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31.01.2007
"Cocotte", la 2CV dématérialisée
Vous les anciens, rappelez vous la 2CV, cette increvable légende de la route avec laquelle vous avez parcouru l'hexagone, en long, en large, en travers, en triangle, en losange... Objet d'un véritable culte, familiarisée par ses nombreux surnoms, elle faisait partie du patrimoine populaire au même titre que le camembert et le Cinzano. Les gamins se pinçaient quand ils croisaient une "dodoche verte". Elle éclipsa même les James Bond girls dans "Rien que pour vos yeux".
Seulement, avec le temps, l'espèce est devenue rare. Le mythe subsiste tant bien que mal malgré les efforts de quelques deuchophiles qui n'hésitent pas à l'ériger en "art de vivre", conception new-age du moyen de transport en rupture avec l'automobile fonctionnelle et contemporaine. Il existe à Dreux un collector, exemplaire unique et personnifié qui brise les carcans du matérialisme. A ce stade, la bi-cyclindre atteint une dimension spirituelle et philosophique. Spatio-temporelle, nous susurrent Igor et Grishka.![]()
08:35 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Dreux, 2CV, deuche, dodoche, collector
30.01.2007
Les poètes investissent le BO
Le bar d'Orléans (BO pour les habitués) fut pendant plus de 20 ans une officine du poujadisme local et du racisme ordinaire, celui qui rampe sournoisement au ras du zinc. Sa notoriété était née avec l'avènement du Front National lors des municipales de 1983 où Jean-Pierre Stirbois et ses sympathisants y avaient trouvé un point d'attache. Derrière le comptoir, deux frères aussi dissemblables qu'un blanc de poulet dans une salade de betteraves, assistaient aux débats, le visage impassible et l'oeil maussade. Au fil des années, l'image sulfureuse du bar s'était quelque peu aseptisée, les étudiants bon chic bon genre prenant le pas sur les nazillons, la clientèle se raréfiant, l'"âme" du lieu disparaissant progressivement, malgré quelques irréductibles aux accents franchouillards.
Alors un beau jour de 2006, le BO a fermé ses portes. Les nouveaux propriétaires ont tenu à marquer leur différence en affichant une enseigne - le cercle des poètes retrouvés - pleine d'à propos. Reste à savoir si l'effet d'annonce tient ses promesses parmi la clientèle.
13:30 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Dreux, bar, front national
26.01.2007
C'est où donc?
09:20 Publié dans La boîte à jeux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dreux, chapiteau, art, patrimoine
25.01.2007
Mais où sont passés les 4X4?
Ce matin là, "la taupe" se sentait l'âme d'un ethnologue, observant les multiples spécimens de Durocassum erectus qui grouillaient sur la place du marché. Il porta d'abord son attention sur un être volubile moulinant des bras pour expliquer la dernière partie de dominos qu'il avait remportée. Près de lui, son interlocuteur prenait la pose de l'échassier, le pied droit calé à la jointure du genou gauche, le menton tenu par la main, l'air faussement intéressé. Plus loin, un petit bonhomme rondouillard tatait frénétiquement les légumes de l'étal dans un geste de refoulement oedipien. Derrière lui, une vieille dame fouillait dans son porte monnaie, provocant l'irritation d'impatients clients. La scène lui semblait pittoresque, provinciale, jusqu'à l'intrusion d'un rustre individu qui rangea son 4X4 Rover sur la largeur du trottoir. L'allure dominante, il se curait le nez tout en pianotant sur son portable. "En voilà des manières" s'insurgea Marcel.
Hé oui, imaginez des excréments nasaux collés sur le clavier du téléphone. On les oublie vite et on se les tartine sur la joue au premier appel. Ca fait mauvais genre. Mais là où Marcel voulait exprimer son désagrément, c'était dans le comportement irrévérencieux de l'homme au volant de sa grosse voiture, particulièrement inadaptée à la circulation en ville. Il se souvenait avoir lu que les véhicules tout terrain représentaient 5,3% du marché automobile hexagonal. Il voulut savoir quelle était la proportion de drouais propriétaires de ce type d'engin. Statisticien dans l'âme, il prit pour échantillon les autos garées au parking Mésirard. Et entreprit un comptage minutieux. Sur 268 véhicules relevés, seulement 8 étaient des 4X4. Soit 3,10 %. Voilà qui rassurait Marcel, tout heureux de constater que ses frères drouais cédaient modérement à la tentation du char d'assaut qui pue. "Et puis ça fera toujours moins de pneus à dégonfler".
09:15 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dreux, 4X4, automobile, statitique
24.01.2007
Eoliennes contre vents et marées
Oublions Dreux et visitons un instant dans le charmant village de Germainville, calme en temps ordinaire, fortement agité depuis quelques jours. Au coeur du tumulte, un maire qui concède trop facilement un terrain pour l'implantation d'éoliennes et une association de riverains farouchement opposée au projet.
A l'énoncé de son nom, on croirait l'ACEDUP (Association contre l'établissement d'usines polluantes) plutôt favorable aux énergies vertes. Impression renforcée après son militantisme actif en 2001 contre l'installation d'une compostière. Mais voilà, l'argument écologique a ses limites quand le respect de l'environnement est jeté en pâture. Alors quand Monsieur le Maire accorde un visa à la société Gamesa pour la construction de douze éoliennes, ça coince aux entournures."Cette initiative posent de multiples problèmes, notamment de santé publique à cause des infrasons émis et de sécurité car trop près des habitations et des routes. Et ne parlons pas de la dépréciation des biens immobiliers, évaluée à 30% " lache un porte parole.
Les énergies renouvelables ont pourtant meilleure presse que l'industrie nucléaire mais sur le terrain, les réticences s'affirment. On évoque les nuisances sonores, la pollution visuelle, des fondations gourmandes en béton armé. On se demande même si le rendement en électricité produit par les éoliennes justifie un tel investissement. Pour l'ACEDUP, le combat risque toutefois d'être vain puisque la mairie vient de délivrer un permis de construire à Gamesa. Mais l'association tient à se battre, même contre des moulins à vent.
10:05 Publié dans Querelles de clocher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Germainville, éolienne, énergie, ACEDUP, association, environnement, polemique
23.01.2007
Ilôt Violette : la genèse d'une résidence
Depuis quelques temps, le badaud drouais observe d'un oeil goguenard le ballet des grues et des pelleteuses en lieu et place de l'ancien lycée Maurice Violette, juste à côté du marché couvert. Il faut dire qu'entre les travaux de démolition, les fouilles et les divers atermoiements administratifs, la résidence haut standing (2700 euros le m2) se fait toujours désirer. Il semble toutefois que les opérations aient pris une tournure plus concrète avec le coulage des fondations et la pose des premiers parpaings. En attendant l'inauguration prévue début juin, suivons ensemble l'évolution du chantier.
20:15 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dreux, ilot violette, diaporama, construction, résidence
22.01.2007
Un jardin sur un mur (qui picore que du dur...)
Il y a encore quelques jours le printemps s'était invité en hiver. Cette intrusion avait fortement contrarié Marcel Taupin qui nourrissait de fortes craintes pour le bon équilibre de l'environnement naturel. En son for intérieur, il fulminait, accusant ces américains qui ne voulaient pas ratifier le protocole de Kyoto, tempêtant contre ces navires indélicats qui dégazaient en pleine mer au premier coup de blizzard. Et puis avec ces températures clémentes, il ne pouvait toujours pas revêtir ce joli chandail que lui avait tricoté sa soeur et qui représentait une vue du Kilimandjaro avec ses cimes encore enneigées.
Sur son chemin, il partagea la misère de ces crocus et perce-neiges sur le point d'éclore et menacés par le tranchant d'une lame de froid. "Tout va de travers quand les fleurs se développent à l'envers". Il eut un vivifiant dementi place Mésirard, en tombant sur un panneau vertical où poussait un florifère de plantes. Marcel, qui n'aime pas voir ses questions sans réponses, s'informa rapidement sur cette étrange culture.
Il apprit ainsi que le concept du jardin vertical - ou écosystème sans terre - est l'oeuvre du botaniste Patrick blanc qui a su mettre en place un système aussi écolo qu'atypique. L'ouvrage est réalisé en acier galvanisé, matière légère et solide sur laquelle on applique un tissu épais composé de matériaux synthétiques (fibres imputrescibles et films plastiques micropercés). Sur la partie supérieure de la structure court un réseau de gouttes à gouttes, alimenté grâce à un circuit d'arrosage partant de la base du panneau où un rail récupère les eaux de ruissellement. Les différentes vivaces disposées - fougères, hostas, hébés, menthes, thyms, sédums, cytises, parmi les plus fréquentes - ne nécessitent dès lors qu'un entretien sommaire.
Ebloui par cette découverte, Marcel proposa rapidement que l'on installe ces jardins sur les bâtiments aux façades lépreuses ou défraîchies. On lui répondit que son idée était louable mais coûteuse. A près de 500 euros le mètre carré, la culture verticale des plantes se réalise avec parcimonie. Et "la Taupe" de rétorquer "C'est qui parcimonie?".
16:20 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dreux, jardin vertical, plante, décoration, mur
21.01.2007
Maisons et Jardins
Ce qui fut un modeste bras de Blaise et qui n'est pour l'instant que dalle de ciment deviendra dans quelques mois le joyau de la flânerie romantique. Dreux se métamorphose comme en témoignent les vastes chantiers entrepris en centre ville. Il y a les logements de l'ilôt Violette, ceux de l'isle aux Poètes, de l'hôtel Montulé et ce jardin bucolique qui prendra dans quelques mois des allures de guinguette entre les rues Merigot et des Teinturiers. Jugez-en vous même, il est prévu d'y aménager :
- Une pergola
- Un sol en bois exotique
- des jets jaillissant de dalles en granit percé
- Une grande fontaine circulaire positionnée à chaque extrémité du jardin
- Une terrasse en bois aménagée devant le Market-Pub
- des bordures en granit de Lanhélin
- des arbres et des fleurs (Magnolias, buis, pivoines, glycines)
- Des bancs
Les rares pêcheurs qui tentaient d'apercevoir les gardons devront désormais se rendre en amont du coté de l'ilôt Violette où un bras de Blaise sera cette fois découvert sur 60 mètres de long. Une redisposition du cours d'eau qui coûte la bagatelle de 2 millions d'euros. Versailles peut trembler : Dreux fait désormais dans le haut de gamme.
20:20 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dreux, jardin, construction
18.01.2007
A qui profite le tri sélectif?
Dans le bras de fer qui oppose la CAdD à certains commerçants du centre-ville au sujet du ramassage des déchets ménagers, le président, Gérard Hamel, est venu apaiser les esprits en jouant les pompiers de service. Rassurant et ouvert, il déclare qu' "on ne peut pas revoir ce qui est fait pour le tri sélectif. Mais il ne faut pas négliger les cas particuliers. L'enlèvement des déchets des commerçants est considéré globalement aussi bien au niveau de la taxe que du service. Je crois que le système de conventions signé entre la collectivité et le commerçant serait plus pertinent. Avec certains commerçants comme les bouchers et les fleuristes, on est très loin des besoins des particuliers".
Loin des turpitudes drouaises, Benoît Duteurtre, dans Chemins de fer, pose un regard vitriolé sur la gestion du recyclage des déchets par les pouvoirs publics. D'après lui, le discours écologique masque un plan d'économie auquel nous participons activement pour le "respect de l'environnement". On peut justifier la mise en place d'une politique de tri sélectif à condition que les collectivités assument pleinement leur mission de service public. Extraits :
" Les containers de tri sélectif contribuent à faire le bien. Ici, le Nouveau Monde impose ses usages en rassemblant les ordures sous le nom de "propreté", en utilisant la population comme un personnel corvéable à merci, en contraignant chaque citoyen à accomplir lui-même le travail d'éboueur, et en présentant cette contrainte comme un progrès. Dans un monde où le sacrifice de chacun doit contribuer au bien de l'économie, l'Espace propreté se désigne à la fois comme un instrument en faveur de l'environnement, un mode de financement de la recherche médicale, un moyen pour l'administration municipale de réduire ses charges. [...]
En quoi ce genre d'installations améliore-t-elle l'existence des citoyens? [...] Désormais, chacun doit procéder à ce tri lui-même. Pour justifier cet effort individuel, on agite l'argument du "bien public". En vertu d'une sorte de boy-scoutisme, la charge de travail supplémentaire consacrée par chaque citoyen à son temps-ordure est entièrement bénévole - en phase avec une société dans laquelle il faut travailler davantage et gagner moins... Tout cela pour le seul bénéfice de l'Entreprise de ramassage d'ordures dont le camion passe une fois par mois vider les containers. Sous prétexte d'alléger les charges municipales, ladite entreprise fonctionne avec un minimum de personnel, à partir du travail effectué gratuitement par les citoyens. Quant au gain pour l'environnement, il ne tient compte ni de la dégradation du paysage, ni des émanations de pourriture qui s'exhalent.[...]
Une bonne partie des ordures récupérées dans les containers sélectifs est fréquemment remélangée après récupération. Beaucoup d'entreprises n'ont pas l'organisation nécessaire pour assurer le recyclage, et les déchets sont finalement détruits. Dans ces conditions, l'effort des citoyens qui trient leurs ordures ne constitue qu'une opération d'asservissement, un geste factice recouvrant une brutale réalité économique : la réduction du personnel de l'entrepris de ramassage, la réduction du personnel municipal, l'abandon par les communes des services réellement utiles, au profit de quantité d'investissements pompeux : aménagements de parkings, élargissement et bitumage des chemins, installations de réverbères et d'autres espaces de propreté. Ainsi vont la modernisation et le progrès social au secours d'un système économique dont la santé - toujours près de rechuter - exige de chacun une contribution accrue, un travail plus intense, une solitude plus résignée dans l'accomplissement des mille et une tâches quotidiennes qui justifiaient autrefois l'existence de mille et un métiers".
20:55 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dreux, tri selectif, ordures ménagères, déchets ménagers, polemique, CAdD, commerçant
17.01.2007
Un parking sans cyclos
Les lecteurs de la médiathèque ont pu observer à travers les grandes baies vitrées donnant sur la rue Ernest Renan l'étrange vacuité qui règne sur une place bornée de U renversés et de potelets censés accueillir les deux roues. Le panneau l'indique formellement : cet espace est un parking strictement réservé aux cyclos. Merci de le préciser car de cyclos, on en voit point. Alors pourquoi cette déshérence?
Pascal Boursier, fin limier de l'Echo Républicain a mené l'enquête avec ce flair qu'on lui connait tant. Interrogeant plusieurs activistes de la mob, le téméraire journaliste nous apprend que l'endroit n'est pas suffisamment sûr pour laisser tout engin à roues, même une poussette, en stationnement. Un secteur pas assez sécurisé aux yeux de certains, trop isolé pour d'autres.
Pendant qu'André Garillet, président de l'association de sauvegarde du patrimoine drouais, crie au gaspillage de l'argent public, Jean Bruck use d'abord son flegme légendaire. "On a peut être fait une erreur. A croire qu'il n'y a pas de cyclistes et de cyclomotoristes à Dreux et que tous les jeunes sont suffisamment riches pour s'offrir une voiture". Puis de son autorité. "Ce parking restera car les cyclos n'ont pas le droit d'entrer dans le parking souterrain". Avant de conclure avec une logique implacable qu'"il serait ridicule de reconvertir cet espace en parking pour les voitures. On gagnerait trois places alors qu'à quelques mètres de là, il y en a plus de 500 dans le parking souterrain".
Et si on convertissait ce parking en aire de croquet? En grand défenseur de la cause sportive, Jean Bruck apprécierait.
09:40 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : dreux, stationnement, parking, deux roues, cyclomoteurs, sécurité



