12.05.2008
Mai 68 à Dreux (2)
Lundi 13 mai 1968. A la demande des organisations syndicales, une grève paralyse le secteur industriel drouais. Solidaires des mouvements parisiens, près d'un millier de manifestants descendent dans la rue réclamant le plein-emploi pour les jeunes et une réforme de l'université. Maurice Ravanne, représentant la FEN, prononce un discours en Grande rue, au pied du beffroi devant un parterre de manifestants. Extraits :
"Il nous faut saluer la fermeté, la magnifique résolution de tous les étudiants et de leurs professeurs, l'unanimité des travailleurs tous groupés, dont l'indignation, dont la colère ont fait reculer un pouvoir qui n'aime point cependant la marche arrière lorsqu'il s'agit de brimer le peuple au mépris des droits élémentaires. Oui les étudiants de France se sont fâchés et ils ont eu raison de le faire. C'est une vague de fond qui déferle depuis Varsovie, depuis Rome, depuis Madrid et Berlin. Ils se sont fâchés parce qu'ils sont les premiers à sentir que, si l'on n'y prend garde notre société court à l'abîme et nous sommes tous concernés par leur colère. Et devant cette colère, le pouvoir, qui prétend à toute occasion cependant sacrifier le présent à l'avenir, ce pouvoir qui nous prmet au nom des sacrifices qu'il exige de nous, un avenir jonché de pétales de roses, ce pouvoir (...) n'a pas trouvé d'autre arme que la violence.
(...) Les étudiants n'entendent pas être coupés du reste de la cité. Ils veulent vivre au rythme de ce monde qui sera le leur demain, de sentir les problèmes, en vivre les angoisses. Ils voient les technocrates s'emparer des commandes. Ils sentent que la technocratie ne peut offrir le bonheur à la jeunese et nous les approuvons. Ils voient notre société tomber dans le piège capitaliste de la consommation. ils proclament bien haut que le bonheur ne consiste pas à consommer mais à vivre, et nous les approuvons
(...) L'avenir est bel et bien bouché pour la plupart des étudiants et des jeunes et cela résulte d'un choix politique délibéré qui met l'économie française au service d'un petit nombre de trusts, alors qu'elle devrait être au service de tous".
Pendant ce temps, les majorettes de Senonches remportent un vif succès et le bal champêtre siffle ses premières notes. La quinzaine commerciale touche à sa fin. Demain, la grogne sociale qui se généralise dans l'hexagone va se répandre sur Dreux.
(A suivre)
08:43 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, histoire, mai 1968
10.05.2008
Bal masqué (3)
09:31 Publié dans La boîte à jeux | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, jeux, personnalités, politique, 60's
07.05.2008
Les caves se rebiffent
Contrairement aux apparences, la rue des caves prend de la bouteille.
Cette veine étroite à l'asphalte écorché et aux façades lépreuses subit depuis quelques mois une cure de rajeunissement grâce aux efforts de courageux propriétaires immobiliers. Depuis, ce qui n'inspirait que désolation ou nostalgie, est devenu attractif et propre, enfin partiellement, car il reste encore quelques zones sinistrées.
Pourtant, fin 2006, la chaussée s'était effondrée à une encablure de là, rue de la Plagne. A cause des galeries souterraines, l'instabilité des lieux aurait pu rebuter les nouveaux acquéreurs. Crainte qui s'est manifestement rapidement dissipée.
Il ne manque plus qu'à la Mairie de mettre son grain de sel dans la rénovation du quartier. Il était vaguement question d'espaces verts à une époque. La municipalité dispose en outre d'un beau batiment avec les anciens ateliers techniques, déserté depuis quelques décennies et qui ne demande qu'à être réhabilité.
22:29 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, centre ville, réhabilitation, urbanisme, rue
05.05.2008
Mai 68 à Dreux (1)
On n'échappe pas comme ça à la révolution. Dans le concert des commémorations toutes convenues du 40e anniversaire de Mai 68, je me suis replongé dans les journaux de l'époque, histoire de voir comment Dreux avait réagi aux mouvements de grèves et de contestations.
En ce début Mai, il fait beau, les muguets sont en fleurs et l'on s'apprête à fêter le printemps. La quinzaine commerciale, l'un des grands rendez-vous populaire, prend ses quartiers en centre ville du 4 au 18 mai. D'agitations, on attend surtout à une ébullition festive et une fièvre contagieuse de consommation. C'est le temps de la traditionnelle foire à la voiture d'occasion, des spectacles de variétés avec cette année Lucette Raillat, Maria Candido, Patrick Raynal et Jack Gauthier. Pendant que le groupe théâtral du Cercle laïque prépare son spectacle au pied du Beffroi, les majorettes de Senonches effectuent leurs dernières répétitions.
Mais depuis 1964, l'évènement de cette quinzaine est l'élection de la reine des druides, un concours de beauté ouvert à toutes les jeunes drouaises. Le 4 mai, dans une salle des fêtes archi-comble, Evelyne Métrich est honorée d'un titre qui lui assurera une renommée locale aussi retentissante qu'éphémère.
Quelques jours avant que la foire ne batte son plein, Maurice Ravanne, alors animateur du groupe des jeunes du Cercle laïque, exprime dans les colonnes de l'Action républicaine sa vision de la jeunesse. "Parmi tous les adultes que je côtoie, et qui sont un tant soit peu conscients du monde dans lequel ils vivent, j'en connais peu qui soient satisfaits des chemins par où notre univers cherche ses solutions, et de la lenteur avec laquelle il les trouve. Il s'en trouve peu pour ne pas dénoncer l'obscurantisme ou l'égoïsme de nos concitoyens. Ce sont là des maux contre lesquels, sans totalitarisme, on ne peut rien dans l'immédiat. Mais demain? (...) Il est important de donner aux hommes et aux femmes de demain les plus grandes chances d'être meilleurs, et ces chances passent inévitablement par les mouvements de jeunes. Certes il s'agit là d'un travail de fourmi, et la face du monde ne sera pas bouleversée si vingt ou trente jeunes drouais ont appris leurs responsabilités autour d'un magnétophone ou d'un tour à poterie, mais un seul cristal de neige, s'il bouge, peut devenir avalanche, et en 1968, c'est notre terre tout entière qui bouge et qui se précipite à pas accélérés vers un meilleur ou vers un pire entre lesquels les humains de demain devront choisir".
1968, époque charnière pour la jeunesse?
Maurice Ravanne allait quant à lui, être l'un des leaders du mouvement contestataire local.
(A suivre)
15:32 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, histoire, mai 1968, retrospective, reine, élection, maurice ravanne
01.05.2008
Quand Dreux faisait du cinéma
Ce soir, si l'envie vous prend de retrouver un court instant certains aspects du centre ville des années 70, appuyez sur la touche 3 de votre télécommande. Vous verrez "la carapate", une comédie de Gérard Oury, partiellement tournée à Dreux bien que nulle mention de la ville ne figure au générique. Pour des raisons de logistique, le réalisateur de "la Grande vadrouille" était venu y filmer deux scènes. Une première à la gare ; une autre place Metezeau.
Le tournage fut un évènement sur le plan local puisqu'en plus du decorum et des vedettes présentes (Pierre Richard, Victor lanoux, Jean-Pierre Darras et Raymond Bussières), près de 120 drouais avaient été recrutés par l'ANPE pour y faire de la figuration. Certains s'en souviennent encore. Les autres prendront des vessies pour des lanternes puisque pour les besoins du scénario, l'action se déroule à Auxerre. Les bourguignons auront toutefois quelques difficultés à reconnaître leur ville, chose à laquelle les vieux drouais ne failliront pas.
07:52 Publié dans Histoires naturelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dreux, film, tournage, la carapate, comédie, cinema








