", prêts à défendre la toute dernière charcuterie quand le Moment sera venu.

Je ne me rappelle pas du tout de la sombre histoire de la victoire du FN à Dreux en 1983 : à cette époque, je vivais sur une autre planète... Un peu plus tard, en étudiant l'histoire, j'ai vaguement bachoté le nom de la Chapelle Royale, tombeau de la famille d'Orléans, pillé lors de la Terreur... Dreux, un passé terrible, un présent pas terrible.

medium_charcuterie.JPGMais sortons des poncifs. Voilà ce que j'ai vu en vrai. Laissons là le brouillard - après tout, on n'est pas très loin du Pôle Nord, faut savoir l'accepter - ou la xénophobie, et penchons-nous sur la vie. Dreux est une ville de marchés. Aux Halles flambant neuves, on peut boire un café, on vous offre du pâté et des tartines avec des sardines, mais on n'est pas obligé de tremper les deuxièmes dans le premier. Sur la place, le vendredi matin, et le mardi aussi, il y a des maraîchers qui vendent des vrais légumes comme autrefois avec des vers et des trous. Et puis, là-bas aussi, y'a une très jolie médiathèque et des tas de belles fleurs. On peut aller escalader les collines, et ça monte ! pas commun quand on vit usuellement en pays castelroussin... pour rejoindre la cité américaine - ça, ça me rappelle le pays, tiens - les maisons plates où des Etazuniens ont brièvement vécu après guerre.

Dreux, c'est aussi la cité des canaux. Une étroite rivière, la Blaise, traversée par des ponts lui donne des faux airs de Venise beauceronne en longeant nonchalamment les baraques antédiluvienes, avec lavoir intégré - tout le confort moderne... au XVIIème siècle. Non loin, l'Eure serpente dans un paysage de carte postale, longé par une petite route où les cyclistes côtoient les véhicules les plus hétéroclites.

Dreux c'est la ville des forgerons : jamais je n'ai autant vu de majestueux portails en fer forgé, volutes contorsionnées aux offensives lances type porc-épic mutant, défendre les propriétés publiques ou privées. Il y a beaucoup de lieux interdits à Dreux. Il faut dire aussi que la propriété privée n'y est pas toujours respectée : poubelles volées lors des manifs anti-CPE, rétroviseurs fracassés les nuits d'ennui, il ne fait pas bon laisser traîner son paquet de mouchoirs sur la lunette arrière, les rues sont chaudes, enfin, au sens ... figuré.

medium_cheval.JPGSi on veut respirer, sortir de barreaux, il y a la forêt vallonnée. Il y a aussi de jolis jardins fleuris où même les tomates s'épanouissent en hâte, devançant le précoce hiver du Nord. On n'est pas loin de Paris, de la Normandie. Mais c'est toujours la région Centre.

Dreux m'a appris quelque chose : pour s'attacher à un coin, il faut y créer des liens.

25 avril 2007

Une église pas très catholique

Nous poursuivons notre revue des objets insolites inscrits au patrimoine drouais...

 

medium_Dreux_1450.jpgSur un lieu sacré de notre chère bonne ville, il est quelques ornements paillards et dominants qui trônent majestueusement comme les magazines pornos en haut des étagères des buralistes. A l'abri des regards. Je ne blasphème pas, je le jure. Mais je tiens à vous avertir, chers lecteurs, du caractère hautement sulfureux de ce post pour lequel vous ne retiendrez j'espère que la dimension baroque.

medium_Dreux_1446.4.jpgCes objets licencieux se trouvent en façade de l'église St Pierre et plus précisément sur son abside. Bon déjà, l'édifice se distingue par sa tour inachevée (faute de deniers ou de main d'oeuvre??) et son âne paisible beaucoup moins effrayant que les traditionnelles chimères. 

Soit, mais alors un peu plus loin le spectacle frise carrément l'indécence pour les têtes en l'air.

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Ben ma bonne dame.. Des attributs ostensiblement exhibées ... Drôles de gargouilles, nom d'une couille!

21 avril 2007

Rue des maires

Il va falloir vous concentrer sérieusement ... Combien de rues de Dreux portent le nom d'un ancien maire?

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11:00 Publié dans La boîte à jeux | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : dreux, jeux, rue, maire

16 avril 2007

Sarko balafré, Ségo immaculée

Comment vont voter les drouais aux présidentielles? Mystère et boules de gomme. Aucun faisceau de présomption fondé ne transparait, à part quelques commentaires piqués ça et là dans la rue, sur la place du marché ou après le pousse-café familial. Difficile dans ces conditions de mesurer la popularité d'un candidat ou de sentir une mobilisation forte autour d'une idéologie. En revanche les murs, à défaut d'avoir des oreilles, s'expriment parfois. Enfin en guise de mur, on parlera plutôt de panneaux, de ceux installés au quatre coins de la ville et sur lesquelles ont été placardées les affiches des 12 prétendants à l'Elysée.

Selon les quartiers, les comportements diffèrent : quand certains s'en prennent vertement aux représentants des partis de droite, d'autres préfèrent maquiller la trombine des gauchistes. A chacun sa révolte. Mais globalement, d'après l'indice de la balafre, du gribouillage et de l'insulte, Nicolas Sarkozy arrive largement en tête, précédé de Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers. Les autres semblent relativement épargnés, notamment Ségolène Royal dont le visage de madone inspire sans doute indulgence et respect.

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medium_Dreux_1419.2.jpgmedium_Dreux_1422.2.jpgmedium_Dreux_1426.2.jpgmedium_Dreux_1429.2.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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14 avril 2007

Le Lion de Dreux

J'entame à compter d'aujourd'hui une petite revue d'objets et de monuments incongrus dispersés ça et là dans le paysage drouais...

A tout seigneur, tout honneur, gloire au lion. Celui posté en cerbère, à l'angle des rues St Thibault et des Marchebeaux.  Un lion pas franchement sauvage, un peu trop marron même et abusivement ultra-brité. Un comité d'accueil qui n'effarouche nullement le visiteur passant le portail du domaine et désirant rejoindre la magnifique bâtisse  communément appelée, maison du lion. Rapport au félin, vous l'aviez déjà deviné.

medium_Dreux_1386.jpgPour la petite histoire, ce pavillon cossu, construit au milieu du XIXe siècle fut habité en son temps par Jacques Mésirard, un ancien édile de la ville.  Jusque là rien d'anormal, la vie de château alimente les chroniques de la bourgeoisie locale. Certains oiseaux de mauvais augure prétendent cependant que les lieux sont occupés par des forces maléfiques. Balivernes répond-on en haut lieu. Mais en cet été 1890, la chaleur accable  la région. Malgré l'ombrelle, l'éventail s'agite à grands battements syncopés. L'orage gronde. Jusqu'à cette date du 18 août où dame nature se déchaine et envoie valdinguer toits et arbres du parc. Un terrible ouragan vient de ravager le quartier St Thibault. La réalité dépasse l'imagination. Le locataire d'alors, le capitaine Lejaille, voit la maison s'emplir de craquement sinistres : les vitres se brisent, les cloisons s'effondrent. L'officier se retrouve même projeté quelques mètres en arrière.

Pierre Bellemare appréciera l'intense mystère des lieux.

La demeure, qui a toujours suscité une curiosité contenue chez les drouais,  fut rachetée par le conseil municipal en 1978. Depuis, les clefs sont passées entre plusieurs mains et le lion - qui avait un aspect vert-de-gris décati fut tout bonnement repeint, couleur chocolat. Sans doute par un fauviste daltonien.

10:10 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dreux, maison, lion